‹ La nouvelle monadologieChapitre 99 sur 177 · PENSÉES DE BERKELEY SUR LA MÉTHODE. L'ESPRIT. ETC. S · texte numérisé non relu

PENSÉES DE BERKELEY SUR LA MÉTHODE. L'ESPRIT. ETC. S

« Demander si nous avons une idée de la volonté,' ou d'une volilion, c'est un non sens. Une idée ne saurait ressembler à rien qu'à une idée... >

« Je ne dois donc pas dire que la volonté et l'entendement sont tout un, mais que l'un et l'autre sont des idées abstraites, c'est-à-dire rien du tout, n'étant point différents, même ratione, de l'esprif en tant que facultés, c'est-à-dire actif...

« Je ne dois pas donner à l'âme, ou intelligence, le nom scolastique A'acte pur, mais plutôt de pur esprit, ou être actif...

i< Toutes les choses concevables pour nous sont : 1° des pensées; 2° des pouvoirs de recevoir des pensées; 3° des pouvoirs de causer des pensées : toutes choses dont aucune ne peut exister dans une chose inerte, insensible,

o 11 n'existe proprement que des personnes, c'est-àdire des choses conscientes. Toutes les autres choses nesontpas tant des existences que des manières d'exister des personnes. »

Qu'il entre de la contradiction dans ces hardis tàton^ nementsd'unpenseur de génie, et un emploi inévitable de ces idées abstraites qu'il dit n'être rien; qu'on y trouve une construction, par voie de synthèse, d'idées générales qui répondent à des réalités (l'idée de l'entendement, celle de la volonté, celle de l'esprit) quoique Berkeley dise n'at'OîV/Jomïa^tïzVeûî/a^î'rf^es^^/i^ra/ei et ne lespas connaître parce qu'il ne les perçoit pas, rien n'est plus certain. Lui-mÊme ne put éviter d'avouer dans son ouvrage des principes de la connaissance, que nous avons beaucoup de notions qui ne répondent à aucune des impressions sensibles auxquelles il avait pris, contre l'usage commun, le parti d'appliquer exclusivement le nom A'idées; et qu'après tout il n'y a là qu'une question de mots. L'usage, en cela très justifié, a RïNouviËn. — Problèmes raéfaphvs. !7

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continué de donner tort h sa terminologie, qui favorisait l'empirisme. Mais ce qui bous importe, c'est de remarquer combien ce philosophe était près, — bien plus près que ne le fut jamais Kant, embarrassé dans les arcanes de sa métaphysique des noumènes — de trouver la conciliation de la psychologie analytique et des synthèses de la connaissance. I) eût suffi que, réfléchissant aux contradictions spontanément jaiUies de ses premières et fortes pensées géniales, il cherchât d'un côté ' comme de l'autre, dans les deux méthodes, l'erreur qui les rend opposées. Il aurait reconnu que ce n'est pas la méthode synthétique employée pour constituer l'être dans la pensée, qui est vicieuse, puisque lui-même n'a pu en découvrir une autre pour définir l'esprit, la volonté, l'âme, et même le corps, qu'il est forcé d'appeler un composé d'idées sensibles ; que nulle relation de l'individuel au collectif et à l'universel ne saurait autrement se comprendre; mais que le vice n'est pas dans l'apriorisme; qu'il est dans le réalisme; qu'il provient de la fiction des entités, des substances et des formes substantielles, enfin de la réalisation des concepts étrangers à toute expérience ; un point sur lequel Berkeley était on ne peu plus éclairé. Si, dans la méthode synthétique, il avait établi la distinction entre cette méthode elle-même et le réalisme attaché vicieusement à ses applications, il aurait applaudi au progrès qu'on devait à Descartes sous ce rapport, et peut-être aurait-il achevé l'œuvre de Descartes en remplaçant par des conceptions synthétiques, d'un ordre compatible avec l'expérience, avec le principe de relativité, les deux substances qui, identifiées ou séparées, chez Spinoza, chez Malebranche, conduisaient au panthéisme.

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