‹ La nouvelle législation de l'indexChapitre 91 sur 133 · A PAR · texte numérisé non relu

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absil error opinantium se scire quod nesciunt. Qui veritatis studium et purioris doctrinæ zelum, quo suarum seriptionum mordacitatem excusent, obtendere solent, ii primum intelligant, non minorem habendam veritatis, quam evangelicæ mansuetudinis et christianæ charitatis rationem. Charitas autem &e corde puro, patiens est, benigna est, non irrilatur, non æmulatur, non agit perperam (utque addit idem Augustinus lib. contra litteras Petihani, cap. 29, n. 31): sine superbia de veritale præsumit, sine sævilia pro verilale cerlal. Hæc magnus ille non veritatis minus quam charitatis doctor, et scripto et opere præmonstravit. Nam in suis adversus Mmanichæos, pelagianos, donatistas, aliosque tam sibi, quam Ecclesiæ adversantes, assiduis conflictationibus, id semper diligentissime cavil, ne quempiam eorum injuriis aut conviciis læderet atque exasperaret. Qui secus scribendo, vel disputando fecerit, is profecto nec veritatem sibi præcipue cordi

esse, nee charitatem sectari se ostendit,.

Nec cuiquam liceal suas opiniones veluli Ecclesiæ dogmala vendilare, alienas errores insimulare.

S 23. Ii quoque non satis idoneam justamque excusationem

Que ceux qui allèguent leur amour de la vérité et leur zèle de la saine doctrine pour excuser l’acrimonie de leurs écrits, commencent par bien comprendre qu'il ne faut pas moins respecter la vérité que la mansuétude évangélique et la charité chrétienne. Or, la charité part d’un cœur pur, elle est patiente, bienveillante, sans irritation ni jalousie, elle n’agit pas inconsidérément, et, comme l’ajoute saint Augustin (livre contre les lettres de Pétilien, xxix, 31), elle s'appuie sur la vérité sans orqueil et combat pour la vérité sans violence. Ce grand docteur de la vérité autant que de la charité a donné l'exemple de ces vertus dans ses écrits el sa conduite. Car dans ses polémiques incessantes contre les manichéens, les pélagiens, donatistes et autres, qui étaient autant ses adversaires personnels que les ennemis de l'Église, il a toujours évité très attentivement

. de blesser ou d’exaspérer qui que ce fût par des injures ou des invectives.

Quiconque agit autrement dans ses écrits ou dans les discussions montre clairement que sa première préoccupation n'est pas l'amour de la vérité

ni la pratique de la charité.

Que personne ne présente ses propres opinions conne dogine de l'Eglise et n’'accuse d'erreur les opinions des autres.

$ 23. Et ceux qui se croient permis ce genre décrits n'ont pas une

afferre videntur, qui ob singulare, quod profitentur, erga vete res doctores studium, eam sibi scribendi rationem licere arbitrantur ; nam si carpere novos audeant, forte ab Hedendis vete=

ribus sibi minime temperassent, si in eorum tempora incidissent ; quod præclare animadversum est ab auctore Operis

imperfecti in Matthæum, hom. 42. Cum audieris, inquit, ali=" : quem bealificantem anliquos doclores, proba, qualis sit circa É à suos doctores. Si enim illos, cum quibus vivit, sustlinet el honorat, à sine dubio illos, si cum illis vixisset, honorassetl: si aulem suos : conlemnil, si cum illis vicissel, et illos contempsisset. Quamob- & rem firmum ratumque sit omnibus, qui adversus aliorum È sententias scribunt ac disputant, id quod graviter ac sapienter ÿ a ven. servo Dei prædecessore Nostro Innocentio Papa XI præ- 4 scriptum est in decreto edito die secunda martii anni millesimi L.

