CL
■ uj i ;-
Orand vestibule.
Galerie des^Sciences.
— des Lettres.
rf.
— Centrale.
Sorbonne.
— Saint-Jacques.
ff-
— Gerson.
— Claude-Bernard.
— J.-B. •Dumas.
Grand amphithéâtre.
Escalier d'honneur.
Salle des Autorités.
Cabinet dulRecteur.
Bureaux de l'Académie.
FF. Amphithéâtres ^ Enseignement
libre.
Secrétariat des Sciences.
— — Lettres.
Physique.
Amphithéâtre de Physique.
Chimie générale.
— minérale.
— organique.
Laboratoire d'Enseignement.
Amphithéâtre de Chimie.
Minéralogie.
Géologie.
Amphithéâtre de Géologie.
Physiologie.
Amphithéâtre de Physiologie.
Amphithéâtres des Lettres.
Vestibule central.
Salles Examens Sciences.
— — Lettres.
École des Chartes.
Tour de l'Astronomie.
fl
— de la Physique.
ats i.co?ei
4 LA NOUVELLE SORBONN'E.
ment libre, les deux secrétariats des Facultés des sciences et des lettres; en un mot tous les services, pour ainsi dire publics, et provoquant une circulation constante dans les vestibules et galeries.
Les bâtiments entourant la grande cour d'honneur semblaient devoir par tradition, et pour ne pas perdre le caractère de grandeur de cette partie de l'édifice, être attribués plus particulièrement àla Faculté de théologie (École des chartes), à la Faculté des lettres et aux services de la bibliothèque de l'Université et de la bibliothèque Victor Cousin ; enfin, à la Faculté des sciences revenaient naturellement, dans les terrains bordant la rue Saint-Jacques élargie et s'étendant au Sud jusque vers la rue Cujas, les espaces considérables qui lui étaient nécessaires.
Les projets devaient être remis le P'' décembre 1882. Le jury fut composé de MM. Alphand, président, Dumont, Gréard, vice-présidents, Vaudremer, secrétaire, des représentants du Ministère de l'Instruction publique, du Conseil municipal, de la Préfecture de la Seine, de professeurs des Facultés : MM. Léon Renier, Milne Edwards, Himly, auxquels les concurrents avaient adjoint par leurs votes MM. Coquart, Brune, Diet, Garnier, Ancelet, Ginain.
Dix primes pouvaient être attribuées aux concurrents et, après plusieurs séanc&s d'examens et de discussions, les dix premiers projets étaient classés dans l'ordre suivant : MM.
\. Nénot, 2. Larche, 3. Albert Ballu, -4. Formigé, o. Galeron et Yaudoyer, 6. Mariaud, 7. Caisel, 8. Breasson et Camut, 9. Lheureux, 10. Hermant père et fils.
M. Alphand, qui présidait le jury, faisait, parait-il, quelques difficultés pour confier l'exécution d'un monument si important (le devis s'élevait à 21 875 000 francs) à un si jeune architecte (le premier lauréat n'ayant alors que 29 ans). Les architectes présents, et notamment M. Garnier, qui, s'était trouvé dans un cas analogue, lors du concours de l'Opéra, insistèrent vivement en faveur de leur jeune confrère, qui, au commencement de la même année, avait obtenu le premier prix dans un concours international pour l'exécution à Rome d'un monument à Yictor-Emmanuel. Or la presse française avait reproché vivement au gouvernement italien de ne- pas confier l'exécution au 1" prix, quoiqu'il y eût dans le programme de ce concours la même phrase que dans celui de la Sorbonne : « Le Gouvernement ne s'engage nullement à confier l'exécution du monument à l'artiste désigné en première ligne par le jury. »
M. Nénot étant chargé de l'exécution, les travaux furent partagés en trois séries :
1° L'administration académique, mie partie de la Faculté des lettres, une partie de la Faculté des sciences ;
2° La Faculté des sciences;
3" Les compléments de la Faculté des lettres et de la Faculté des sciences, l'École des chartes, la Bibliothèque de l'Université, l'École des hautes études.
