Paris, F. Alcan
l'activité psychique des vertébrés 169
élèves. Pavlov considère comme mauvaises les méthodes par lesquelles on cherche à étudier l'activité du cerveau au moyeu des réactions motrices ; ces méthodes, selon lui, ne peuvent pas être suffisamment précises.
Le professeur Bechterew, auteur du livre : l'Activité psychique et la vie, n'est pas du même avis. Lui aussi aurait été longtemps à comprendre la portée des expériences de l'école de Pavlov ; finalement il en aurait fait en quelque sorte une transposition dans un autre domaine : il a cherché à créer des associations cérébrales qui, au lieu de se manifester par des réactions salivaires, se manifestent par des réactions motrices. Voici quelle aurait été Tune de ses expériences. On excite par l'électricité la patte postérieure d'un animal et on détermine le retrait du membre; on associe à la décharge électrique une excitation optique ou acoustique déterminée (par exemple, projection d'un faisceau de lumière colorée). Au bout d'un certain temps, cette excitation suffit pour déterminer le retrait du membre. Il paraît que l'expérience réussirait même avec l'homme, qui s'applique à résister !
Je crois qu'il serait intéressant d'étendre aux muscles les résultats trouvés pour les glandes, même si ces dernières expériences ne se prêtaient pas à la précision des premières.
Orbéli d'ailleurs a déjà constaté des phénomènes intéressants du côté du système moteur du chien. La formation du réflexe salivaire est accompagnée d'une réaction motrice dite positive. Banzaï a les yeux fixés sans cesse sur l'écran et dès que la lettre T y apparaît.
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il se met à bondir, à s'élancer sur l'écran, à reporter^ les yeux de l'écran sur l'opérateur et vice versa, à frétiller de la queue. Cette réaction motrice a lieu dans tous les cas où se montre la figure habituelle, sans exception aucune. Au début, les figures insolites provoquent la même réaction motrice, mais bientôt elles ne tardent pas à faire naître une réaction motrice nouvelle : le chien fait un bond au moment de l'apparition de la figure, s'élance vers l'écran, mais, au bout de 40 à 12 secondes, il recule en poussant des cris plaintifs, et, après cela, il regarde l'écran avec un calme parfait.
Souhaitons que, malgré Pavlov, ses élèves ne restent pas confinés dans un domaine trop étroit. Etudier les réactions motrices par des méthodes objectives est le meilleur moyen de porter atteinte à la faculté de « volonté » des philosophes d'antan.
A la méthode de Pavlov, on a rattaché la méthode deVeraguth^ Il s'agit du réflexe psycho-galvanique. On place le corps du sujet en expérience dans le circuit d'un galvanomètre ; quand une excitation est perçue, l'aiguille de l'appareil dévie : il s'est donc produit un changement d'intensité du courant électrique qui traverse le corps. On pique un chat : l'aiguille dévie ; donc l'animal a senti la piqûre ; quand il est anesthésié, il ne se produit pas dans les mêmes con-