M PYRRHON. STOÏCIENS, ÉPICURIENS, ACADÉMICIENS
continuellement arrêtée par \a privation dans le cours de la génération des formes. Au moins n'était-ce pas un recommencement perpétuel du travail cosmique. Mais les deux systèmes ont cela de commun qu'un jugement optimiste de leurs auteurs y accompagne des croyances touchant la loi du monde qui s'accorderaient mieux avec un dualisme moral qu'avec l'unité d'intention et l'amour à l'origine des choses. Aussi ne placent-ils pas la Personne d'un créateur à celte origine. Le jugement optimiste sur le tout leur est dicté par l'esprit hellénique, où l'aspect intellectuel du cosmos et le culte de la beauté dominent presque toujours le sentiment du mal.
La nature offrant, dans l'application de ses lois, un assemblage de biens et de maux, de maux qu'elle inflige à ses créatures, ou qu'en suivant ses procédés et son exemple ils s'infligent les uns aux autres, le précepte souverain de la morale stoïcienne : Suivre la nature, posait, pour le choix des modèles à imiter, un problème à résoudre, pour le moins indéterminé. La logique de l'évolution appliquée au développement de la raison, qui est une partie si considérable de l'œuvre du monde, envisagée dans l'humanité, permit aux stoïciens de tourner la difiiculté provenant de l'opposition entre la morale humaine et l'indifférence morale, caractère saillant des appétits naturels. Ils considérèrent la raison, nature propre de l'homme, comme la production par excellence de la grande nature rectrice. La bienveillance, la justice, la conduite la plus favorable à l'utilité générale des hommes se présentèrent à eux avec le caractère de vertus, c'est-à-dire de qualités relatives aux fonctions à accomplir dans l'ordre universel des choses, dans la partie la plus belle de cet ordre et la plus digne d'être recherchée.
La notion stoïcienne de la perfection humaine, ou