‹ La Nouvelle Individualiste En AllemagneChapitre 68 sur 110 · Frankl. op. cit., p · texte numérisé non relu

Frankl. op. cit., p

336 CHAPITRE Vil

jour où Stifter rencontra les enfants, il s’était promené dans les montagnes avec Simony. Au milieu de l’air vivifiant, les deux amis conversèrent des métamorphoses que la succession des saisons amène dans les pays montagneux... Ce jour-là, le poète avait pris, sans le savoir, un stimulant pour le lendemain ;le sentiment indécis, général, cherchait

l'objet précis où il s’exprimerait.

A propos de la Wovelle, Gœthe avouait à Eckermann son regret d’en avoir confié autrefois le sujet à des tiers. Il s’étonnait, lui qui déconseilla à Schiller de faire de Wallenstein un drame, que des étrangers n’en sentissent point la beauté. C'est que la vision du poète est en soi nouvellistique, comme la conception d’une tragédie, dramatique, et l’on n'en peut juger que par l'œuvre même où elle s'exprime. Dans une conversation entre amis, le nouvelliste décrira toujours plus ou moins ; dans la Nouvelle, il fait voir, parce qu'il a vu,et ce qui n'était à l’origine qu’une sensation, donne aux lecteurs l'impression d’une création.

« Le talent est forme, et le génie, matière », a dit Gutzkow. (1) Cet aphorisme se laisse assez mal appliquer à la Nouvelle, car la matière apparait au nouvelliste avec sa forme essentielle, comme un embryon. Sans doute l’on

peut entendre par matière, l'idée contenue dans l’œuvre

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