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LA COMPOSITION DES MONADES — L'ORGANISATION

Dans rétat présent du monde, les monades supérieures sont en grande partie subordonnées à leurs organismes. L'intelligence, l'esprit, ces fonctions des consciences les plus capables d'activité propre, les plus développées en connaissance et en action externe, sont conditionnés par des organes, auxcpiels d'autres organes sont encore subordonnés, qui sont tous eux-mêmes formés de substances composées, et en dernier lieu par des groupes de monades unies que régissent des lois de composition inorganique. Ces organismes si complexes sont au total des fonctions du genre évolutif, ayant un commencement, un progrès, et une décadence qui se termine par la dissolution.

Les monades supérieures, selon leurs degrés d'élévation, agissent, par l'entremise de leurs organes, sur un monde extérieur de plus en plus étendu, dont ces organes sont déjà des parties mais plus maniables, en sorte qu'on peut dire, quand on considère un organisme oi^i les fonctions sont fortement centralisées pour une fin commune, que les organes y sont au service des monades élevées, plus que ces monades ne sont dans la dépendance de ces organes, encore bien que le développement de leurs fonctions et de leurs relations

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se trouve, en vertu de riiarmouie préélaJilie, inatéri(;lle-

inent subordonné à tout cet ordre composé de monades

inférieures.

T^a plus lil)re des monades, en tant cfu'elle est le sujet ou le siège de modifications d'une provenance étrangère à ses actes internes, volontaires, est un simple élément du vaste composé qu'enveloppe riiarmonie préétablie, mais, d'une autre part, h ce point de vue où l'on peut l'appeler centrale, elle commande en partie à ses organes et gouverne son corps. Ses déterminations propres sont suivies de ceux des changements externes qui peuvent en être des dépendances suivant des lois de la nature (art. xxiv). ^Nlais elle ne peut ni éviter l'application de ces lois générales, ni les suppléer, ni se soustraire pour ses propres opérations, même intérieures, aux conditions que lui constituent ses organes.

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La i^ie est l'état des monades pour le service et pour le développement desquelles sont organisés des groupes d'autres monades, dont chacun peut de même avoir son fonctionnement particulier constitué pour une vie spéciale, c'est-à-dire contenir des monades disposées pour le service de quelques-unes d'entre elles, qui, réciproquement, conditionnent leurs propriétés et leurs fonctions. C'est ainsi c[ue les organes divers d'un organisme donné peuvent être dits vipants^ comme cet organisme lui-même, et comme est vwante au degré le plus éniment la monade qualifiée de centrale et de rectrice pour un petit monde dont l'harmonie préétablie renferme toutes les relations de cause à effet, en tant que prédéterminées.

En plus stricte définition, la vie est, pouj- une monade donnée^ la suite et l'ensemble des actions et des réactions qu'elle exerce ou qu'elle subit dans un organisme

dont elle fait partie conformément aux lois de l'harmonie préétablie ;

Et la vie, relatiçement à un organisme^ est révolution des organes liés, la suite et Fensemble des fonctions qu'ils remplissent conformément à la loi constitutive de cet organisme depuis sa formation embryonnaire jusqu'à sa dissolution qu'on appelle la mort.

Quand une monade qui est luie personne^ c'est-à-dire daîis Tétat de liberté de la çolontê (art. lxh et suiv.), introduit par sa volonté, dans son organisme, des modifications dont la cause n'est pas entièrement déterminée par des antécédents d'harmonie préétablie, ces modifications, qui sont de l'ordre vital par leur nature, ne dépendent pourtant pas de cet ordre pour leur origine. Elles ne sont pas des produits de la vie.

Les mouvements ainsi introduits dans un organisme et, par suite, dans l'ordre mécanique oii il a ses actions et ses réactions, sont comme des forces venues du dehors pour entrer dans un système de forces donné qui peut être soumis par ailleurs au principe de la conservation de l'énergie (art. xxviii).

