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L'IDÉALISME DANS L'ÉCOLE EMPEBISTE

sommes réduits à l'aiternalive de croire que l'esprit, ou le moi, est autre chose que les séries de sentiments ou de possibilités de sentiment, ou bien d'admettre le' paradoxe : que quelque chose qui ex hypothesi n'est qu'une série de sentiments peut se connaître soi-même en tant que série. »

La seconde branche de ce dilemme de Mill est mal nommée un paradoxe ; il faut y voir une contradiction fort nette : car si la série n'est qu'une série, elle ne peut pas être en même temps quelqu autre chose qu'une série. Quant à la première proposition : L'esprit ou le moi est autre chose que la série de sentiments, Stuart MilI, s'il se fûl mieux rendu compte du principe de relativité, qu'il a longuement discuté, ne se serait pas vu « en face de l'inexplicabilité finale », mais bien de la nécessité logique d'admettre comme relation constitutive du moi, objet et sujet, la synthèse de la multiplicité (série des sentiments) et de l'unité (conscience en acte) qui les assemble. Car cette loi est l'unique idée formelle que nous puissions avoir {en dehors de l'idée de substance) de ia première condition de toute perception et de toute pensée. Stuart Mill aurait alors légitimé le phénoménisme, au point de vue scientifique, par la doctrine des lois.

L'associationisme, né des analyses psychologiques de Hume, avait à définir cette association dos idées dont l'expérience devait être l'unique agent, pour ainsi dire. L'expérience passait déjà pour l'agent de la formation des idées elles-mêmes, par suite de la confusion qu'on faisait de la sensation proprement dite avec l'acte intellectuel de percevoir les rapports entre les objets sensibles : erreur capitale de l'empirisme. 11 ne restait plus qu'à fixer l'espèce des rapports de fait sur lesquels l'expérience bâtit les associations en notre esprit. Hume avait désigné trois qualités qui lui paraissaient établir

LE MATÉRIALISME ET L'ATHÉISHE rapports « pour noua conduire d'ane idée à udc e : la ressemblance, la contiguïté de temps ou de , la cause et l'effet ». Les psychologues ses succes- 's proposèrent d'inutiles variantes de cette division cas d'association ; car il fallut à la fin s'apercevoir Is n'en formaient tous qu'un seul : fassociaiion, l'esprit, des idées dont les objets sont habittéellement cie's dans l'expérience. L'explication de l'association l'habitude était comme troavée d'avance dans le qoe Hume avait donné lut-mèine à l'habitude ; il t montré partout, dans cette loi, la génératrice de :ede connexion nécessaire qui se forme par l'obseron des faits empiriques de jonction ou de répétition itantc des phénomènes successifs dans ie même •e : il suffisait donc de voir dans l'association une e de causatîon interne des idées les unes par les es, sans toutefois que l'idée de nécfïssité s'y ajoute, ume avait fait en outre cette réflexion : les principes ohésiondes idées simples, c'esl-à-dire des idées qui sent immédiatement de nos impressions « constitt une espèce de Y attraction qui, dans le monde ital, se montre aussi féconde en elTets extraordies que dans le monde physique. Ses causes sont en ide partie inconnues et doivent se ramener à des lilés originelles de la nature humaine, que je ne ends pas expliquer ». Cette réduction à un genre mun d'une espèce de liaison des idées, et d'une ;ce de liaison des corps, liaisons effectuées en vertu ertaines qualités appartenant à la nature, nous fait isager les idées comme données en elles-mêmes à it dispersé, ou atomique. C'est donc une sorte de sique des idées qui se trouvait inaugurée de cette lièrc. Un nouveau réalisme se produisait spéculatilent, du fait du philosophe dont les analyses mimt d'autre part le réalisme de la matière. Les der-

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niers disciples de l'école associationi&te ont pris en partie le nni-nie chemin : ils se sont figure que la nature humaine, en tant qu'espi'it, est un composé de ces molécules spirituelles, les idées, rattachées elles-mêmes aox impressions sensibles. La vertu des combinaisons expliquerait les fonctions intellectuelles, comme dans la théorie atomistique des anciens ; il n'y aurait de changé que la définition de l'atome, devenu celle fois un élément spécifique de senliment ou de pensée. Mais ces entités élémentaires, qu'il faut alors concevoir comme données en soi, sont une pure fiction réaliste; car les plus simples de nos données réelles ne nous viennent, si nous considérons nos conditions externes, que moyennant l'existence et les fonctions de nos organes. Si nous considérons la pensée, elles ne nous sont présentées que sous la conditlofi de notre conscience, qui se les rapporte sous la relation primitive et " irréductible du sujet à l'objet, et puis sons les relations accessoires, mais indispensables, qui catégorisent les perceptions en ces différentes formes essentielle» de l'intelligence : qualité et quantité, succession, causalité, etc. Les idées abstraites et celtes qui s'acqui^rent par raisonnement sont les produits d'une activité rapportée à ce môme sujet. Rien de tout cela ne ressemble à des assemblages spontanés d'éléments doués de qualités attractives ou autres.

La conscience ne peut pas être la résultante d'une composition d'idées, qui toutes la présupposent. A son moindre degré imaginable, tout ce qu'il y a d'idées dont elle a la puissance l'implique elle-môme en qualité de donnée préalable; il faudrait qu'elle fût un composé de consciences inférieures, subordonnées. C'est bien ce qni a lieu en eftet, par le moyen de l'organisation, mais de telle manière alors que composition signifie relation, actions mutuelles, existence distincte de chacun de ces

êtres individuels dans un organisme, et non point fusion

entre eux pour s'annihiler en formant un être nouveau,

de la même nature. 11 serait contradictoire, une cons-

";ant un rapport de soi à non-soi, individuel,

le, qu'elle put naître de la réunion de plusieurs

mblables. Le simple procéderait du composé

antissemcnt des composants!

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