‹ La nouvelle psychologie animaleChapitre 23 sur 40 · E.-E. VouuTSEL. Recherches inédites · texte numérisé non relu

E.-E. VouuTSEL. Recherches inédites

4. S. -G. Voui.FsoN. Fonctionnement des glandes salivaires (en russe). Thèse de Saint-Pétersbourg , 1898.

a. B.-P. Babkine. Essai d'une étude systématique des phénomènes nerveux complexes chez le chien (en russe), Thèse, 1904.

l'activité psychique des vertébrés 143

Les observations des élèves de Pavlov offrent le grand intérêt de montrer, d'une façon précise, qu'il y a une semblable extinction des phénomènes psychiques complexes qui ont leur siège dans Técorce cérébrale des animaux supérieurs. Supposons qu'un chien ait appris à saliver à la vue d'un certain phénomène du milieu extérieur ; si la mise en scène des expériences successives ne varie pas, on observera l'extinc. tion progressive du réflexe conditionnel. Babkine, en particulier, a beaucoup insisté sur ce fait, qui aurait une très grande importance. L'extinction d'une réaction faciliterait la genèse de nouvelles réactions ; mais souvent l'extinction peut être suivie de reviviscence.

Si, chez les animaux, la répétition de l'excitation entraine l'extinction de la réaction correspondante, chez Ihomme, la répétition de l'excitation conduit à la suppression de la sensation produite. « Nous ne connaissons bien, dit Ebbin^haus, que ce qui est en train de se faire et varie, et non ce qui est en état et constant. Ainsi le fond de l'œil est une sorte de plaque photographique très sensible ; mais il n'est pas fait pour prendre des poses de longue durée. Si l'on voulait lui faire fixer des heures durant les mêmes objets, comme on fait pour photographier des étoiles de 12^ et 14'' grandeur, il ne verrait plus rien, ou plutôt ne distinguerait plus rien. De même si des contacts, des positions des membres, des températures, pourvu qu'elles ne soient pas extrêmes, des odeurs, des bruits, se répètent ou se prolongent, nous cessons tout à fait de les percevoir. Par contre, ce qui apporte un chan-

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gement, ce qui est neuf, parvient presque toujours avec une intensité particulière à notre conscience. »

Ebbinghaus, qui, dans son Précis de psychologie, récemmeût traduit en français S insiste sur ces faits d'extinction de sensations, parle d' « adaptation » et fait appel aux explications finalistes. « C'est là, dit-il, évidemment, une organisation fort utile à l'organisme et à l'âme dans la lutte. Car ce qui dans la lutte est dangereux, ce sont les surprises. »

Je tiens à protester contre cette interprétation, d'autant plus que le célèbre professeur de l'université de Halle est considéré comme l'un de ceux qui ont porté la psychologie sur le terrain scientifique.

Dans un récent mémoire % j'ai montré que cette prétendue adaptation conduit souvent les animaux à la mort. Je concluais qu'où est en général beaucoup trop préoccupé de la « valeur adaptative » des réactions ; on perd ainsi beaucoup de temps, on arrive le plus souvent à des résultats illusoires. Il serait beaucoup plus sage de chercher à pénétrer dans le mécanisme des actes. Pendant longtemps encore nous aurons beaucoup de peine à nous dégager des idées qui ont été imposées à l'esprit des biologistes de la génération d'hier par le triomphe de la théorie de la sélection naturelle. Les explications tirées de cette théorie sont d'un emploi commode ; ce n'est pas une raison pour s'en servir. Les biologistes feront toujours une meil-

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