BOSSUET
(Discours de réception à V Académie française.)
1. Le Dictionnaire de V Académie^ dont la première édition 1694) n'avait pas paru encore.
Les Pichon.
Aus Délices, 29 juillet 1757.
J'ai une grâce à vous demander ; c'est pour les Pichon. Ces Pichon sont une race de femmes de chambre et de domestiques, transplantée à Paris par M™* Denis et consorts. Une Pichon vient de mourir à Paris et laisse de petits Pichon. J'ai dit qu'on m'envoyât un Pichon de dis ans pour l'élever ; aussitôt un Pichon est parti pour Lyon. Ce pauvre petit arrive je ne sais coment ; il est à la garde de Dieu. Je vous prie de le prendre sous la vôtre. Cet enfant est ou va être transporté de Paris à Lyon parle coche ou par charité. Coment le savoir? où le trouver? J'aprens par une Pichon des Délices que ce petit est au panier de la diligence. Pour Dieu, daignez vous en informer; envoyez-nous le de panier en panier; vous ferez une bone œuvre. J'aime mieux élever un Pichon que servir un roi, fût-ce le roi des Vandales (Frédéric II).
Voltaire.
[Lètre à M. Tronchin.)
Paysage d'âcosse.
Assis sur un autel brisé, dans les Orcades, le voyageur s'étone de la tristesse de ces lieus ; un océan sauvage, des sirtes embrumées, des valées où s'élève la pière d'un tombeau, des torrents qui coulent à travers la bruyère, quelques pins roujâtres jetés sur la nudité d'un morne flanqué de couches de neige, c'est tout ce qui s'ofre aus regards. Le vent circule dans les ruines, et leurs innombrables jours deviènent autant de tuyaus d'où s'échapent des plaintes, l'orgue avait jadis moins de soupirs sous des voûtes religieuses. De longues herbes tremblent aus ouvertures des dômes. Derrière ces ouvertures on voit fuir la nue et planer l'oiseau des tères boréaleâ. Quelquefois, égaré dans sa route, un vaisseau, caché sous ses voiles arondies, sillone les vagues désertes...
Chateaubriand.
{Génie du Cristianisme.)
Apologie.
Nous nous aimons un peu, c'est notre faible à tous ;
Le pris que nous valons, qui le sait mieus que nous?
Et puis la mode en est, et la cour Tautoriso.
Nous parlons de nous-même (1) avec toute franchise ;
La fausse humilité ne met plus en crédit ;
Je sais ce que je vaus, et crois ce qu*on m'en dit.
Pour me faire admirer, je ne fais point de ligue ;
J'ai peu de vois. pour moi, mais je les ai sans brigue ;
Et mon ambition, pour faire plus de bruit,
Ne les va point quêter de réduit en réduit;
Mon travail, sans apui, monte sur le téàtre ;
Chacun, en liberté, l'y blâme ou l'idolâtre ;
Là, sans que mes amis prêchent leurs sentiments,
J'arache quelquefois leurs aplaudissements ;
Là, content du succès que le mérite done,
Par d'illustres avis je n'éblouis persone ;
Je satisfais ensemble et peuple et courtisans,
Et mes vers en tous lieus sont mes seuls partisans ;
Par leur seule beauté ma plume est estimée,
Je ne dois qu'à moi seul toute ma renoraée.
Et pense toutefois n'avoir point de rival
A qui je fasse tort en le traitant d'égal.
Corneille.
(Poésies diverses, Excuse à Ariste.}
Pan.
poètes sacrés, échevelés, sublimes,
Alez, et répandez vos âmes sur les cimes,
Sur les somcts de neige en bute aux aquilons.
Sur les déserts pieus où l'esprit se recueille,
Sur les bois que l'autone emporte feuille à feuille.
Sur les lacs endormis dans l'ombre des valons !
Partout où la nature est gracieuse et hèle.
Où l'herbe s'épaissit pour le troupeau qui bêle ;