‹ La nouvelle monadologieChapitre 102 sur 177 · LES KOUMKNES DE KANT, L'IDEALISME DE KANT S · texte numérisé non relu

LES KOUMKNES DE KANT, L'IDEALISME DE KANT S

pacc, pour rejeter avec eux hors du temps et de l'espace le fondement réol du monde phénoménal. Il échappe ainsi à la contradicfion qui résulterait de l'infinité actuelle de ce monde, en alléguant que ce monde n'est pas le monde réel, et que, du monde réel, on ne peut dire ni qu'il est fini, ni qu'il est infini. 2" Obligé de refuser toute place dans le monde phénoménal à l'action du libre arbitre, parce que le cours des phénomènes est invariable en vertu de ce m5me principe de causalité, Kant rapporte le fond réel de la liberté immaine à des noumènes. A quels nounl&nes, on ne peut savoir, puisqu'on ne peut les définir; mais comme ils sont hors du temps, il n'y a nulle difficulté à leur rapporter sans contradiction, comme libres, des actes qui, dans la chaîne du temps, sont nécessaires. Seulement, les agents dans le temps sont mis en demeure de penser que leurs actes propres n'ont pas, en la représentation qui leur en est donnée, un sujet réel sous une apparence vraie, — à moins qu'ils n'uiment mieux croire la théorie fausse que tenir le temps pour une pure imagination.

La première, en fondement, de ces abstractions pures est celle que Kant appelle l'Inconditionné, « Si, dit-il, le Conditionné est donné, avec lui est aussi donnée la série entière des conditions, et, par conséquent, l'Inconditionné lui-même H, C'est là, selon K&nl, un Juge- Tïient synthétique a priori, en sorte qu'il se croit dispensé de le démontrer. Mais il ne réfléchit pas que le Conditionné est un terme général, et que l'existence des sujets conditionnés implique, à la vérité, celle de leurs conditions, et celle des sujets où ces conditions ont leur origine, mais non point l'existence de V Inconditionné, comme de quelque chose de conçu sans conditions. L'Inconditionné est logiquement le terme corrélatif du Conditionné, mais l'un et l'autre sont des termes abstraits.

La question subsiste de savoir si la série entière des conditions est finie ou infinie, et dans quel sujet déGnissable elle obtient son unité.

Sous les noms de Relatif et d'Absolu, H. Spencer a reproduit l'argumentation fallacieuse de Kant : « Le Relatif étant le corrélatif de l'Absolu l'implique », Mais c'est précisément parce qu'il en est le corrélatif abstrait, qu'il n'énonce qu'un rapport, et ne signifie rien quant à l'existence. Il y a des choses relatives, mais le Relatif n'est qu'un terme général. Si, par ce terme, on entend la totalité des choses relatives, alors et en ce sens, il n'a point de corrélatif et n'implique pas plus l'existence de quelque chose appelée l'Absolu, que l'Être, dans le sens de l'ensemble des êtres, n'implique l'existence dû Non être.

A l'égard des noumènes comme substances, Kant exprime l'opinion que le sujet transcendantal des phénomènes externes, et le sujet transcendantal du sens interne, ne diffèrent peut-être pas entre eux par les mêmes attributs que diffèrent les uns des autres les phénomènes externes et les phénomènes internes. 11 en donne cette raison, que l'espace, dans lequel sont situés les premiers, et le temps, sous lequel tombent les seconds sont de simples formes de l'Intuition, et non des attributs de choses subsistant par soi. Rien donc n'empêche, dit-il, que l'on regarde ces sujets comme semblables entre eux. Cette conjecture ne serait pas tout à fait à rejeter, suivant laquelle cela qui nous paraît être un corps serait doué d'un sens interne, et s'apparaîtrait à lui-même comme une âme (ML d. l. R. P., 1" édition). La pensée de Kant est restée obscure, si ce n'est indéterminée, touchant l'unité ou le nombre, l'identité ou la diversité de nature des noumènes, considérés comme substrats de phénomènes. L'incertitude se comprend trop bien quand il s'agit de substances plus que

Page 1