‹ La Nouvelle OrthographeChapitre 33 sur 44 · Voir L'homonymie, p · texte numérisé non relu

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graphe. Ainsi le son ai pourra s'écrire tantôt ai, tantôt éou et : diUrait (dérivé distf^achon), discret [dis^ crétion); attr^Ats [attraction) ^ je sbXs (savoir), décéf [décéder] ; de même le son o, peut avoir plusieurs orthographes : o, quand il n'y a pas de raison de l'écrire autrement : ordoner^ oser, repos; mais au quand cette diphtongue se rattache par la dérivation à al : animaxLX (dérivé de animal), c/revaux, journaux, etc. ;éati quand cette orthographe corresponde el : beau [bel), chapeau (chap^/ier), agneau [agnelet) y châteeLU (châte/ain), etc. ; ou même étendre, pour plus de facilité, cette dernière orthographe à tous les noms terminés au singulier par au, qu'ils aient ou non des dérivés : cadeau^ drapeau, etc., c'est-à-dire conserver sur ce point la règle actuelle.

4* Règle. — La même lettre ou le même groupe de lettres doit exprimer partout le même son. (Cette règle est le corollaire de la précédente). Ainsi a employé seul se prononcera toujours a: carnaval; t se prononcera toujours t : nous portions^ jamais s (des portions).

Cette règle demande à être appliquée rigoureusement et ne souffre pas d'exception ; autrement la prononciation serait dénaturée dans certains cas, et l'orthographe irait ainsi à rencontre de son principe.

Or sur les dix-neuf consonnes dont se compose aujourd'hui Talphabet, cinq particulièrement sont en contradiction avec ce principe ; car elles représentent chacune des articulations différentes ; ce sont c, g^ s, t, X, plus les groupes ch, gn. II, en, eu.

c se prononce k dans cabane, cordon, cube; mais s

dans cité, cerceau. G — g dur dans garde, gondole, Gustave;

mais j dans germe, bougeoir, sage, agiter,

86 LA NOLVELLK ORTUOGKAIMIE

S se prononce s dur dans sabot, serpe^ site ; mais z dans

hasard^ ja$e^\ désir, T — t dans nous éditions, mortier^ partie;

mais s dans des éditionsy inertie ^ parlieL X — es dans luxueux, Alexandre; cz dans

examen, exemple; ss dans soixante^ Auxerre, Bruxelles; enfin k dans Xérès.

CH a le son chuintant dans château y chercher, chicane; mais il se prononce k dans choléra, échOy chiromancie.

€N a le son mouillé dans ignorant, agneau, ivrogne : mais cliaque lettre se prononce séparément dans gnome, stagnant; LL a le son de / simple dans tranquille, ville; mais il

a le son mouillé dans fille, bille, saillir,] EN se prononce an dans prudence, sentence, envier;

mais in dans bien, sien, chrétien, EU a le son eu doxis jeu, Dieu, feu; mais il se prononce u simple dsins f eusse, f ai eu, gageure.

En conséquence de la règle énoncée ci-dessus, ces lettres ou groupes de lettres ne devront plus représenter partout qu un même son :

c faisant double emploi tantôt avec s (cité), tantôt avec k ou q [caiTeau) devrait être supprimé, et céder la place à Tune de ces lettres. Il faudrait tout au moins le dépouiller de Tune de ses deux applications et l'affecter exclusivement, en vertu de la présente règle, soit au son s, soit au son q, plutôt au son s, qui est plus répandu, et pour lequel les distinctions semblent plus nécessaires. Ainsi, pour les besoins de la clarté, on continuera à^écrire, ce, ces, celle, à côté se^ ses, selle; mais on devra substituer le q au c dans les mots cadrer, counr, curieux^ et écrire qadrer, qourir^

nooee f . — Jyz'^iL^ Irr i fcziî tr\:p de plaoe^ dans rorthoerapè:^ jictKrll-^ pc'sr •ii^piri.tnf de >itML S»^ii~ maintieB d'adlLecr^ s'a n-ea qrii >«Mt d^ ziàture à TÎtrier la piroDoïKÎaîî'jA n: :.ir ^ni:e a vi--ler ••uvertement le principe do pL'C^néû'^GLe : cir sa doul»:^ Taîeur est nettement détenni&re s:iJvrAr.î Ir-!^ cas "U ««n ÎVrapN^îe : il se prononce toT.;..-.js -y devant le^ voyelles a, r». » et deTant nne consonne earae/<nf. eorr«e/'\'H. etfrîevx: oe///, acelîmater ^ to'ijonrs s devant e et i : ctUmU. âié. Le senl inconvénient — mais c'en est un — qu'offre sa double valeur, c'est de faire h»'siler celui qui écrit entre le choix, ici du e on de Y s. là du r^ du q on du Ar.