La première partie s'élèverait au nord sur le terrain de la rue des Écoles jusqu'aux anciens bâtiments; seraient installés dans' les nouvelles constructions les services de l'administration académi((ue comprenant : un grand vestibule, des escaliers d'honneur, un grand amphithéâtre de 3 000 personnes, une salle pour la réunion du Conseil académique, des salles de commissions, les bureaux de l'Académie, l'appartement du recteur, un logement pour le secrétaire, une salle pour les archives, les salles de composition de l'Académie de Paris, et les deux amphithéâtres de l'enseignement libre.
2" Une partie des services de la Faculté des lettres comprenant : le secrétariat et l'administration, les salles d'études et de conférences, une grande salle de composition.
> Une partie des services de la Faculté des sciences, comprenant : le secrétariat et l'administration, quelques salles du service de la zoologie, une grande salle de composition.
Les fouilles de cette première série furent commencées en novembre 1884; en avril 1885, on jetait les fondations, et le 5 août, jour de la distribution des prix du concours général, on posait la première pierre, celle-là définitive; une grande tente provisoire avait été dressée sur les fondations mômes du futur grand amphithéâtre. En 1889 les travaux étaient achevés.
La façade principale, qui s'élève sur la rue des Écoles, se compose d'un motif central en saillie sur les ailes, comprenant un rez-de-chaussée avec cinq arcades au centre et deux grandes portes à tambours ; un premier étage avec sept grandes fenêtres à meneaux encadrées par des colonnes corinthiennes engagées dans le mur, le tout surmonté d'un attique décoré de huit statues placées au dessus des colonnes et représentant, en venant de la rue Saint-Jacques :
La Chimie, par Injalbert; les Sciences naturelles, parCarlier; la Physique, par Lefeuvre; les Mathématiques, par Suchetet; l'Histoire, par Cordonnier; la Géographie, par Marqueste; la Philosophie, par Longepied (1); l'Archéologie, par Paris.
Les deux travées des extrémités de ce motif central sont couronnées par des frontons avec sculptures représentant : celui de droite, les Lettres, par Chapu; celui de gauche, les Sciences, par Mercié. Cette division des motifs de sculpture (à droite les Lettres, à gauche les Sciences), qui se retrouve dans les accès du grand vestibule et des escaliers d'honneur, répond à la distribution générale de l'édifice. A droite du grand vestibule, la galerie des Lettres conduisant aux services de la Faculté des lettres; à gauche, la galerie des Sciences qui doit conduire aux services de la Faculté des sciences.
Chacune des ailes de la façade se compose d'un soubassement, d'un rez-de-chaussée, d'un premier et deuxième étages, et d'un troisième étage avec lucarnes en pierre. Le rez-de-chaussée du motif principal correspond comme hauteur au soubassement et au rez-de-chaussée des ailes, et le 1" étage avec colonnes aux 1" et 2" étages des ailes. Les façades latérales, sur les rues Sorbonne et Saint-Jacques, régnent sur la hauteur d'étage des ailes; elles se composent d'un pavillon d'angle avec colonnes corinthiennes semblables à celles du motif principal; chaque pavillon est couronné d'une grande lucarne avec fronton sculpté portant les écussons de la Ville de Paris.
Ces pavillons se répéteront symétriquement dans la 3^ partie, après les ailes actuellement construites et légèrement en retraite sur les pavillons.
De grandes toitures à la française terminées, sur la rue des Écoles seulement, par des crêtes en plomb, surmontent ces bâtiments; elles sont percées de nombreuses lucarnes en fonte donnant jour à des logements d'employés et de garçons de bureau.