k, sexcentesimi septuagesimi noni. — Tandem, inquit, ut ab inju= riosis conlenlionibus doctores, seu scholaslici, aul alii quicumque in posterum abstlineant, ul paci el charilali consulatur, idem Sanclissimus in virlule sanclæ obedientiæ eis præcipit, ut Lam in libris imprimendis ac manuscriplis, quam in thesibus ac prædicalionibus, caveant ab omni censura el nola, necnon 4

excuse suffisante ni légitime, en alléguant le culte spécial qu'ils profes- É sent pour les anciens auteurs, car, s'ils ne craignent pas d’offenser les $ auteurs modernes, il est probable qu’ils n'auraient pas épargné ces injures aux anciens s'ils avaient véeu à leur époque. C’est ce qu’observe judicieu= sement l’auteur de l'ouvrage incomplet sur saint Matthieu (hom. #42) : Si, | dit-il, {uw entends quelqu'un combler d’éloges les anciens auteurs, const- | dère quelle est sa conduite à l'égard de ceux de son temps. S'il Sup= porte et honore ses contemporains, il aurait sans doute honoré les. 4 anciens S'il atait vécu à leur époque ; mais s’il méprise ses contempo- | rains, il aurait également méprisé les anciens s'il avait vécu avec EUX: Que Lous ceux donc qui écrivent et discutent sur les opinions des autres tiennent et observent fermement les importantes et sages prescriptions 1 du vénérable serviteur de Dieu, Innocent XI, Notre prédécesseur, dans le = décret publié le 2 mars 1679: Enfin, dit-il, pour que les docteurs, SCO= lastiques et autres, évitent à l'avenir toute discussion injurieuse, dans l'intérêt de la paix et de la charité, le Souverain Pontife, en vertu de

la sainte obéissance, ordonne que, dans les livres imprimés et les ma muscrits comme dans les thèses et les prédications, ils S’'abstiennent de |

quibuscumque conviciis contra eas proposiliones, quæ adhuc inter catholicos controvertuntur, donec a sancta Sede recognilæ sint, el super eis judicium proferaltur. — Cohibeatur itaque ea scriptorum licentia qui, ut aiebat Augustinus, lib. 12 Conf., cap. 2, num. 34, senlenliam suam amanles, non quia vera est, sed quia sua est, aliorum Opiniones non modo improbant, sed illiberaliter etiam notant atque traducunt. Non feratur omnino, privatas sententias veluli cerla ac definita -Ecclesiæ dogmata, à quopiam in libris obtrudi, opposita vero erroris insimulari, quo turbæ in Ecclesia excitantur, dissidia inter doctores aut seruntur, aut foventur, et christianæ charitatis vincula persæpe abrumpuntur.

Angelici Docloris exemplum proponilur. Edicilurque ul nimia coercealur scriptorum licentia.

S 24. Angelicus scholarum princeps Ecclesiæque doctor

NOTE e Q N 3 Tate . e .

S. Thomas Aquinas, dum tot conseripsilt nunquam satis laudata

volumina, varias necessario offendit philosophorun: theologo-

toute censure, de toute note et de tout propos injurieux sur les propost: tions encore controtersées entre catholiques, jusqu'à ce que le Saint Siège les ait reconnues etjugées. Qu'on mette done un frein à cette licence des écrivains dont saint Augustin disait (1, XIT des Conf. xxv, 3%): ts aiment leur opinion, non parce qu'elle est vraie, mais parce que c'est #{eur opinion ; ils ne se bornent pas à attaquer les opinions d'autrui, ils les travestissent et les qualifient indignement. Qu'on ne tolère pas qu'un auteur, dans ses livres, impose des opinions privées comme des doctrines certaines et définies par l’Église, et taxe d'erreurs les opinions contraires; c’est ainsi qu'on jette le trouble dans lÉglise, qu’on soulève ou qu'on aggrave des conflits entre docteurs, et que souvent on brise les liens de Ia charité chrétienne.

On allèque l’exemple du Docteur Angélique; on prescrit de réprimer

l’excessirce licence des écritains.

$ 24. L’angélique prince de l'École et docteur de Eglise, saint Thomas d'Aquin, auteur de-tant d'ouvrages au-dessus de tout éloge, a été contraint de réfuter certaines opinions philosophiques et théologiques qu'il à

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