L'échelonnement des monades et de leurs groupes, dans l'ordre présent de la création, se termine en haut par les monades les moins asservies aux fonctions inférieures ou auxiliaires, en bas par des groupes qui cessent d'être organisés, qui ne sont plus que des composés, et qu'on nomme des corps bruis, admirables dans leurs espèces et dans la variété de leurs qualités spécifiques, — dans leurs états de solidité ou de fiuidité,

— dans les lois de leur cristallisation, — dans les phénomènes lumineux, calorifiques, électriques, avec lesquels sont coordonnés leurs mouvements moléculaires,

— dans les rapports mathématiques observés par les actes de composition et de décomposition de leurs différentes espèces, — enfin par leurs propriétés organoleptiques et par les actions d'un ordre plus enveloppé, plus mystérieux de vie et de mort, que certains de leurs

composes exercent dans les parties profondes des organismes et par là sur les fonctions supérieures.

Ces sul)stances inorganisées, mais nécessaires à la vie, matériaux indispensables des organes, sont le fondement et en quelque sorte le piédestal de la nature considérée dans sa matière, mais elles sont beaucoup plus, elles sont le fonds d'alimentation des espèces vivantes et des individus qui se succèdent dans ces espèces. On donne indistinctement le nom de matière à la masse immense, complexe et prodigieusement variée dans ses formes et modifications, des corps dont la physique et la chimie poursuivent infatigablement l'étude. Cette matière a ses éléments et leurs principaux composés naturels ordonnés en leurs propriétés pour les fins les plus diverses de la vie. Les fonctions vitales semblent contrarier le jeu spontané de ces propriétés; elles le modifient seulement, elles remploient à l'œuvre de la finalité organique, de manière à ce que la circulation de la matière et les sélections opérées sur ses particules aient pour résultat la transmission et le développement des formes et caractères physiques spécifiques des individus enchaînés par la génération; tandis que ces individus eux-mêmes ont leurs germes et leur principe de pérennité enveloppés dans l'obscurité des origines et des fins apercevables à un esprit borné. Nous les connaissons liés à leurs espèces, et dans les moments où ils apparaissent pour accomplir des évolutions vitales limitées par la naissance et par la mort.

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Les monades les plus élémentaires qui forment par leurs groupements les molécules des corps inorganiques simples, et ces molécules elles-mêmes ou ces atomes, de quelque façon qu'ils soient définis pour la

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chimie, représentent des propriétés invariables et peuvent être appelés les premiers servants de la vie. Quelle que soit la variété des qualités et des appétitions que font supposer la spécificité des éléments à nous connus, et la multiplicité de leurs combinaisons à propriétés si variables, ce sont bien toujours des monades servantes^ dans Tordre de la nature, celles qui remplissent des fonctions fixes, les mêmes dans les mêmes rencontres, sans arrêt ni lassitude possible, et sans perturbations, parce que la dérogation à une loi n'est jamais qu'apparente, et Teftet de son application concurremment avec l'application d'autres lois. C'est ainsi que des lois telles que la pesanteur et la chaleur modifient incessamment l'état et les mouvements des molécules de tous les corps, et, par suite, leurs actions, tant intérieures que communiquées, et ne demandent cependant rien à ces molécules qui ne soit prédéterminé par leur nature en vue de toutes les circonstances oii elles peuvent être placées.

Cet ordre inférieur de la nature est l'ordre mécanique. Etudié en ses relations abstraites, ou comme théorie des forces en tant que fonctions du mouvement, — c'est le point de vue scientifique des forces naturelles, — la mathématique est arrivée par des corrections progressives des formules de Descartes et de Leil)niz touchant la constance quantitative de cet ordre, à reconnaître pour sa loi générale la conservation de V énergie. Cette énergie constante doit être envisagée pour cela dans la somme intégrale de trois modes d'exister de la fonction jnotrice : i° dans les mouvements actuels de masses; 'i" dans les mouvements potentiels définis par des lois, et calculables; 3° dans les mouvements moléculaires, insensibles pour nous sous leur forme mécanique, sensibles seulement en nos sensations spéciales telles que la lumière ou la chaleur.

