‹ La nouvelle monadologieChapitre 55 sur 177 · CHAPITRE XVin DOCTRINE ALEXANDRINE DES HVPOSTASES. PHILON LE JUIF · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVin DOCTRINE ALEXANDRINE DES HVPOSTASES. PHILON LE JUIF

L'idée d'une émanation de la divinité est née de l'élaboration du problème du rapport de Diou au monde en en soumettant la solution à deux conditions mutuellement contradictoires ; i" que l'essence divine n'admette absolument aucun cbangement; 2° que le monde des phénomènes, le monde du changement, soit l'œuvre de Dieu, si tant est seulement qu'il soit quelque chose de réel actuellement en dehors de l'acte divin. Ce travail d'exégèse théologique avait de grandes raisons de se faire : du côté de l'hellénisme, à cause de la tendance de certaines doctrines à porter l'idée de Dieu à l'absolu : unique moyen, semblait-il, de se séparer de l'anthropomorphisme polythéiste ; et, du côté des Juifs, parce que le principe du plus absolu monothéisme les inclinait, par l'effet même de leur forte croyance au gouvernement du monde par la divinité, à rapporter à un ministre émané du Très-Haut tout attribut qui pût sembler rapprocher Dieu de l'homme, H se pouvait donc que l'œuvre désirée eût aussi bien des Grecs judaïsants que des Juifs hellénisants pour auteurs. Mais elle était surtout du ressort de la philosophie, et le penseur Juif qui en fournit le premier modèle, l'Alexandrin Philon, en prit chez Platon les traits essentiels. II définit les hypostascs, intermédiaires imaginés entre Dieu, immanifestable en soi, et Dieu manifesté, et leur donna une forme symbolique appropriée au génie de sa nation.

La personnili cation poétique de la Sagesse comme création première, et organe du Très-Haut, telle qu'on ia trouve qualilïée dans le3 livres des Proverbes de Sa-

Page 1