‹ La nouvelle monadologieChapitre 56 sur 177 · DOCTRINE ALEXANDRINE DES IIYPOSTASES · texte numérisé non relu

DOCTRINE ALEXANDRINE DES IIYPOSTASES

lomon, cl de la Sagesse de Jésus, fils de Sirach, qui avaient pour auteurs des Juifs palestiniens, ne constitue pas précisément une hypostase, quoiqu'on ait dû plus tard l'interpréter en ce sens; mais, dans l'ouvrage grec d'un Juif d'Alexandrie, \ASapience (ou Sagesse de Saiomon), la même fiction réaliste reçoit les noms de Soufge de la puissance de Dieu, Émanation de sa Gloire, Reflet de la lumière éternelle. Principe d'intelligence, pour les esprits» Principe invariable et tout puissant. Cette entité bien caractérisée reçoit un emploi analogue ilans quelques passages des écrits de Philon, mais c'est le Logos et ce sont les Idées de Platon qui, chez Philon, et pour tout le développement ultérieur de la méthode des hypostases, prennent le rang intermédiaire essentiel entre le Créateur et la création, pour que le Créateurluimëme puisse être dépouillé de ses attributs au prolit de son émanation personnifiée,

La doctrine de Platon était restée obscure sur plusieurs points. Nul encore n'avait essayé de la systématiser. Le premier principe, le Bien, présenté en termes mystérieux comme au-dessus de l'être et de l'essence, — en d'autres termes, sans attributs qu'on pût penser et nommer, — y était dit le Père des Idées, et aucune explication n'était fournie surl^ nature du rapport désigné par l'image de la paternité (Vil). Si ce Bien ou cet Un était le même que l'Être des éléates, dont il rappelait l'indétermination absolue, comment pouvait-il engendrer ce prodigieux multiple : les Idée.t, qui renferme pour l'intelligence une matière aussi abondante et varice que le sont les phénomènes perçus, les choses pensées, imitations de ces types immuables?

On ne voyait pas. dans la doctrine de Platon, l'origine de cette intelligence, qui pourtant y recevait le pouvoir de participer des Idées afin de percevoir. Sans elle, les Idées, qui sont essentiellement les intelli-

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giiiles, n'ont pas de sens. Il fallait en placer le siège dans l'âme universelle, que l'harmonie du monde implique, et puis dans les âmes individuelles, tant hnmaines que divines, tirées de l'universelle. Comment comprendre cette entité et ce partage, ou, si l'enlité est un sujet en soi, son application aux Idées, qui sont aussi (ies sujets en soi ?

Enfin l'âme, qui, dans la doctrine de Platon, est le principe du mouvement spontané, et qui applique, en sa mobilité, l'intelligence aux idées immobiles, éternellement stables, est l'œuvre du Démiurge, selon le Tintée. Lésâmes inférieures sont les résultats de la division des plus élevées, La description de ces opérations, réelles ou symboliques, laisse dans l'obscurité le principe individuel et automoteur dans ces âmes, substances composées dont les éléments (l'autre, le 7n/?me et l'essence intermédiaire) ne répondent pas au caractère spécifique de l'animalité.

Telles sont les explications que réclamaient la mi5taphysique et la psychologie de Platon. L'être suprême de Phiion est Celui qui est, aux termes de la Bible, un Dieu vivant ; mais nominalement, sans attributs qui puissent le rendre détinissabie et le mettre en rapport avec le monde. Il correspond à l'Un des éléates et au Bien de Platon. Le Logos est une émanation de ce Dieu et le monde est une émanation du Logos. L'émanation est définie par l'application des noms variés à'ombre, d'image, de forme, de caractère, ou mémo de vêtement de Dieu, à cette essence seconde qui est de Diète sans être Dieu. Ni le Logos, ni le monde, d'ailleurs, ne sont séparés et en quelque sorte retranchés de Dieu. Dieu se communique sans rien perdre, comme fait la lumière d'un flambeau [lumen de lumine), ainsi qu'on le répéta plus tard en un symbole célèbre de théologie chrétieanc.

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Le Logos, premier principe émané, réunit les Idées de Platon, dont l'ensemble constitue le monde intelligible. 11 sert aussi au philosophe juif à former un seul corps mystique des anges, ministres de Dieu, et à définir les sujetedivins-dcs théophanies de la Bible. Mais il n'est point d'autre démiurge que le Logos, point de puissances célestes créatrices. Dieu , est seul' ci'éateur par le Logos, Raisoi^cl Parole; le monde émane An. Logos, ctc'esldu rayonrienjent du tojcs, à son tour, que pro^ cède un nouvel organe intermédiaire par lequel le monde est animé,. un esprit saint (TtveyjAa âyiov) àm6 universelle qui descend dan^ les âmes individuelles et atleint les corps, à la rencontre de la matière.

La méthode des hypostases éclaircit par cette trinité : — Dieu, rinlelligence, formant un sujet unique, et le Principe animateur des âmes, — les vagues rapporta indiqués par Platon : la subordination des Idées au Bien et la dépendanee du Démiurge à l'égard de« Idées, dans les combinaisons symboliques d'oîi naissent les âmes.. On n'y aperçoit pas mieux le fondement de l'in-t dividualité et de la personnalité, La personnalité divine, supposée partout dans le langage de Philon, se perd dans la triple abstraction réalisée par laquelle il représente Dieu et son action. Un quatrième principe, la matière, obstacle à la production d'un monde adéquat à sonauteur, est pour Philon, comme pour Platon, un être indéterminé, ou une masse confuse d'éléments mobiles désordonnés, et peut, de celle acception à la fois négative et renfermant une puissance des futurs, passer au seos, de principe actif du mal; car empêcher, c'est agir. 11 y a dualisme forcé, au fond, pour toute doctrine qui n'a. pas son point de départ en une création sans conditions externes ou anlérieures.

LA THÉOLOGIE NKOPLATORICIENNE

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