Le grand vestibule s'ouvre sur la rue des Écoles ; il occupe tout le rez-de- chaussée du motif central ; les grandes arcades du milieu ne s'ouvrent que les jours de cérémonies, les portes à tambours servent seules d'entrées journalières. Ce vestibule s'étend parallèlement à la façade sur une longueur de 45 mètres ; sa
(1) La statue de la Philosophie avait été d'abord commandée au sculpteur Hiolle qui mourut avant de pouvoir faire son esquisse; le pauvre Longepied, qui reprit ce travail, avait à peme achevé sa statue qu'à son tour il mourait.
largeur est de 10 mètres. La voûte du grand vestibule estun grand berceau en anse de panier sans arrêt à la hauteur des ceintres, avec doubleaux et pénétrations. A chaque extrémité, les loges de concierge sont installées dans le soubassement ; et au-dessus deux grandes baies s'ouvrent : celle de droite donnant sur l'antichambre des bureaux du recteur de l'Académie, celle de gauche sur le vestibule des amphithéâtres de l'enseignement libre. Le fond du vestibule entre les galeries des Sciences et des
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Giaud Vestibule sur la rue des Écoles.
Lettres est percé de cinq arcades correspondant à celles de la façade ; les deux arcades extrêmes sont fermées par des balustrades avec piédestaux supportant à droite la statue d'Homère, par Delaplanche; à gauche celle d'Archimède, par Falguiêre.
Les trois arcades du centre donnent accès par un grand emmarchement à une petite galerie parallèle au vestibule. Trois grandes portes en fer forgé et bronze ferment les arcades qui donnent de cette galerie dans les grands escaliers d'honneur.
Au fond, en face de l'arcade centrale, se trouve la porte princicipale (également en fer forgé et bronze) du grand amphithéâtre.
auquel on accède aussi par des entrées secondaires situées dans les galeries latérales des Lettres et des Sciences.
Ce grand amphithéâtre se compose, comme l'indique le plan ci-contre : 1° d'une partie principale demi-circulaire au centre de laquelle se trouve un parterre légèrement incliné, entouré de gradins en amphithéâtre; 2'^ dans le fond, d'un hémicycle plus petit de forme elliptique, contenant les gradins de l'estrade d'honneur; 3° sur le pourtour, de cinq grandes niches divisées en deux étages et formant ainsi dix tribunes avec gradins en amphithéâtre.
Dans le plan du concours, une galerie avec colonnes entourait la salle; les spectateurs placés derrière ces colonnes, quelle que fût la finesse du galbe corinthien, ne les auraient sans doute considérées que comme des obstacles gênant lesvuessur l'hémicycle. Au moyen de la disposition de ces tribunes rayonnantes, les spectateurs sont
tous également bien placés; tous sans exception peuvent voir la fresque de Puvis de Ghavannes qui décore le fond de l'hémicycle et dont la description a été ainsi composée par l'artiste lui-même:
« Dans la clairière d'un bois sacré, au centre, sur un bloc de marbre est assise une figure symbolique de la SoRBONXE. A ses côtés, deux génies porteurs de palmes et de couronnes, hommage aux vivants et aux morts glorieux. Debout, I'Élo- QUEXCE célébrant les conquêtes de l'esprit humain. Autour d'elle les figures diverses de la Poésie. Durocher où le groupe est assemblé s'écoule la source vivifiante : la jeunesse s'y abreuve avidement, la vieillesse aux mains tremblantes y fait remplir sa coupe. «A gauche, la PfliLosopniE et I'Histoire : la Puilosopqie représentée par la lutte du Spiritualisme et du Matérialisme en face de la Mort : l'un confessant sa foi dans un élan d'ardente aspiration, l'autre démontrant sa pensée par l'étude de la fleur, image des
Plan du Grand Amphithéâtre.
Tracé de la courbe des gradins.
transformations successives de la matière; I'Histoire interrogeant les antiques débris du passé exhumé sous ses yeux.
