‹ La nouvelle psychologie animaleChapitre 24 sur 40 · Bibliothèque de philosophie contemporaine · texte numérisé non relu

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2. G. BoH.\. Les variations de la sensibilité périphérique chez les animaux, Bulletin scientifique de la France et de la Belgique,

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leure besogne en cherchant des explications dans la chimie physique.

Du point de vue de cette science, les faits d'extinction cités pourraient s'expliquer. Quand une réaction quelconque de l'organisme se produit, il y a dépense de certaines substances actives de l'organisme ; quand cette réaction se répète un certain nombre de fois de suite, les substances s'épuisent peu à peu et l'appauvrissement finalement devient tel que la réaction se produit difficilement ou pas du tout.

Il ne s'agirait d'ailleurs pas là d'une explication exclusive; en particulier dans le cas des phénomènes qui siègent dans l'écorce cérébrale, il est très probable que les phénomènes de diffusion plus ou moins grande des excitations doivent intervenir. C'est là un point que je cherche à élucider.

Une troisième hypothèse, inadmissible d'ailleurs, est celle d'après laquelle l'extinction serait due à une « perte de la mémoire », à 1' « oubli ». Les traces laissées par les excitations antérieures dans le cerveau ne s'eiïacent pas, loin de là, comme le prouvent les phénomènes de reviviscence.

^'^ Reviviscence. — Par voie d'extinction progressive, la réaction vis-à-vis d'un complexe d'excitants peut ne se produire que très tardivement, « après une longue période latente », ou même plus du tout. Dans l'un et l'autre cas, il est possible de la faire réapparaître. Eliasson l'avait reconnu en 1907. Zavadsky ^

1. I.-V. Zavadskv. Matériaux pour contribuer à l'étude de l'enraiement et du désenraiement des réfle.xes conditionnels (en russe), Thèse de Saint-Pétersbourg , l'J08.

précisa en 1908 ; d'après cet auteur, ou diminue la longueur de la période latente, en ajoutant n'importe quelle excitation accessoire /aî6/e, indifférente par ellemême. D'autre part, Babkine a montré que, au cours de l'extinction progressive de la réaction, il suffit qu'il survienne un changement quelconque dans la mise en scène de l'expérience pour que la réaction éprouve un accroissement d'intensité.

Ainsi des excitations accessoires indifférentes, pourvu qu'elles soient faibles, vivifient, ravivent en quelque sorte la réaction qui est en train de s'éteindre.

3" Inhibition. — Avec des excitations accessoires fortes, on obtient l'effet contraire : l'inhibition complète (momentanée d'ailleurs) de la réaction. Ici, comme ailleurs, c'est une question de dose.

L'addition de tel ou tel excitant suffisamment intense à l'ensemble des excitants qui d'habitude interviennent dans la réaction exerce sur celle-ci une influence 'fortement entravante, l'atténue ou même la fait disparaître complètement. D'ailleurs cette action iuhibitrice va en disparaissant graduellement au fur et à mesure de la répétition ultérieure de la nouvelle combinaison des excitations, de sorte que le phénomène accessoire, du moment qu'il est devenu habituel pour l'individu donné, n'entrave plus la réaction.

Si une excitation forte est inhibitrice, une excitation suffisamment complexe, différente de l'excitation habituelle, peut l'être aussi. Ainsi VassilievS en 1906,

1. P.-N. Vassiliev. Influence exercée par un excitant accidentel sur les réflexes conditionnels déjà formés (en russe), C. R. Société des médecins de Saml-Pétersbourg, 1906.

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et MicMovleS en 1907, ont montré que n'importe quel phénomène du monde extérieur, indifférent en luimême, peut devenir un agent inhibiteur d'une réaction déjà existante. Supposons que le phénomène A détermine une certaine réaction de l'organisme. Combinons-le, ail bout d'un certain temps, avec un nouveau phénomène B, complexe et assez différent ; B pourra devenir un agent d'entravement pour la réaction. Par exemple, le phénomène A à lui seul provoquera la sécrétion salivaire, tandis que, combiné avec le phénomène B, il ne donnera plus lieu à Fécoulement de la salive ; en d'autres termes, B entravera A.

