Voir 4« partie, p
vant le t de la troisième: je crains^ tu crains; je peins, tu. peins; je prens, tu prens; je permès, tu permès; j'interrons, tu interrons.
3* Ne jamais redoubler 17 ou le t dans les verbes en eler et eter : je pè/e, je pèlerai; y appelé, yappêlerai; y achète, } achèterai ; je cacheté, je caché terai ; je jè^e, je jèteraiy etc.
La logique et le bon sens indiqueront les autres réformes nécessaires.
En résumé, tous les efiTorts doivent tendre à obtenir une orthographe rationnelle, accessible à tous ceux qui parlent le français; par conséquent une orthographe qui ait pour base, non plus la fantaisie et l'arbitraire, mais la langue, c'est-à-dire la prononciation, la logique et le sens commun.
SPÉCIMENS d'orthographe NOUVELLE
Afin qu'on puisse juger de l'effet que produira sur les yeux l'orthographe nouvelle, telle que nous la comprenons, telle qu'il est possible de l'appliquer dès maintenant yd'dL]^rès les règles que nous donnons, page 61, nous reproduisons ci-dessous, dans cette orthographe, quelques pages, les premières venues, de trois ou quatre de nos plus grands écrivains. On verra que de tels changements sont fort simples, qu'ils n'altèrent point la physionomie générale du texte, ni même celle du mot modifié, qu'il n'en résulte aucune difficulté pour la lecture, et que, en somme, ils tiennent peu de place. Il est vrai que ce peu est considérable, car il constitue une conquête de la raison sur l'arbitraire, de la logique sur le caprice, et marque un premier pas, en attendant les autres, vers la perfection.
De la constitution de la langue française.
L'usage, je le confesse, est apelé avec raison le père des langues. Le droit de les établir, aussi bien que de les régler, n'a jamais été doué à la multitude ; mais si cète liberté, ne veut pas être contrainte, elle soufre toutefois d'être dirigée. Vous êtes, Messieurs, un conseil réglé et
perpétuel, dont le crédit, établi par l'aprobation publique, peut réprimer les bizareries de Tusage et tempérer les dérèglements de cet empire trop populaire. C'est le fruit que nous espérons recevoir bientôt de cet ouvrage admirable que vous méditez ; je veux dire ce trésor de la langue, si docte dans ses recherches, si judicieus dans ses remarques, si riche et si fertile dans ses expressions (1). Tèle est donc l'institution de TAcadémie, èle est née pour élever la langue française à la perfection de la langue grecque et de la langue latine. Aussi-a t-on vu, par vos ouvrages, qu'on peut, en parlant français, joindre la délicatesse et la pureté attique à la majesté romaine. C^est ce qui fait que toute TEurope aprent vos écrits; et quelque peine qu*ait Tltalie d'abandoner tout à fait Tempire, elle est prête à vous céder celui de la politesse et des sciences. Par vos travaus et par votre exemple, les véritables beautés du stile se découvrent de plus en plus dans les ouvrages français, puisqu'on y voit la hardiesse qui convient à la liberté, mêlée à la retenue, qui est l'éfet du jugement et du chois. La licence est restreinte par les préceptes ; et toutefois vous prenez garde qu'une trop scrupuleuse régularité, qu'une délicatesse trop mole, n'éteigne le feu des esprits et n'afaiblisse la vigueur du stile. Ainsi nous pouvons dire, Messieurs, que la justesse est devenue par vos soins le partage de notre langue, qui ne peut plus rien endurer ni d'afecté, ni de bas: si bien qu'étant sortie des jeus de l'enfance et de l'ardeur d'une jeunesse emportée, formée par l'expérience, et réglée par le bon sens, elle semble avoir ateint la perfection qui done la consistance. La réputation toujours fleurissante de vos écrits, et leur éclat toujours vif, l'empêcheront de perdre ses grâces ; et nous pouvons espérer qu'èle vivra dans l'état où vous l'avez mise, autant que durera l'empire français et que la maison de Saint-Louis présidera à toute l'Europe.