« A droite, la Science : la Mer et la Terre qui lui offrent leurs richesses; la Botanique avec sa gerbes de plantes; la Géologie appuyée sur un fossile; les deux génies de la Physiologie tenant l'un un flacon, l'autre un scalpel ; la Physique entr'ouvrant ses voiles devant un essaim de jeunes gens qui se vouent ii son culte en lui offrant comme prémices de leurs travaux la flamme de l'électricité; à l'ombre d'un bosquet, la Géométrie figurée par un groupe absorbé dans la recherche d'un problème. »
Lors des études préliminaires, un de nos illustres maîtres, M. Questel, en voyant l'énorme superficie réservée à cette fresque dont l'auteur n'était pas encore désigné, se demandait s'il était bien prudent de donner à une peinture une telle importance; car disait-il, est-on bien siir que l'artiste saura rentrer dans l'harmonie générale? Il ajoutait que, si la peinture était réussie, la prédominance qu'elle prendrait emporterait tout le succès; dans le cas contraire, l'insuccès de l'ensemble retomberait sur l'architecte seul. Ne serait-il pas plus prudent, concluait-il, de fractionner par des motifs d'architecture cette grande bande horizontale, afin que, si la peinture, par ses tons trop accusés, semblait trouer le mur, la coupole de l'hémicycle eût encore l'apparence d'être soutenue? M. Puvis de Chavannes sut éviter cet écueil et, au milieu de la pierre blanche, cette poétique composition est bien la fresque qu'on pouvait désirer pour un mur portant coupole.
Les pylônes entre les doubleauxdes grandes niches sont décorés de petites niches rectangulaires, avec colonnettes et frontons, dans lesquelles sont assis les grands ancêtres : Robert Sorbon, par Crauk; Descartes, par Coutan; Lavoisier, par Dalou; Rollin, par Chaplain; Pascal, par Barrias; Richelieu, parLanson.
Après discussion pour savoir si ces statues devaient être assises ou debout, on se décida pour les fauteuils, trouvant que, lorsque 3 000 auditeurs sont installés sur des banquettes, il eût paru choquant de laisser debout les maîtres disparus.
Dans la coupole autour du plafond lumineux, qui après de 150m. de superficie, cinq grands modillons peints par Galland, représentent le Droit, la Médecine, les Sciences, les Lettres, la Théologie.
Ce grand amphithéâtre a -40 mètres de largeur du fond d'une tribune à l'autre et 35 mètres de profondeur. Le cube total de la salle est de 13 600 mètres cubes. Elle peut contenir environ 3 000 personnes, dont 1800 sur les gradins de l'amphithéâtre et 1 200 dans les dix tribunes.
Sorlant clup:rand amphithéâtre parla porte principale qui vient d'y donner accès, on se retrouve au départ des escaliers d'honneur. Ces escaliers se composent de deux escaliers à la française, symétriques, avec deux grandes niclies à rez-de-cJiaussée, remplaçant
Escaliers d'honneur (rez-de-chaussée) .
les murs d'échiffre. Chaque escalier se développe en trois révolutions de 2'", 60 d'emmarchement, formant de chaque côté deux paliers intermédiaires, sur les premiers desquels s'ouvrent deux portes secondaires donnant accès à la partie élevée des gradins de palier dans l'amphithéâtre. Ces escaliers sont réunis au premier
LA ^'OUVELLE SORBOXNE.
étage par un vaste palier dans lequel on a ménagé une ouverture ovale donnant de la clarté au-dessous et de la légèreté à l'ensemble. Les rampes sont en fer forgé et cuivre ciselé; aucun montant vertical n"est apparent ; des écussons aux armes de Sorbonne et des villes de France ayant Université, les recouvrant alternativement. Les motifs couronnant les départs des rampes sont une spbère céleste. On a d'abord vu à cette place uu grand vase, puis un plus petit; c'était trop ou trop peu; il fallait un objet qui
Escaliers d'honneur (1" étage).
présentât beaucoup de volume sous un aspect léger. En art comme dans le reste c'est à la simplicité qu'on arrive en dernier lieu.