Telle est la somme malliématique à laquelle le principe de l'invariabilité quantitative de l'énergie est appli-

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cable. Mais la déinonstration donnée de ce principe en mécanique rationncdle, ou a])Straite, part e^cpressément de ce postulat : que nulle force n'i n lervient du dehors dans le système de forces donné que jégit cette loi. Cette loi n'exclut donc pas la possibilité de l'introduction des forces venues du dehom du système^ qui auraient, par exemple, leur origine dans la volonté des agents libres. Elle ne l'exclut pas puisqu'elle la réserve.

Une autre réserve encore doit être faite pour passer de l'abstrait au concret dans la considération des forces de la nature, car la dérogation à leur déterminisme, exigée par l'introduction des effets matériels du liljre arbitre, n'est pas la seule dont il y ait à tenir compte ^ En effet, quoiqu'il ne puisse y avoir de perturbations d'une certaine amplitude, ou dans les effets généraux des causes mises en œuvre par des monades servantes, comme ces monades ne sont pas les forces brutes, ou les idées abstraites (termes équivalents dans ce cas) dont la définition met la mécanique rationnelle à même de construire ses théories ; comme elles sont des consciences élémentaires dont la spontanéité pure est l'essentielle propriété, les lois les plus universelles de l'ordre physique doivent résulter des limites naturelles de leurs actions, non d'une nécessité externe, qui serait la négation du premier des caractères de la substance simple, et du principe même de son existence, tel que nous l'avons posé (art. vin).

Les monades sont donc, entre d'étroites limites, des forces productrices de purs accidents. Les lois sont, dans l'ordre concret, les résultantes des rapports généraux de causalité établis entre les phénomènes dont les monades sont les sièges. Il n'y a rien qui contraigne ces rapports à l'observation de la rigoureuse exactitude mathématique commandée par l'abstraction mère des sciences (35).

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Le premier caractère de la vie ne peut être que celui par lequel ses phénomènes propres se détachent des phénomènes des corps inorganisés dont Fexistence leur est cependant indispensable. L'opposition est ici un fait non moins essentiel que la corrélation, et doit faire rejeter comme une fiction transformiste l'opinion d'après laquelle les propriétés de la matière deviendraient, dans un sujet donné, celles de la vie. En effet, le sujet est un être évolutif, tandis que la matière dont il s'alimente est un composé de substances élémentaires, fixes en elles-mêmes, où il prend et laisse selon ses besoins. Le plus humble des végétaux remplit cette fonction comme le plus élevé des animaux ; il se fait une appropriation et une circulation d'éléments pour l'œuvre d'évolution de la fonction vitale, œuvre entièrement distincte d'une composition chimique dont l'idée, — quelque instable que la synthèse formée puisse être, — est toujours celle d'une substance dont les éléments sont invariables et observent un ordre et des rapports fixes, sans acquisition ni perte tant qu'elle dure. Et cette durée sans changement peut s'imaginer indéfinie.

Quand on voit la nature ainsi divisée entre une multitude d'êtres a ivants de toutes les espèces et une masse de matériaux disponibles pour leur composition évolutive et pour leur entretien temporaire à l'aide d'une sélection d'éléments adaptés à leurs fins ; et quand on réfléchit à la circidation de matière qui établit une relation d'ordre finaliste entre les phénomènes d'appropriation et de désappropriation des éléments aux êtres, entre le végétal et l'animal, entre le minéral et les deux autres, d'où une solidarité par destination, et des rapports de quantités respectives, qui seraient à supposer, on n'aperçoit point l'utilité de cette matière à l'état de

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résidu brut, en très grandes partie hors du pouvoir des plus élevés de ces êtres et disposée ou mue contrairement à leurs fins. En présence d'une harmonie donnée, si merveilleuse, mais si imparfaite, on pense à la possibilité d'une harmonie entière et d'un ordre de choses où la circulation des matériaux de la vie serait réglée dans toutes ses appartenances, la balance élal)lie j)artout entre l'assimilation chez les uns, sans intervalle, et la désassiniilation chez les autres, exception faile seulement en faveur de la constitution de certains milieux stables d'usage commun pour les êtres et pour leurs communications. En dehors de ceci, la nécessité de la matière morte n'apparaît nullement (art. cvii). Cette qualification usuelle : inorle^ qui introduit dans Tidée de V inorganique une idée différente de celle du manque d'organisation, est justifiée par l'existence des terrains considérables formés des dépouilles d'êtres organisés.

