Journal de tsycholofji p
laires sont les mêmes : 1° Il y a une salivation des plus abondantes. Des jets de salive accompagnent les jets de sperme; dans les intervalles, il y aune polypnée thermique notable. La vue seule de la femelle suffit pour provoquer chez le mâle une sécrétion salivaire extrême. 2° Il y a également une sécrétion du suc gastrique. C'est là un fait moins connu, parce qu'il n'est pas spontanément visible. Dans des conditions particulières, on peut obtenir eu trois minutes 6 centimètres cubes de suc gastrique acide. 3'' Enfin la sécrétion rénale est augmentée d'au moins un tiers (9,5 cm' en cinq minutes, au lieu de 6 centimètres cubes).
Pendant la colère, on obtient des effets analogues. Le chien sécrète une salive abondante pendant tout le temps que dure l'expérience ; la salivation se chiffre par 10-15 centimètres cubes en 5 minutes. La sécrétion rénale est très notablement accrue (13,5 cm^ au lieu de 6 centimètres cubes).
Ces faits ne doivent pas étonner le physiologiste. L'ébranlement massif, causé par l'émotion, doit déterminer une réponse globale, polyglandulaire et aussi polymusculaire. Les expériences de Dumas et Malloizel nous montrent très nettement la diffusion dans l'organisme de l'énergie émotionnelle et les réactions organiques synergiques qu'elle provoque.
Dumas fait remarquer que les explications de l'expression musculaire ont été plus gênées que favorisées par les théories darwiniennes de l'adaptation et de la sélection naturelle : « Sous l'influence de ces théories, dit-il, on est parti du principe que la plupart des expressions musculaires devaient s'expliquer par la
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sélection, c'est-à-dire par l'utilité immédiate ou ancestrale, et l'oa s'est borné à ranger sous le principe de l'action directe du système nerveux tous les faits qui résistent à l'explication sélectionniste. Nous voudrions au contraire vérifier directement cette loi de l'action directe du système nerveux que Sgencer appelle la loi de la décharge difïuse et ne recourir aux explications hypothétiques de la sélection naturelle que lorsque l'explication bio-mécanique ne donnera plus rien. »
C'est ce que Dumas a précisément fait pour l'expression musculaire dans son livre : le Sourire; c'est ce qu'il fait encore, avec Malloizel, pour l'expression glandulaire.
Les faits trouvés par lui ne sauraient d'ailleurs contredire ceux mis en évidence par les élèves de Pavlov. Etudier la « mémoire associative » et étudier les «émotions », c'est étudier deux choses un peu différentes, au point de vue même des conceptions énergétiques. Ce qui frappe dans beaucoup de phénomènes dénommés émotions, c'est que l'organisme est le siège d'un excès d'énergie, qui doit être dépensé. Il semble que cette énergie s'écoule, à travers tout l'organisme, — et jusque dans le réseau nerveux du grand sympathique qui recouvre tous les organes, — en des flots impétueux. La mémoire associative semble, au con- ^ traire, canaliser suivant certaines voies déterminées le trop peu d'énergie dont dispose l'animal, comme pour éviter les pertes inutiles. On a imaginé tout un système de digues et de ponts pour empêcher l'irradiation des excitations nerveuses, et on a supposé
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que, dans les émotions, toutes ces barrières cédaient devant l'envahissement subit de l'énergie nerveuse, eu entraînant la suppression momentanée des adaptations.
Bien entendu, il ne faut pas accorder trop d'importance à ces métaphores littéraires.
La collaboratrice de Féré, M""^ Marie Jaëll, dans ses expériences, avait été préoccupée de la valeur énergétique des sons musicaux, en dehors de leur valeur associative.
Ch. Féré, sujet « musicalement sourd », comme il a été dit plus haut, devait soulever un poids de 3 kilos avec le médius droit, et cela un certain nombre de lois de suite, jusqu'à l'épuisement. Sous l'influence de certaines excitations sonores, le poids lui paraissait léger, et il pouvait le soulever un grand nombre de fois de suite sans fatigue ; pour d'autres excitations sonores, c'était le contraire. La main semblait en quelque sorte « peser » les sons, les discerner, alors que le cerveau en semblait incapable.
Les pesées musicales effectuées sur Féré par M"" Jaëll ont montré que les intervalles consonants (octave, quinte, tierce) augmentent l'énergie musculaire, alors que les intervalles dissonants la diminuent. L'exemple suivant est très frappant : sous l'influence de la quinte (la-mi), Féré a pu effectuer (en 16 épreuves) 850 soulèvements ; soit l'élévation de 1 kilo à 1 12 mètres de hauteur; sous celle de la quinte
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diminuée {la-mi i)), il u'a pu effectuer que oO soulèvements, soit l'élévation de i kilo à 7 mètres de hauteur.
Comme on le voit, les contrastes des « pesées musicales » sont considérables. « Une différence d'un demi-ton fait qu'un homme fort est rendu faible. »
L'influence excitatrice ou iuhibitrice delà musique est d'ailleurs connue de longue date. On sait qu' « à côté des marches funèbres destinées à accompagner la dépression, les émotions douloureuses et la démarche lente, il y a de la musique joyeuse qui fait lever allègrement les pieds dans les danses qu'on n'imagine guère sans musique ».
De plus, au sujet de l'influence dynamogène des intervalles musicaux, il y a lieu de tenir compte de leur mode de succession.
Ainsi, en faisant alterner la seconde majeure (la-si) et la seconde mineure (la-si r^), on a obtenu les travaux suivants (évalués en kilogrammètres) :
Seconde majeure. Seconde mineure.
Série 1 19 kgm. 3 Série 2 1,4
D'autre part, nous avons va l'influence si dépressive de la quinte diminuée (triton la-mi [?) ; eh bien, après 3:2 épreuves faites avec la quarte (la-ré), la quinte diminuée a permis dans l'espace de o minutes (1 seule série) un travail de 44 kilogrammètres (260 soulèvements).
Eûfin, il faut tenir compte de l'état de repos ou de
fatigue du sujet. Tel accord fa mineur d'une sonate de Beethoven s'est montré déprimant dans le premier cas et excitant dans le second.
Toutes ces expériences sont racontées au long dans le livre de Féré : Travail et Plaisir^. Il est intéressant de les comparer~avec celles des élèves de Pavlov. On y retrouve certaines lois des contrastes applicables aux animaux. Mais, comme ces expériences n'ont été faites que sur un seul sujet, il est difficile de préciser quelle peut être la part de l'éducation individuelle.
Dans son livre, Féré parle des cas où celle-ci intervient manifestement. « Il y a, dit-il, à l'égard des conditions favorisant les manifestations de l'intelligence, de l'art, de la science, des rariclés individuelles infinies que quelques-uns savent merveilleusement mettre à profit. Tel s'excite au travail par des frottements, un grattage d'une région déterminée de la peau ,des tiraillements des poils de la barbe et des cheveux 5 tel autre par la vue d'un objet brillant, comme Haydn qui considérait un diamant ; tel autre par telle couleur ; tel autre par tel morceau de musique; tel autre par des odeurs, comme Schiller, qui conservait des pommes pourries dans le tiroir de sa table... »
Dans les recherches relatives à la psychologie des animaux supérieurs, il est facile de s'écarter de la rigueur expérimentale que Pavlov a imposée à ses