Au premier étage, la cage de chaque escalier forme un atrium entouré de colonnes corinthiennes et fermé par un plafond vitré. Des galeries entourent à cet étage les escaliers d'honneur. La partie de droite est consacrée aux lettres; sur les murs se développent neuf panneaux peints par Flameng et représentant :
1° Saint Louis remettant à Robert de Sorbon la charte de fondation de la Sorbonne.
2'^ Abélard et son école sur la Montagne Sainte-Geneviève.
3° Le Prieur Jean Heynlin et le bibliothécaire Guillaume Fichet installant dans les caves de la Sorbonne la première imprimerie qui ait été établie en France.
li LA NOUVELLE SORBONNE.
i° Etienne Dolet, Jacques Amj^ot, Ronsard, Clément Marot, Rabelais, Ranms, La Boétie, Brantôme, Budé, L'Estoile, Montaigne.
5" Le V mai 1635, le cardinal de Richelieu pose la première pierre de l'église de la Sorbonne en présence de l'architecte Lemercier.
6° Le 1" février 1595, veille de la fête de la Purification, le recteur Galland, accompagné des doj^ens des Facultés, étant allé, selon la coutume, offrir un cierge à Henri IV, le Prince annonce àla députation son dessein de réformer l'Université.
7° Les moralistes de la cour de Louis XIV : Larochefoucauld.
8° Rollin, principal du collège de Beauvais (à Paris).
9'' Edgar Quinet, Villemain, Guizot, Michelet, Cousin, Renan.
Sur la partie de gauche, qui est consacrée aux sciences, se développent les panneaux peints par Chartran représentant :
1" Louis IX à l'abbaye de Royaumont étudie les mathématiques sous la direction de Vincent de Beauvais (12"23).
S'* Ambroise Paré au siège de Metz pratique la ligature des artères sur un arquebusier blessé, 1553.
3" Bernard Palissy, avec permission du roi, ouvre à Paris un cours public de minéralogie, 1575.
4° Buffon, en présence de Bernard de Jussieu et de Daubenton, lit les premiers feuillets de son Traité d'histoire naturelle, 1770.
5° Pascal, en compagnie de Désargues et du père Mersenne, expose à Descartes ses projets d'expériences sur la pesanteur de l'air, place Royale, 1643.
5'^ Lavoisier, après une expérience exécutée dans son laboratoire, convertit BerthoUet à la doctrine pneumatique, 1785.
7" Cuvier réunit les documents devant servir à son ouvrage sur les ossements fossiles, 18"23.
8° Laënnec à l'hôpital Necker ausculte un phtisique devant ses élèves, 1816.
9" Arago fait son cours d'astronomie populaire dans l'amphithéâtre de l'Observatoire.
Au centre de ces galeries, adossée au mur de la salle du Conseil académique, la statue assise de la République, par Delhomme.
La salle du Conseil Académique s'éclaire sur la rue des Écoles par cinq grandes fenêtres à meneaux, en face desquelles ont été représentés sur trois grands panneaux :
l"Les Lettres (figures allégoriques); 2" un hémicycle au milieu duquel est assis M. Gréard, vice-recteur de l'Académie de Paris ; à sa
droite, MM. Hébert, alors doyen de la Faculté des sciences, et Himly, doyen de la Faculté des lettres; à la gauche du recteur
^alle du Cousoil académiquo.
MM. Brouardel, doyen de la Faculté de médecine; Beudant, doyen de la Faculté de droit; Lichtenberger, doyen de la Fa-
culte de théologie protestante ; dans le fond, le dôme de la Sorbonne; 3'Mes Sciences (figures allégoriques).
A chaque extrémité despanneaux représentant: l'un, Prométhée enchaîné (le passé), l'autre, Prométhée délivré (l'avenir); six figures dans des médaillons ovales surmontent les six grandes portes. Toutes ces peintures sont de Benjamin Constant.
Un plafond à caissons et pendentifs^ avec les écussons de toutes les villes de France, chefs-lieux d'une circonscription académique, termine l'ensemble de la décoration de cette salle.
Au milieu se dresse une grande table en fer à cheval pour cinquante personnes; c'est dans cette salle que se tiennent les séances du Conseil académique, présidé par le vice-recteur.
