L'OPPOSITION DE LA NOUVELLE ACADEMIE. ETC
sagesse, est faite de deux éléments d'importance égale : l'un tient au sentiment de la force morale de l'individu, et s'élève jusqu'à l'identification de l'esprit du sage, lype accompli de l'Homme, avec l'esprit recteur universel aux décrets duquel il s'associe par sa volonté. Là se rattachent les paradoxes célèbres sur l'unité et l'indissolubilité de la vertu, sur la suprématie morale de la personne qui se rend supérieure, en un sens, à Zeus, parce qu'elle se fait elle-même, au lieu que Zeus est la nature éternelle et ne se doit pas sa propre existence : curieuse réclamation involontaire en faveur du principe de personnalité, que la doctrine stoïcienne excluait de la cause suprême! Le mépris du plaisir, comme impliquant relâchement et faiblesse , et la fameuse déclai'alion, que la douleur n'est pas tm mal, procédaient du même et contradictoire effort de ces grands naturistes contre la nature.
L'autre élément de l'idée stoïcienne de la perfection est tout social; c'est la notion du devoir, dans le sens de commandement de la raison concernant l'action droite, l'action convenable, la fonction à i-emplir pour mettre Vordre dans les choses. Là est la source d'un travail de psychologie quia mérité de se conserver traditionnellement dans l'École, et, là aussi, la première formulation des applications politiques du devoir. Le stoïcisme a donné au monde romain la théorie des officia, vertus administratives, une science des hommes de gouvernement, non la science que réclamait d'eux Socrate, mais celle que pourtant les grands hommes de la Grèce n'avaient pas connue, et qui défendit quatre cents ans l'Empire contre une dissolution à la fin inévitable.
PYBRIIOK stoïciens, EPICUBIENS. ACADEMICIENS