La condition de la vie qui consiste dans l'institution des nombreux composés de monades servantes ^ et de composés de ces composés, molécules des corps sensibles, pour le service des vivants, la formation de leurs organes, l'accomplissement de leurs évolutions tant individuelles que spécifiques ; cette condition est commune aux végétaux et aux animaux. Une seconde propriété, liée à celle que les êtres vivants déploient dans leur milieu pour user au profit de leur développement des matériaux ainsi mis à leur disposition, appartient également aux deux règnes de la vie : nous la nommerons la scminalité^ et nous appliquerons à la première le nom de gcnialilê (d'après l'étymologie latine de i^eniiis, genialis, désignant la puissance génératrice), pour rendre Tidée de l'établissement de certaines monades centrales, oroanisatrices, directrices, génératrices, dans la corrélation

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de leurs fonctions, les fonctions vitales, avec celles des monades servantes. Cette corrélation doit s'entendre dans un sens d'harmonie préétablie et non point dans l'acception usuelle, qui ne doit garder qu'une valeur de symbole, en tant que vertu plastique ou force centrale d'une monade dominante (36).

Le plus bas ordre de ces êtres vivants et génies producteurs de la vie constitue à la fois les organismes les plus élémentaires et les éléments des organes dans les organismes composés. Ce sont les cellules. Toute partie vivante d'un corps est un composé de cellules vIa antes qui possèdent déjà des vies distinctes et la propriété de sélection sur les monades servantes. Le protoplasma ^ cette donnée partout corrélative de celle du noyau ^ est en chacune d'elles une matière immédiate sur laquelle cette première action s'exerce. L'union et la séparation des cellules est, à partir de là, le procédé de l'organisation : les cellules ont, au sein d'un organisme, des fonctions diverses qui leur sont départies pour sa constitution synthétique. On peut dire, en conséquence, que l'individuation a sa donnée de fondement dans la cellule, par opposition à la simple existence moléculaire qui est soumise à la loi du mécanisme, à la division prolongée, correspondante à celle de l'étendue abstraite, et ne renferme point d'unités réelles avant qu'on soit parvenu à la monade.

A l'individualité de l'être s'ajoute l'individualité de la fonction pour une comnuine œuvre spécifique. Les cellules d'un organisme se divisent en espèces pour la composition des divers tissus, végétaux ou animaux. Liées entre elles, et à la fois séparées par une circulation de matière dans leurs interstices, elles prennent ou refusent les matériaux offerts, selon qu'ils conviennent aux organes au service desquels elles sont affectées, ou qu'ils ne leur sont d'aucun emploi.

Une cellule porte la semence des cellules semblables, dont elle a les germes en elle. Elle peut porter

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la semence crun autre être plus complexe, quelle (pTen soit la complexité, dont Texpérience montre le déveloj)pement et dont on cherche l'origine. En effet la production d'un organisme nouveau, en quelques conditions qu'elle ait lieu, a son point de départ dans une (( cellule germinativ e » (37). Les questions relatives à la division des sexes, à leurs formes ou fonctions respectives dans la fécondation, au rôle des spermatozoaires chez les animaux d'ordre élevé, sont toutes postérieures à cette première vérité physiologique. 11 faut que le germe de l'être final, le germe en l'acception la plus ultime du mot, soit là où est le commencement de la vie sensible. C'est donc là aussi qu'il faut envisager le principe de ce qui a été diversement désigné sous les noms d'âme ou de force plastique.