A droite et à gauche deux salons pour les commissions : dans l'un (côté de la rue de la Sorbonne), qu'on a appelé le salon Carnot parce que c'est là que Carnot,le regretté Président, a été reçu le jour de l'inauguration; une grande cheminée en bois qui doit recevoir son buste; en face, une grande toile peinte par Wencker et représentant la pose de la première pierre de la Sorbonne, par M. Goblet, alors ministre. Dans l'autre, appelé salon Saint-Jacques, une toile de Lerolle (Albert le Grand).
Après ce salon, vient une petite salle, sorte de vestibule aux boiseries peintes en gris genre Louis XVI ; puis la grande salle à manger, pour les réceptions universitaires, dont les murs attendent, depuis plus de neuf ans, les panneaux commandés à M. Cazin; au plafond, des paysages et des treilles, par Auburtin. Cette salle est à l'angle de la rue Saint-Jacques.
En remontant, se trouvent, dans l'aile en retour, les bureaux des inspecteurs et deux salles de commissions, dont l'une est décorée de deux panneaux, par Lhermite, représentant :
1" Sainte-Claire Deville, dans l'amphithéâtre de physique de la vieille Sorbonne ; autour de lui, ses élèves, Debray, Troost, Hautefeuille, etc. ;
2° Claude Bernard, faisant ses expériences de vivisection au Collège de France; autour de lui ses élèves Paul Bert, Dastre, etc. L'autre salle attend encore ses peintures. De l'autre côté du salon Carnot, se trouve l'appartement du recteur :
[° La salle à manger décorée par un panneau de Raphaël Collin {Soir d'automne) ;
^^ Le grand salon avec motifs décoratifs de Guifîard ; 3" Le petit salon, avec panneaux de Clairin, représentant allégoriquement: la Littérature, la Science, le Droit, la Médecine.
Si Ton se replace au milieu du grand vestibule, le dos tourné à la rue des Écoles, l'entrée des bureaux de l'Académie de Paris se présente à l'extrémité droite, à l'entrée même de la galerie des Lettres ; un emmarchement en pierre conduit à un palier qui donne accès à la grande antichambre du cabinet du vice-recteur
psç'is:
lîabinet de M. le Recteur.
de l'Académie, vaste pièce trop petite cependant les jours d'audience, qui, par la grande baie circulaire indiquée plus haut, prend vue sur le grand vestibule, permettant aux nombreux visiteurs de se distraire par les allées et venues qui ne cessent jamais dans cette partie de l'édifice ; une seconde antichambre et un salon d'attente sur la rue des Écoles précèdent immédiatement le cabinet rectoral. La Sorbonne rebâtie, à l'aise dans son nouveau palais, oubliera
facilement les vieilles masures et les locaux provisoires d'antan ; elle n'oubliera jamais le nom du Recteur, M. Gréard, à qui elle doit son installation nouvelle, qui a préparé l'entente entre la Ville et l'État, et dont, depuis quinze ans, l'active sollicitude ne s'est pas ralentie un seul instant. Il faut avoir suivi pas à pas cette longue opération pour savoir combien d'obstacles ont été surmontés par sa rapide et heureuse intervention ; combien de problèmes ont été résolus grâce à sa profonde connaissance des hommes et à l'intelligente direction qu'il savait à propos donner aux moindres affaires, comme aux plus importantes questions.
Les murs du cabinet seront décorés par de petits panneaux de Luc-Olivier Merson, entourés d'arabesques niellées comme au soubassement de la chapelle de Luca Signorelli, dans la cathédrale d'Orvieto.
Le plafond est à caissons, avec grosses retombées rehaussées d'or ; le lambris et la bibliothèque en chêne massif, le tout devant donner un peu l'idée d'un sanctuaire, pour faire comprendre au visiteur que, si le contenant est précieux, bien plus précieux encore est le temps de celui qui veut bien l'écouter.