On dit au laboratoire de Pavlov qu'il y a là « élaboratiou d'un frein couditiounel ».

Eu réalité, il y aurait deux sortes de freins : les uns agiraient par leur intensité, les autres par leur complexité. Bien entendu, dans l'un et l'autre cas, l'action se fait d'autant plus facilement sentir que la réaction est plus près de s'éteindre.

Ici encore, pour expliquer l'action de ces freins, on a fait intervenir les considérations finalistes . Les divers phénomènes du milieu extérieur serviraient de signaux pour l'organisme : tel phénomène serait le signal pour lui d'accomplir telle action; tel autre phénomène viendrait le prévenir de Tinefficacité du premier phénomène, arrêter la réaction et éviter ainsi à l'organisme une dépense inutile de travail. En réalité,

1. G.-V. MiCHTovTE. Enraiement élaboré de réflexes conditionnels artificiels de la glande salivaire (en russe). Thèse de Saint- Pétersboui^g, 1907.

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les phénomènes observés sont régis par des lois, les lois de l'inhibition, où n'intervient pas le caractère utilitaire des réactions. Je reviendrai plus loin sur ce point.

De ce qui précède, il ressort qae les réflexes conditionnels sont le résultat de mécanismes très subtils, très délicats, et que la tendance de l'organisme à former un nombre illimité de nouvelles réactions se trouve réprimée constamment. Déjà il apparaît que des activités psychiques supérieures peuvent être ramenées à des lois strictement déterminées.

« La physiologie du système nerveux, dit Orbéli, prend actuellement en considération deux état*s fondamentaux du tissu nerveux, à savoir : l'excitation et l'inhibition ; ces deux états suffisent amplement pour interpréter toute la complexité des phénomènes susdécrits. » A ce point de vue, les faits découverts par Zay^sky sont particulièrement intéressants. Une analyse soignée des variations des réflexes conditionnels montre finalement : « l'inertie du tissu nerveux, la mécanicité absolue de toute son activité, l'importance extrême de l'intensité relative des excitations qui agissent sur l'organisme. » Telle est la conclusion du mémoire d'Orbéli. Or, les réflexes conditionnels seraient fonction de l'écorce des hémisphères cérébraux d'après les travaux de Tikhomirov (1906), Makovsky (1908), Orbéli, ToropoY et Demidov (1909) : ces auteurs ont réussi en supprimant diverses régions de l'écorce cérébrale à rendre impossible la formation des réflexes conditionnels.

Les conclusions mécanistes d'Orbéli, comme nous

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le verrons, semblent contraster avec les considérations finalistes de Pavlov. Mais avant d'aborder la discussion à ce sujet, il nous faut savoir si 1' « excitation », la « reviviscence », V « inhibition » portent également sur les divers éléments rassemblés par le mécanisme de la mémoire associative. J'en arrive à l'examen des expériences propres de Zéliony.et d'Orbéli. ^ . f «^rl»^^^-

Zéliony^ pratique chez ses chiens une fistule de la glande parotide (canal de Sténon) ; les gouttes de -+• salive qui s'en échappent tombent sur la palette d'un levier, aussi peuvent-elles être enregistrées ; de plus elles tombent finalement dans une éprouvette graduée, ce qui permet de mesurer très exactement la ' quantité de salive sécrétée dans un temps donné. Zéliony cherche à associer l'excitation gustative, provoquée par exemple par de la poudre de viande placée sur la langue, avec des excitations acoustiques diverses (harmonium, trompette, sifflet, métronome...). Il y "jh' réussit souvent au bout de 20 à 40 expériences, et, une fois créé, le réflexe formé peut se conserver deux mois environ. 'îiM.4*.'-i>***y^

Ce qu'il y a de très remarquable, c'es't qu'en modifiant très légèrement la hauteur ou le timbre du son dont on s'est servi pour créer le réflexe, celui-ci cesse de se produire ou est troublé considérablement. Vienton, par exemple, à diminuer d'un quart de ton la hau-

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