‹ La Nouvelle OrthographeChapitre 32 sur 44 · I. — Orthographe d'usage · texte numérisé non relu

I. — Orthographe d'usage

i° Suppression de h muette, précédée de t ou de c : téâtre, matématiques ; rétorique, rinocéros ; cronique, anacorète, etc.

2* Suppression de ph^qui devra être remplacé partout par f: fénomène, fisionomie^ foque, €ufalte, ortografe^ etc.

3" Suppression de i/, toutes les fois que cette lettre a la valeur de i simple : analise^ cripte^ mislère, fisique, igiène^ etc. — Y ne devra être conservé que là où il a la valeur de i double : pays, balayer^ essuyer,

A"" Suppression des lettres doubles, partout où on prononce une lettre simple : abé^ acabler, acord, agraver^ alaiter, aler^ atraper, ateindre, doner^ afirmer, a franchir, colone^ bote, crote^ lètre, bute, rebêle, hirondèle^ etc.

II. Orthographe de règles. — Appliquer toutes les réformes qui seront indiquées plus loin, p. 88- 92 (i).

N. B, — Un devoir d'équité s'impose, à notre avis, aux examinateurs, à ceux du baccalauréat comme à ceux du certificat d'études : c'est d'accueillir, dans les compositions des candidats, les principes de la nouvelle orthographe, sans condamner, — tant que durera la période de transition, — les erreurs de l'ancienne. S'y refuser, ce serait se mettre en contradiction avec les instructions ministérielles, avec le bon sens, avec la justice (2).

1. Presque toutes ces réformes — et d'autres encore — sont déjà adoptés et mises en pratique par la Revue de philologie française, dont le programme a pour adhérents, entre autres, MM. Clédat, doyen de la Faculté des lettres de Lyon, Michel Bréal, Edouard Hervé, de l'Académie française, Ghabaneau, professeur à la Faculté des lettres de Montpellier, Ch. Lebaigue, Francisque Sarcey etc.

2. Nous trouvons dans le programme officiel du concours d'admission à l'école militaire de S^-Cyr, l'étrange note suivante, dont

LA KOCTELLE OBTHOGRAFHB 81

RÈGLES DÉFCflTITES

N. B. — Les règles qui suivent ne pourront élre appliquées, nous ne saurions trop le répéter, qu*avec l'aide du temps. 11 s'écoulera plusieurs générations scolaires avant qu'elles aient passé dans la pratique. Si nous les formulons dès maintenant, c'est pour marquer d'avance et la route à parcourir, et le point d'arrivée, et aussi pour donner satisfaction aux esprits qui aiment à connaître le fond des choses et à voir de loin, dès le départ, le but vers lequel on s'achemine. Ils comprendront ainsi qu'on ne va pas au hasard, dans les ténèbres, à la poursuite d'une chimère.

Principe fondamental. — L orthographe a pour base la prononciation^ c'est-à-dire les sons qui composent la langue.

A. — Orthographe d'usage.

1^ Règle. — Chaque son doit être représenté par un signe, lettre ou groupe de lettres,

l'esprit nous parait retarder d'un demi-siècle : « La composition française sera appréciée surtout au point de vue de la composition et du style. Toutefois le correcteur donnera à l'orthographe une note fictive (?), et tout candidat qui n'obtiendra pas 10 (sur 20) pour cette note, sei^a exclu du concours. » — Ainsi, tandis que, pour les autres épreuves, la note zéro seule est éliminatoire, on exige, sous peine d'exclusion, la note 10 pour l'orthographe. Par suite, un candidat dont la composition française Aura une valeur littéraire de 3 ou 2 ou i, pourra être accepté; mais il sera éliminé, si la note d'orthographe n'atteint pas iO, la composition française valût-elle 18 ou 19. Le mérite littéraire mis au second rang, l'ur- Ihographe au premier! Bossuet, Voltaire, Chateaubriand seraient refusés à S^-Cyr pour la composition française! — Nous nous empressons de déclai*cr que ce n'est pas du ministère de l'Instruction publique que dépend l'école militaire de S^-Cyr, ni par ses soins que cette note a été rédigée.

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Dans les mots suivants chaque son est exprimé par un signe : mardi, pluriel ^ mortaUté, jouir ^ danser, balaiy etc.

Remarque. — Quelques mots sont en contradiction avec cette règle et devront être réformés : ainsi le son ou n>$t pas exprimé dans quadruple et jaguar^ qui s'écrivent comme quadrille et an^ille. Il faut les écrire qouadruphy jagouar.

2*Bègle. — Pas de lettres parasites^ c'est-^-dire n exprimant aucun son.

