‹ La nouvelle monadologieChapitre 144 sur 177 · LIDEAUSME DANS L'ECOLE EMPIRISTE 37S · texte numérisé non relu

LIDEAUSME DANS L'ECOLE EMPIRISTE 37S

La méthode de cette école, devenue exclusivement analytique en psychologie, depuis Hume, n'eût p^ulètre pas été si opposée par elle-même au principe de personnalité que l'étaient des doctrines synthétiques, divergentes entre elles, mais presque toutes panthéistes, étrangement multipliées à la suite de la révolution commencée par le criticisme kantien. Mais les purs psychologues avaient, malgré leur apparence de méthode empiriste, deux préjugés qu'ils tenaient pour aussi justifiés que s'ils s'étaient cru le droit d'affirmer des vérités absolues; et ils se donnaient l'avantage de les présenter à un public dégoûté de métaphysique, comme s'ils eussent été des requisita de l'expérience.

Le premier de ces préjugés est la conviction déterministe. L'accord existe sur ce point entre le pur empirisme et l'absolutisme synthétique. Hume n'a pas plus douté de la ségtitmce invariable, que n'avait fait Hobbes, ni Stuart Miil plus que Kant, Hegel ou Schopenhauer. C'est cependant un grand et impardonnable abus, devant: la logique, de regarder comme expérimentalement démontrée la nécessité de chaque liaison de phénomènes qui se montrent liés en leur succession ; car la succession seule est donnée à l'expérience, non la liaison, sous le rapport de la prédéterniination des conséquents dans l'ordre du temps. La constance des liaisons, en quelque nombre de cas qu'elle se vérifie, n'est pas un argument légitime, au point de vue de l'empiristc, pour les cas où l'agent se représente comme également réalisables, dans un acte futur, à l'exclusion l'un de l'autre, deux conséquents contradictoires entre eox, pour succéder aux mêmes antécédents, sans'qu'il puisse lui éti-e démontré, après l événement , par aticun fait d'observation, qu'il s'est trompé, et que celui qui s'est produit était te seul des deux qui frit possible .

Le second préjugé régnant dans l'école empiriste, et

le plus dii-ectcment opposé à la l'ecoD naissance du principe de personnalité, est cette fausse interprétation de la méthode de l'observation et de l'expérience, qui consiste à faire abstraction de la personne, observateur ou expérimentateur, et des lois de son entendement, pour juger de l'ordre et de la raison des faits. Les psychologues empiristes, après avoir combattu et ruiné le réalisme substantialisie, et généralement toute méthode, — ils s'en flattaient du moins, — qui crée des entités avec des abstractions, ont refusé à. la pensée philosophique le droit de composer des synthèses de phénomènes. Les éléments de la connaissance, amenés pour eux à l'état de dissolution, ils ne reconnaissent pas dans la conscience l'agent qui les relie, qui définit, en la multiplicité des représentations, sa propre identité, et affirme les données du monde extérieur à l'aide des lois qu'il possède pour les percevoir et les classer. Faute d'admettre, au-dessus des sensations et des images associées empiriquement dans le temps, ou par des ressemblances, un règne intellectuel des relations dont l'application à l'expérience rend intelligibles les données de l'expérience, le philosophe, ne peut qu'être réduit, comme Hume, à l'aveu du scepticisme ; conclusion logique, inévitable, de l'universel déliement des phénomènes. Stuart Mill, penseur d'une rare sincérité, a fait celte remarque, dont le sens était, pour lui, un renoncement à comprendre, mais qui, pour nous, signifie qu'on marche en sens contraire de la loi de la connaissance, quand on cherche à expliquer par quelque autre chose qu'elle-même cette conscience que toute connaissance possible suppose :

« Si nous regardons l'esprit comme une série de sentiments, nous sommes obligés de compléter la proposition en l'appelant une série de sentimenls qui se connaît elle-même comme passée et comme à venir, et nous

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