LE PTHRHONISME DE PASCAL
celles qu'jEnésidème a réunies sur la cause et l'effet mettent bien en évidence l'inintclligibilité de la transitimlé des causes. Mais tout cela fui de nul emploi pour la philosophie de l'antiquité; quand le scepticisme dut disparaître du théâtre des idées, parce que des croyances générales s'établirent dans le monde, et que l'incrédulité, — qui d'ailleurs est tout autre chose que le scepticisme, — fut obligée de se dissimuler, toute recherche dut être abandonnée qui aurait eu pour objet de mettre en question le fondement de la certitude. On croyait savoir parfaitement où était ce fondement, et qu'il n'était que là.
Ce fut donc seulement quand l'incrédulité osa se montrer, à l'issue des siècles de foi, que le scepticisme reparut aussi, et on le trouva d'un emploi très avantageux alors pour abattre les prétentions de la raison, opposée aux dogmes de l'Église, On fit valoir ces derniers, non plus en eux-mêmes, c'eût été se contredire, mais à titre de coutume infiniment recommandable, comme principe de conservation sociale, pour ceux qui n'attacheraient peut-être pas une valeur pratique sérieuse aux preuves de la révélation par les prophéties et les témoignages. Pascal est au xvn° siècle le très éminent représentant de cette « démonstration évangélique » par le scepticisme; non pas qu'il ait pris nettement position devant ses contemporains, le temps ne lui en a pas été laissé, mais pour nous qui avons ses Pensées, complètes, au sens moral du mot, avec la franchise et le relief qu'il leur donnait, ne les écrivant que pour lui-môme, et qui pouvons établir un parallèle instructif entre cette œuvre interne de son esprit et l'œuvre de création philosophique de Descartes.
Et d'abord, la question de ce qu'on a appelé le « scepticisme de Pascal » est inutile et posée en termes puérils. Nous connaissons sa vie, ses tourments d'esprit,