Le cabinet communique avec les bureaux de l'Académie et, par une petite porte particulière, avec l'escalier spécial des appartements dont l'entrée donne rue de la Sorbonne, par une porte du pavillon d'angle. Cette partie du monument constitue une sorte d'hôtel particulier. Le concierge, placé entre le grand vestibule et le vestibule des appartements, peut surveiller aisément les deux entrées.
Dans l'antichambre des bureaux de l'Académie, une entrée donne accès au cabinet du secrétaire, qui s'éclaire rue des Écoles.
Les bureaux sont installés à la manière des bureaux des grandes banques; toutefois, les cloisons séparatives, avec guichets de :2™,60 de hauteur, ont dû être vitrées jusqu'en haut, pour éviter qu'on entendît trop facilement d'un bureau à l'autre.
Dans le fond de la galerie des Lettres, adroite, se trouvent, au même niveau que les bureaux académiques, les services administratifs de la Faculté des lettres, comprenant : le secrétariat de la Faculté, dont les bureaux sont agencés à peu près comme ceux de l'Académie; à la suite de ces bureaux, les cabinets du secrétaire et du doyen ; enfin, la salle des actes de la Faculté — locaux prenant jour, soit sur la rue de la Sorbonne, soit sur une cour intérieure.
Plus tard, la galerie centrale reliera le secrétariat de la Faculté des lettres à toutes les autres parties de la Sorbonne ; pro-
visoirement, c'est un escalier en bois qui dessert les bureaux, ainsi que les salles d'études et de conférences, placées dans les étages supérieurs.
Le secrétariat des sciences, situé à l'extrémité gauche du grand vestibule, au fond de la galerie des Sciences, est identique au secrétariat des lettres ; un escalier provisoire en bois dessert également les salles d'études et de conférences de l'aile Saint-Jacques.
Dans cette même galerie des Sciences, à gauche, près du grand vestibule, se trouve un emmarchement en pierre, faisant face à celui dos bureaux de l'Académie de Paris, qui conduit aux amphithéâtres de l'enseignement libre, lesquels servent provisoirement à la Faculté des lettres, dont les amphithéâtres sont actuellement en construction.
En face de cet emmarchement, par une galerie vitrée, on accède à l'escalier Saint-Jacques qui dessert, au premier étage, les cabinets d'inspecteurs, et les salles de commissions ; et aux étages supérieurs, les salles de compositions et concours.
Le jour de l'inauguration de cette première partie de la Sorbonne(oaoût 1889),lesdéputations des Universités étrangères, avec leurs étendards et leurs brillants costumes, remplissaient les gradins du grand amphithéâtre : au premier plan, les professeurs des Facultés, avec leurs robes multicolores, surl'estrade, les membres de l'Institut, les représentants de tous les grands Corps de l'État en uniforme, puis, comme fond, dans les tribunes, les toilettes claires des femmes : un beau soleil éclairait cette fête, qui fut le radieux baptême de la nouvelle Sorbonne.M. Carnot présidait.
Même avant l'inauguration de la première partie, on avait pu transporter dans les nouveaux bâtiments les services de la salle et des baraquements Gerson, et des salles Albert Dumont. Le terrain au sud se trouvant libre, on put commencer les fouilles de la deuxième partie, attribuée à la Faculté des sciences, qui, plus tard, aura un complément s'étendant le long de la rue Saint- Jacques et occupant môme le commencement de l'aile actuellement construite au-dessus du secrétariat des sciences.
