PYRRHON, STOÏCIENS, ÉPICURIENS, ACADÉMICIENS
la fondation des écoles de Zenon et d'Épicure, dont l'une était la restauration- du panthéisme cosmologique, et l'autre celle du matérialisme mécanique. Si notre conjecture était fondée, l'écart ne serait pas grand entre cette Académie d'Arcésilas, qu'on nomma la moyenne, ou la deuxième, et celle de Carnéade, près d'un siècle plus tard, appelée la Nouvelle, qui devait elle-même ôtre suivie d'un retour de plus en plus marqué des successeurs de Carnéade à ce platonisme plus dogmatisant, dit éclecliqtie, dont le terme dernier fut le néoplatonisme alexandrin. La différence d'Arcésilas à Carnéade tiendrait alors à ce que ce dernier fit ressortir, nonobstant l'impossibilité de démontrer, confondue avec l'impossibilllé de savoir avec certitude, une sphère de vraisemblance suffisante pour légitimer l'affirmation du sage. La Nouvelle Académie n'a été tenue pour sceptique que d'après le jugement de critiques inconsciemment acquis au dogmatisme de l'évidence, quoique ordinairement sans savoir lequel; et ce jugement est d'autant plus illogique, que les Nouveaux Académiciens ne mettaient point en doute les dogmes qu'ils attaquaient ; ils les niaient, ainsi que la possîbiliié de démontrer en général. Le vrai sceptique ne nie pas, il doute, en opposant raison à raison, croyance à croyance ; regarder la négation comme le comble du scepticisme, c'est montrer l'inintelligence des noms et des questions.
Les négations de la Nouvelle Académie furent essentiellement dirigées contre les deux points principaux de la doctrine stoïcienne, l'un de méthode et de logique : le droit d'affirmer; l'autre le concept transcendant du monde et de sa providence immanente. La certitude était, pour le stoïcien, le témoignage qu'il se rendait d'une certaine compréhension ferm.e de la vérité ou réalité de l'objet, saisi et pour ainsi dire serré de toutes les forces de l'entendement. En tant que formule d'une