Dans les mots suivants les lettres m, c, p, A, o» pèchent contre cette règle : quarts qualité^ éqmtéy véridique^ politique y qui y qne^ lequel; — acquérir y beoquetei*; — sepiy baptêmey promptitudey domptet*; — ÏLoroscopey humanité, rhétorique, onathèmey anachorète, écho; paony /ao#K Elles devi'ont être retranchées; on écrira : qart, qalitéy éqité, véridiqe, politiqe, qiy ce, leqel; — aqériry bèqeter; — set y batéme, priyntitude, douter; anacorète^ éco; pan, fan.

La lettre h notamment devra disparaître, partout où elle ne marque pas faspiralion : on devra écrire haiir,héroSy hardi; mais istoir^y irondelhy iatus, etc.

Les lettres doubles ont aussi leur condamnation dans ce principe; on écrira : flater, ofriry soner; monaiey persone, gamey etc.

ExcKPTiox. — Seront maintenues, principalement î\ la lin des mots, les lettres qu'explique et que juslilie :

1° la clarté du discours : certaines lettivs qui sei^ vent à distinguer les homonymes et les formes grammaticales : a dans pain (cL pin > dans vain (cf. vin) y e dans serein, etc.; s dans ils.

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voleurs, au pluriel ; / dans il courf, r dans aimer, etc.

2** la dérivation : t dans dépit (dépi/er\ dansf^c/fit (éclater), dans trot ^^Iroter^ dans court (courte), dans fort (forte) ; d dans boitd ^bondir), dans bord (border), dans 6/on(/ ^blonde\ dans lourd (lourde), etc.

3® la versification : e muet, partout où il existe : empereur, cliqetis, amonceler, demeure, facile, père, frère^ populaire, mémoire^ somrire (1).

3* Règle. — Le même son doit être représenté partout par la même lettre ou par le même groupe de lettrès.

Ainsi les sons a, i, o, u, an, in, on, f, g, q, s, z, s'exprimeront toujours par a, i, o, u, etc.; on écrira ; camarade; inimitié, anonime, sinonime; biciclète, vêtu, y ai u,yussey gajure: danse, prudance (ou mieux prwdanse) ; répandre, comprandre, anpoule, anhonpoint (2); cilindre, crindre, crintif, atindre; bon, bonbe, tronpète\ farmacien, filantrope, parafe, donjon, plonjon, majeur, najeur, najer, jeudi, j émir, rejlmber; qalité, qes~ lion, qarteron, qarte, loustiq, boutiqe, expansion, extansion, prétansion, contorsion, porsion, conversion, dézersion ; gazon, blazon, razoir, magazin, gazer, razer, jazer; dizaine, dizième, seizième, deuzième, etc.

Par suite de ce principe :

1* La lettre y, qui fait double emploi avec i devra disparaître partout; on écrira : mistère, miriamètre,

1. Voir la 4« Partie, Restrictions nécessaires au phonétisme,

2. Rien ne justifie la règle actuelle qui veut que devant un 6 ou on p on mette une m au lieu d'une n. Il faut écrire ranper, conprandre, grinper, sinple, inten*onpre, anbassadeuv, j'anbet ionbe, etc.

idrografie, ditirambe^ ipotèse; paiis^ essaiier, essuUer^ octroiier; etc.

2° Le groupe ph devra être remplacé par la lettre / avec laquelle il fait double emploi ; on écrira : fosfore^ foque^ fizique, fotografe filoxéra,

3° Des trois lettres c, k, gr, qui expriment le même son [carillon,, kabyle^ quartier), une seule devrait subsister, les deux autres faisant double emploi. La disparition du k offrirait peu d'inconvénients, cette lettre étant d'un usage très restreint. Mais la difficulté du choix entre le c et le q, tous doux d'un emploi très fréquent, fera longtemps hésiter les grammairiens. Peut-être vaudrait-il mieux sacrifier le c qui a le tort de représenter un double son, k et s [oarte^ cèdre), et maintenir exclusivement le q, lequel représente partout la même articulation. (En tout cas Vu parasite qui l'accompagne toujours devra être supprimé). Au lieu de quatre, querelle y baraque ^républiques carton^ courir, képi, on écrira : qatre, qerèle^ barage^ républiqe ; qarton, qourir, qépi, — Mais, nous le répétons, le c est d'un usage trop répandu dans l'orthographe actuelle pour ne pas se défendre longtemps contre la mort.

Exceptions. — Un même son peut être exprimé par des signes différents :

i® Si la clarté du discours en fait une nécessité. Ainsi, pour éviter toute équivoque, on écrira différemment les homonymes, en tenant compte, autant que possible, dans la différence d'orthographe, de la dérivation; on écrira cour du roi, cours d'un fleuve (dérivé course)^ court (adj. dérivé courte); mors, frein (dérivé morsure) et mort (dérivé mortalité), lait (laitage), laid (laide, laideur), etc. (1).

2® Si la dérivation explique la différence d'ortho-

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