‹ La nouvelle monadologieChapitre 123 sur 177 · APERÇU HISTORIQUE DES IDÉES DE DIEU ET DE MATIÈRE · texte numérisé non relu

APERÇU HISTORIQUE DES IDÉES DE DIEU ET DE MATIÈRE

de Descartes, lui devint infidèle en remarquant qu'on pouvait faire légitimement passer tous les modes sous ia matière, sujet unique, dès qu'on lui donne le titre de substance. A la même époque, Hobbes posait d'emblée la matière et le mouvement comme la réalité par excellence, en opposition avec les pkantasmata des sens. Les pbantasmata de ce philosophe étaient toutefois une intéressante ouverture à l'idéalisme dans la voie d'un sensationisme radical (XXX),

Le matérialisme était donc assez répandu avant que Locke présentât l'hypolbèse de la matière pensante. Après que Berkeley et Hume eurent par leurs analyses, ôté tout intérêt à cette tentative qu'on pouvait dire antiméthodique, l'idéalisme équivalant pour l'opinion commune (et dans celle de Hume lui-même) à l'aveu forcé du scepticisme, priverait les deux partis à la fois de leurs armes réputées les meilleures. Et en effet, le doute philosophique avait souvent servi, depuis le siècle de la Renaissance, à défendre les mystères inintelligibles contre les attaques de la raison, par cet habile sophisme : que nos croyances les plus naturelles se trouvent ne pas renfermer de moindres incompréhonsibilités, quand on entreprend d'en creuser le sujet profondément (XXV). Mais alors la polémique se transporta sur un teiTain positif. La considération du fait universel, la Nature, empirique, non métaphysique, dont l'existence ne se peut écarter, remplaça les notions abstraites de substance ou matérielle ou spirituelle, comme sujet direct de comparaison avec les idées de Dieu et de création. Le problème de la théodicée fut en quelque sorte transposé par Hume, et soumis à l'analyse sous la forme d'une critique de la religion naturelle.

Les observations et les raisonnements sur ce que doit être un ordre des fins se présentent au premier plan, à ce point de vue. Ce ne sérail pas une raison pour né-

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: LATllKISME

on que la métaphysique ssaîremenl à la question, bien et le mal dans le !s hypothèses sur le bien ot sur ta iin dernière où 1 les libres-penseurs du r objet piiiicipal, la lutte î qui prétend soumettre ut systématiquement les t conduits sur le terrain jconnaître la partie forte, r l'iniquité des dogmes e impose aux croyances le problème du mal, ils j^jA^euse de la théologie g de êÇ?"'' ''"^^ points de ient con\'''l'^'>l«s avec la l'àairaiblF'^'''''"*'^'^ i théistes clV*'^ 1^"" ^'^■ d» peuple,"^ '^"**'^ ^"^ le clergé, ^^^ '"^^t'la multitude îfgno»ante.

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JME, CHEZ VOLTAIRE

//e de la religion, émit' ede Dieu, en son sens exégètes de rÉcriture

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LA CRITIQUE DU TlIt^lS

ont fait valoir de noire temps, « ' portance du monothéisme dan La conception monotln'iste se vement par suite de la supré l'exclusivisme d'adoration que ment idolâtrique, aurait peu i d'anéantir, au prolît d'un ce croyance, auparavant reçue, :i ( L'explication n'atteint pas l'es essence. Le monothéisme à Vé distingué une tribu antique, < vicissitudes historiques condu adorations multiples. Lacroyai cette hypothèse, reparaître et caracti^re d'une réaction, non c gressive de l'idée unitaire ; o marche qu'a paru suivre le pri Il faut observer un autre fai présenter dans la pleine lumi l'élaboration réfléchie et rationn de l'idée théiste qui, à la fois d les docteurs juifs, postérieurs donna une force irrésistible i divine. Ce progrès de la pensée de celui qui aurait fait attrib monde à un dieu national ; car i e' est-à-dire à la confusion des naux.

Quant à la théorie générale Hume, se rapporte à l'origine envisagées dans l'idoldtric oi inductions psychologiques pei ainsi que l'histoire, mais non p excluent la possibilité d'une chez tel penseur de la haute an

m LE MATERIALISME ET L'ATHEISME

d'Abraham, rapprochée de celle de la Gtrtèse, répond d'une manière frappante à cette dernière hypothèse. La partie qui nous intéresse ici de VHistoire naturelle de la religion traite une autre question, toute philosophique : quelle interprétation l'esprit de l'homme doitil donner aux phénomènes qui, selon son expérience, laissent paraître en toutes choses des fins de la nature, et toutefois ne répondent pas à l'idée des biens qu'elles devraient comporter pour les êtres sensibles, si elles étaient dirigées intentionnellement aux fins de ces êtres. « Dans tout ce qui frappe nos yeux, nous apercevons un plan, une infention, un dessein. Dès que notre connaissance est assez agrandie pour s'élever à la pensée de l'origine de ce système visible, noits devons embrasser avec la plus foi'te conviction l'idée d'une cause ou d'un auteur intelligent. Les méthodes uniformes qui ressortent de l'entière stnicture de l'univers nous conduisent naturellement, si ce n'est nécessairement, à concevoir cette intelligence comme une et individuelle, pourvu que les préjugés nés de l'éducation ne s'opposent pas à l'acceptation d'une théorie si raisonnable. «Mais, peu après : « Les biens et les maux, remarque le philosophe, sont universellement entremêlés et confondus : bonheur et misère, sagesse et folie, vertu et \ice. Rien n'est pur et d'une seule venue. Toute chose avantageuse est accompagnée d'autres qui ne le sont pas. II ne nous est pas possible, même dans les plus chimériques de nos souhaits, de nous former l'idée d'un état ou d'une situation désirables de tous points. Plus un bien est exquis, de ceux dont quelque petit spécimen nous est accordé, plus acéré est le mal qui lui est allié : c'est une de ces lois de la nature qui ne souffrent que peu d'exceptions. L'esprit lephis pénétrant confine à la folie, les plus grands éclats de joie produisent la plus profonde mélancolie, les plaisirs les plus ravissants

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