‹ La nouvelle psychologie animaleChapitre 34 sur 40 · MÉTHODE DE L'IMITATION · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE L'IMITATION

Cette méthode ne s'applique qu'à de rares animaux, et jusqu'ici elle n'a donné que peu de résultats. Il faudrait opérer avec beaucoup de précision et éviter les erreurs d'interprétation. Presque toutes les observations anciennes laissent à désirer : les processus d'imitation n'ayant pas été soigneusement distingués des processus ordinaires d'association.

Je signalerai simplement ici les travaux les plus récents et venant d'auteurs habitués à l'analyse expérimentale des actes des animaux^. ,/s ^'^^ ?

Ces travaux ne portent que sur des maminiières ; il faut noter que souvent, même avec ces animaux, on n'a obtenu que des résultats négatifs ; ainsi le raton laveur, qui est considéré comme ayant une intelligence très élevée, n'a jamais laissé voir à Cole qu'il puisse imiter son semblable.

Scott Berry a obtenu des résultats positifs parce

1. C.Scott Beuuy. The.imitalivc Icndency of whitc rats, JoMcn. of compar. Neurology a. Psychology, i9(i6.

Berry. An experimcnLal stiidy of imitation in cats, idem, 1908.

J.-B. Watson. Imitation in monkeys, Psychol. Bulletin, 1908.

Haggerty. Imitation in monkeys, Journ. of compar. Neurology a. Psyc/wloyy, 1909.

qu'il a choisi couvenablement ses animaux et qu'il n'a pas demandé à ceux-ci plus qu'ils ne pouvaient donner. Il y a des actes qui sont contraires aux habitudes de l'organisme, et qu'il ne faut pas chercher à obtenir. Un rat peut monter à une échelle, pousser une porte, tirer sur une corde... Berry a appris à un rat à effectuer un de ces actes, puis l'a placé dans la même cage qu'un autre, pour inciter celui-ci à imiter les mouvements de son compagnon. En général, au début de l'expérience, les deux animaux montrent une indifiérence complète l'un pour l'autre; mais dès que l'un s'aperçoit que son compagnon connaît le moyen de s'échapper, il prête attention à tous ses mouvements et cherche à les imiter. Pour Berry, il y a plus qu'une imitation automatique, instinctive ; l'animal serait conscient du but à atteindre; l'imitation serait « volontaire «.

Il en serait de même chez le chat. Il paraît même qu'un jeune chat ne sait pas spontanément, « instinctivement » faire la chasse à la souris : il apprendrait à attraper et à manger les souris en imitant les animaux adultes.

Au contraire, en ce qui concerne les singes, l'imitation ne jouerait qu'un rôle peu important dans le développement de leur vie mentale, du moins d'après Watson. Les sujets observés par cet auteur ont été un cynocéphale, un cébus et deux macaques; on ^ ' leur demandait d'atteindre un fruit avec un bâton, une fourche, un râteau. Jamais ils ne se sont imités entre eux; jamais ils n'ont imité l'expérimentateur. L'opinion de Watson est d'accord avec

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l'activité psychique des vertébrés 187

celle de Thorndike, mais pas avec celle de Hobhouse. Haggerty, pour essayer de trancher le différend, a fait de nombreuses expériences sur des cébus et des macaques, qui sont consignées dans un volumineux mémoire qui vient de paraître. Un singe qui savait manier un certain mécanisme était chargé de l'enseigner à un autre singe, qui n'avait pas su apprendre spontanément. Certains individus ont fait preuve d'une imitation parfaite ; chez d'autres, l'imitation n'a été que partielle ; enfin deux singes se sont montrés rebelles à toute éducation. Pour Haggerty, il y aurait lieu de distinguer divers degrés dans l'imitation : P l'animal ne fait que suivre des yeux son compagnon ; 2- il le suit jusqu'à un endroit déterminé ; 3" il essaie de faire marcher le même mécanisme, mais le fait d'une façon quelconque ; 4" il imite dans tous les détails la série des mouvements de l'autre animal. Il paraîtrait que, dans le cas de l'imitation parfaite, l'acte est déterminé par la conscience du but à atteindre.

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