Quel que soit le symbole, on doit sous les phénomènes sensibles relatifs à la génération d'un individu par semence supposer une puissance. La puissance a ici ce caractère frappant : les antécédents physiques n'expliquent pas les conséquents par les lois de l'ordre mécanique; on a à les interpréter par la connaissance acquise de la fin oii ils tendent. L'œuvre de finalité s'accomplit cependant par l'entremise d'un autre individu vivant qui, selon l'expérience, est le siège de la préparation à la vie développée d'autres semences développables. La semence et le parent forment une série qui, se continuant, est une espèce vivante. ^lais l'individu appartient au domaine commun de l'observation, tout autant (pie les phénomènes se présentent sur une échelle de grandeur sensible, tandis que la semence idtime, qui est à chercher sous une suite d'enveloppes, est définitivement insensible sous son revêtement. La difficulté est compliquée par le fait de la multitude des semences

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avortées et par les lois de la sexualité et de la fécondation, dans les modes divers où elles apparaissent. On se trouve néanmoins porté par induction à penser que la liaison du germe à des êtres sensiljles, au fondement d'une génération empirique, le rendrait luimême accessible à Tintuition sous quelque forme, en d'autres conditions de nos sens.

Quoi qu'il en soit de cette dernière question, le concept essentiel auquel il faut se tenir dépend de la doctrine des monades et de l'harmonie préétablie, et consiste en la préordination de chaque espèce terrestre considérée dans la suite et l'ensemble des puissances individuelles qui peuvent y venir à l'acte sous certaines conditions.

La forme rudimentaire de la génération dans le règne végétal est la segmentation. Elle se prolonge dans la partie inférieure du règne animal, et dépend de ce que des parties détachées, que ce soit spontanément ou non, du corps vivant, sont aptes à former des corps semblables au corps originaire et à remplir des fonctions pareilles. Enoncé en termes de monadologie, ce fait signifie que telle partie, selon les cas, de l'individu est organisée comme une sorte de semence pour la production d'un individu semblable au premier, et que telles de ses monades constitutives se trouvent prédisposées pour remplir dans cette section, si les circonstances s'y prêtent, le même office que d'autres remplissaient pour l'ensemble premier.

La centralisation est donc faible, et Findividuation à la fois multipliable et imparfaite dans les espèces qui se prêtent à ce mode de reproduction; et toutefois, dans l'ordre végétal, où il se concilie avec la propagation par voie de semence, il est beaucoup d'espèces chez

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lesquelles les parties sont assez suljorclojinées an tout pour constituer des êtres puissants et loiigèves, remarcpiahles par la grandeur etlabeaulé des formes ; d'autres, d'une originalité, d'une variété, d'un charme inexprimaljles. La finalité s'y étend même à ce point, que des organes se transforment, dans certains cas, pour satisfaire aux l3esoins de l'enseml^le. Ivn d'autres termes, les cellules ne sont ni attachées toujours et rigoureusement à des fonctions invaria])les, ni leurs fonctions tout à fait étrangères à la vie collective.

Il ne faut i)as, portant exclu si v^ement l'attention sur les propriétés générales du règne, sur les modes de reproduction aisée qui semblent nier l'individualité par là même qu'ils la rendent si facilement et pour ainsi dire indéfiniment communical)le, oublier le fait de ces semences diverses qui contiennent, à l'égard du passé, la tradition positive, et, pour l'avenir, sous des conditions réalisables, la puissance des évolutions successives d'individus semblables entre eux, composant des espèces réelles aussi caractérisées que celles des animaux d'un rang élevé.

On reconnaît là la permanence d'un principe de l'individu d'une forme donnée, quoique renfermant en lui la puissance d'en reproduire de semblables en deux manières, la segmentation et la semence, et en des multitudes immenses. La floraison, la sexualité, monoïque ou dioïque, et la fructification achèvent, quant à l'importance vitale et aussi au mérite esthétique des" créations, de donner au règne végétal des caractères d'harmonie qu'on ne peut assez admirer. Il faut, en efïet, songer à tant et à de si particuliers rapports constitués entre la composition chimique des terrains et de l'atmosphère et celle des organes végétaux; entre les fleurs et les fruits et les sensations spécifiques des animaux; entre les substances élaborées par la végétation et les composés sous la forme desquels les éléments assimilables doivent être fournis à un organisme animal; et,

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par-dessus tout , entre les phénomènes météorologiques de la lumière, de la chaleur et de la vapeur d'eau et le développement des plantes.

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