‹ La nouvelle psychologie animaleChapitre 35 sur 40 · DRESSAGE · texte numérisé non relu

DRESSAGE

On voit à quels résultats incertains et contradictoires on est arrivé avec la méthode de l'imitation : une autre méthode synthétique, celle du dressage, se montre encore plus imparfaite. Quand on veut dresser un animal, on ne considère que le but à atteindre, et tous les moyens pour y arriver sont déclarés bons ; on peut faire appel aux facultés psychiques les plus variées : association, imitation, attention, etc. ; très souvent, il est difficile de préciser.

Lubbock est l'un des premiers parmi les psychologues qui aient employé la méthode de dressage. Les expériences faites avec son chien Van sont bien connues '. Il avait dressé celui-ci à apporter des cartons sur lesquels étaient imprimés les mots: «food » (nourriture), «tea» (thé), «bone» (os), «water» (eau), «ont» (dehors) ; on le récompensait en lui donnant de la nourriture ou le laissant sortir. « Lorsque je lui demandais, dit Lubbock, s'il voulait sortir pour se promener, il allait avec plaisir saisir, dans le tas, le carton où se trouvait le mot « out », le choisissant au

1. Lubbock. Les Seuà- et l'Instinct chez les animaux. Bibliothèque scientifique internationale, Alcan, 1891.

l'activité psychique des vertébbés 189

milieu de beaucoup d'autres, me le rapportant, ou le portant triomphalement en courant vers la porte ».

Pour Lubbock, manifestement le chien établissait une liaison entre le mot et l'objet, et il y avait là plus qu'une simple association de sensations. «Un jour qu'il paraissait souffrant, jeus à déjeuner un ami qui tenait à lui voir rapporter ses cartons. Je le pressai donc de me les rapporter et je fus surpris de lui voir prendre successivement trois cartes qui n'avaient pas de signification pour lui, portant imprimés les mots « ham )) (jambon), « bag » (sac) et «brush » (brosse). Je lui dis d'un ton de reproche : Oh, Van ! apporte « food » ou « tea ». Il me regarda, alla tout doucement et me rapporta le carton avec le mot «tea». Mais lorsque je lui donnai du thé comme d'habitude, il n'y toucha pas. »

On voit que Lubbock se servait de ce qu'on appelle la «persuasion».

Hachet-Souplet, il y a environ dix ans, a repris les e.xpériences de Lubbock, les a étendues à d'autres espèces d'animaux, et est arrivé à considérer le dressage comme « la pierre de touche de la psychologie animale»*.

« Quand, dit-il, vous apprenez un exercice quelconque à un animal supérieur, par exemple à un chien, au moyen de la persuasion, c'est-à-dire en lui faisant comprendre ce qu'il doit faire, vous ne tardez pas à constater que ses mouvements, d'abord conscients, fréquemment répétés, tendent à devenir automatiques.

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