LA CRITIQUE DU THÉISME CUI^ UUUE
ment tiré de l'impossibilité du procès à l'infini des phénomènes, pour démontrer l'existence d'une cause première, laissait subsister la possibilité d'admettre une telle cause, mais n'indiquait nullement qu'elle dût, en ce cas, s'envisager dans une volonté mue par un dessein. On ne voyait plus d'empêchement ni pour le commencement pur, ni pour la succession sans ordre des phénomènes. La connexion n'était jamais qu'un fait. Mais ce fait constaté par l'expérience prenait dans l'esprit une valeur pour le moins comparable à celle d'un principe posé dogmatiquement, dès qu'on s'attribuait le droit de l'induction fondé sur l'attente. C'était comme si on fût revenu au principe de la causalité universelle et nécessaire, établi sur un fondement pratique. Ainsi la preuve de l'existence de Dieu par les anciennes théories était infirmée, et la nécessité se transportait de la nature de Dieu à la nature des choses. S'il fallait néanmoins, ou si l'on pouvait admettre un auteur intelligent du monde, la question dépendait uniquement de la valeur des faits d'ordre, et des marques de dessein qu'on reconnaîtrait dans l'œuvre supposée, parce que ce sont de tels signes qui dénotent l'intelligence dans les œuvresd'art. Mais on n'accepterait jamais que des arguments fournis par l'expérience. Stuart Mill n'a pas pris autrement la question pour la traiter, un siècle après Hume.
Hume aperçut tout d'abord une objection à cette méthode : c'était la même à peu près que Kant allait bientôt faire valoir contre \s. preuve physico-théolor/iqtie : c'est que la disproportion est grande entre ce que l'expérience nous donne à connaître des œuvres de la nature dans lesquelles paraîtquelqucchose desemblable à l'art humain, et le système immense des mondes, la prodigieuse étendue des propriétés des corps. Kant tirait de là cette conséquence, que l'argument finaliste
Rekolviea. — Problèmes métapliï». 31
Lt: MATl^BIA^LISME ET L'A^THËIBME ie compléter par les autres arguments, s'Us labiés, qui se tirent des idées de cause prede perfection (dans les preuves cosmologique igue). Hume, lui, aurait dû se souvenir des licales, les siennes propres, qui lui défeu-
chercher, hors des données psychologiques, Eiture, un siège de réelles déterminations de non moins que de finalité, lise serait épargné i'opposer à la doctrine de la création des s matérialistes réfutées d'avance par sa cri- 1 substance.
lt de vue où il se renferme pour juger de la é de la création d'après ce que l'expérience de la satisfaction donnée aux fins (telles que omprenons) des créatures, Hume ne voit que ir comme ayant dû être la condition et la a disposition de toutes choses pour atteindre I a le droit de supposer que le Créateur n'a
le bien, parce que l'idée que nous nous forl'Étre suprême comme essentiellement bon irs sous-entendue; mais c'est au contraire, hëse qu'il fait, qu'il aurait à justifier, et dont it pas avoir conscience, quand il suppose que , créé bon, devrait être actuellement bon. )oint tenir compte de la possibilité que les itre créés aient été investis d'une puissance
que l'ordre de la création ait été institué tel, se concilier à la fin avec l'exercice quel qu'il re arbitre, don par lui-même excellent, sans
créatures n'eussent été que des machines, i laissé, dans son analyse, cette lacune éton- 'on ne saurait attribuer à l'oubli, en présence
comme celle de la chute originelle, qui tient toire des religions une si grande place, et re encore, comme celle du libre arbitre, dont
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