G devra toujours avoir le son dur, non pas seulement, comme aujourd'hui, devant a, o et u, mais aussi devant « et i .'par suite Tu qui suit quelquefois le g devra disparaître : on écrira : gâteau, gordien^ aigu^ gérir (guéTir],gé gué], gépe^ gèrrier j^ou mieux gèt^r). — Par suite, partout où le g se prononce j on devra le remplacer par J ; ainsi au lieu de geôlier, pigeon y bougeoir, manger^ ronger y mangea^ mangeons, juge, juger, sage, gerbe, gibier, etc., on écrira jolier, pijon, bovjoiVy manjer, ronjer, manja, manjons, juje, saje, jerbe, jibier. — L'application immédiate de celte règle n'aurait aucun inconvénient.

s devra toujours avoir le son dur, le son sifflant» jamais le son z ou zézayant, aussi bien dans le corps des mois qu'au commencement : sardonique, mansarde^ husard (prononcez s dur) ; servir, déservir ; site, rt^usite; sortir, resortir; susciter, resusiter, progrèser, pro* grèsion, — Par suite, partout où s se prononce s, il devra être remplacé par z : au lieu de raser, jaser, arroser, blason, bison, maison, etc., on écrira raz(^r, jazer, arozer, blazon, bizon, maizon,

T devra n'exprimer partout que le son t : moitié y

pitié, partons^ nous pointions, etc. — Par suite, partout où le t se prononce s, il devra être remplacé par s : au lieu de action, inspection, nation ^ occupation, initier, calvitie, etc., on écrira acsion, inspecsion, nasion, ocupa-sion, inisier (prononcez s dur), calvisie.

X devra être remplacé par ses équivalents es, cz, ss (ou mieux s). Au lieu de axiome, examen, soixante, on écrira acsiôme, egzamen, soisante.

CH devra être aflfecté exclusivement au son chuintant : chercher, chalumeau, marche. Par suite Vh devra disparaître partout où le c seul se fait sentir : cronomètre, coléra, éco, aromatique.

GN devra avoir toujours le son mouillé : magnifique, gagner, signifier. — Dans les cas où ces deux lettres gardent chacune leur valeur et se prononcent séparément, on indiquera cette prononciation en les séparant par un trait : stag-nant, ig-nition, g-nome.

LL aura toujours la prononciation mouillée : fille, pillage, sillon, travailler. Quand les deux ll se prononcent séparément, on indiquera, de même que pour gn, cette prononciation en les séparant par un trait : il-légalité, il-légitime. Partout ailleurs Vl devra être simple : tranquile, mile, vile.

EN devra représenter toujours le son in : mien, examen, appendice. Par suite, partout où en se prononce an, il devra être remplacé par an', au lieu de ennuyer, enivrer, enorgueillir, ingrédient, prudent, excellent^ solennel, on écrira anuyer, anivrer, anorgueillir, ingrédiant, prudant, excèlant, solanel, etc. — On évitera ainsi les anomalies et les équivoques que présente Torthographe actuelle dans les mots .suivants : violent (adj.) et ils violent, un parent et ils parent, un président et ils président, un couvent et ils couvent, un affluent et ils affluent, négligent (adj.) et ils négligent, un expédient et ils expédient, etc. — De même em devra céder la place à am : au lieu de pru-

demment, insolemment, ardemment, on écrira, comme on prononce, prudament, insolamant, ardamant.

EU aura toujours le son de eu : bleu, neveu, bonheur, heureux, etc. — Par suite, partout où eu se prononce w, on le remplacera par u : au lieu de y ai eu, y eusse, nous eûmes, gajeure, etc., on écrira y ai u, yusse, nous ûmesy gajure.

B. — Orthographe de règles,

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