‹ La nouvelle monadologieChapitre 74 sur 177 · LE PANTHÉISME THÉOLOGIQUE · texte numérisé non relu

LE PANTHÉISME THÉOLOGIQUE

ce qu'il regardait comme ses égarements, sa conversion, sa fin conforme à ta sainteté chrétienne, le sentiment qu'il avait de la charité comme d'un ordre incomparable à l'ordre de l'intelligence. 11 ne s'agit de lien de cela, mais de ce qu'il a écrit en termes énergiques et absolus sur les rapports de la raison humaine avec la vérité, comparativement aux vérités que Descartes formulait dans le même temps comme évidentes, pour être le fondement rationnel des croyances théistes. Pascal a écrit : « La raison confond les dogmatiques », et rien n'est plus exact, comme nous venons de le montrer. Et à côté ; « La nature confond les pyn-horiens », ce qui n'est pas moins vrai, en ce sens, apparemment, qu'elle ne souffre pas qu'il en existe pour la pratique. Mais la nature, — et la société, — suggèrent aux hommes toutes sortes d'opinions, opposées les unes aux autres : « L'un dit que mon sentiment est fantaisie, l'autre que sa fantaisie est sentiment. 11 faudrait une règle. La raison s'offre, mais elle est ployable à tous sens; et ainsi il n'y en a point ». Cette raison dont parle Pascal est la raison que le péché originel a corrompue, et on sait qu'il en avait étudié les produits historiques dans les Essais de Montaigne. Il pensait qu'elle est incapable de dicter un ordre social de gouvernement et de mœurs; que la justice ne saurait se définir et se rechercher qu'au plus grand détriment de la paix et du bien des hommes ; que la force doit décider de la justice, et non pas la justice prétendre à. disposer de la force ; enfin, que la coutume est essentiellement ce qui gouverne le jugement et la conduite du peuple. Ce sont des principes de pratique tels que les dicte ordinairement le scepticisme.

Us n'empêchaient point Pascal d'admettre, sous les titres du sentiment, ou du cœur, des principes qui s'appliquent à des notions de haute généralité, et d'autres.

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