On avait, pendant toute la durée des travaux de la première partie, étudié et refait les plans de la Faculté des sciences qui furent remaniés bien des fois. On allait un moment jusqu'à la rue Soufflot, sentant que, dans le terrain actuel, la nouvelle
Faculté allait être bien à l'étroit; puis, effrayé par la dépense, on battit en retraite, d'abord derrière la ligne des maisons neuves; puis jusqu'à la rue Cujas, gagnant seulement un triangle de 550 mètres environ, en suivant ralignement de cette rue, au lieu de se redresser (comme au plan du concours) perpendiculairement à la rue Victor-Cousin. L'architecte avait été, en 1883, envoyé en mission officielle pour visiter les Universités d'Allemagne, d'Autriche, de Belgique, de Hollande et de Suisse, afin de se familiariser avec toutes les particularités que comportent spécialement les services d'une Faculté des sciences. Partout on se mit fort gracieusement à sa disposition pour lui faire visiter les moindres détails. M. Hoffmann, chimiste, alors recteur de l'Université de Berlin, chez lequel il s'était présenté avec une recommandation de M. Wiirtz, fut particulièrement aimable et voulut bien l'entretenir onguement sur les installations des divers instituts scientifiques.
Dans beaucoup de villes, en effet, au lieu d'être groupés comme dans notre nouvelle Faculté, les divers services, physique, chimie, physiologie^ etc., forment des Instituts séparés, souvent même très éloignés les uns des autres, etles professeurs critiquent cet éloignement qui, mettant une grande distance entre les difîérents cours que doivent suivre les mêmes étudiants, leur crée de grandes pertes de temps et bien souvent des causes de distractions. H y atoutefois pour les professeurs un avantage important qui résulte de cette dispersion, c'est l'autonomie du service même, et souvent, dans les Facultés trop groupées, les services, agglomérés dans les plans d'ensemble, perdent cette autonomie si désirable, paraît-il.
Les différents services de la nouvelle Faculté des sciences sont, sous ce rapport, bien indépendants les uns des autres, et bien chez eux. Grâce à la forte déclivité du terrain, les larges galeries indispensables pour les dégagements des salles, amphithéâtres, et qui prennent tant de place dans un plan, passent, pour ainsi dire, au sous-sol, permettant de reprendre au-dessus toute la place disponible. Il y a, en effet, 12°\ 15 de différence de niveau entre l'angle des rues Cujas et Saint-Jacques et l'angle de la rue des Écoles la rue de la Sorbonne, ce qui explique les nombreux enmarchements qu'un visiteur, parlant du grand vestibule et suivant les galeries, devra monter pour arriver à l'amphithéâtre de chimie qui est de plain-pied avec la rue Cujas. Dans le groupement général, qui a été étudié par l'architecte, sous la haute direction de MM. Gréard, Berthelot, Albert Dumont, Milne-Ed-
wards et Hébert, il fallait absolument tenir compte des données suivantes, autant que le permettrait le terrain :
Les services de la chimie et de la physiologie devaient se déployer à rez-de-chaussée, avec de grandes cours au même niveau. Les services de la physique devaient être éloignés des rues avoisinantes pour éviter, autant que possible, la trépidation due au passage des voitures. Les services des sciences naturelles et des mathématiques pouvaient, au contraire, être sur la rue et répartis en étages superposés.
En examinant le terrain attribué à la Faculté des sciences, la physique ne pouvait être isolée des rues qu'en la plaçant au centre de l'espace qui se trouve au sud de l'église. Les sciences naturelles pouvaient seules occuper les bâtiments bordant la rue Saint-Jacques, dont le rez-de-chaussée devait être pris par les salles d'examens oraux des baccalauréats. Les services de la diimie et de la physiologie demandant beaucoup d'air, occuperaient par des constructions peu élevées le sommet du terrain de ia rue Gujas. Cette disposition, pour ainsi dire imposée par le terrain lui-même, n'avait qu'un inconvénient : le voisinage immédiat de la physique avec la chimie, dont les vapeurs sont dangereuses pour les instruments. Des coupures furent faites dans les bâtiments et même dans les cours de chimie, tout le long du service de la physique, pour l'isoler le plus possible, et cette coupure, s'étendant de l'ouest à l'est, est balayée par les vents régnants. Le grand laboratoire de recherches fut orienté vers l'église, sur la cour intérieure de la physique, et toutes les précautions de détail furent prises.
Dans les plans du concours les services n'arrivaient pas aux superficies demandées au programme; à l'exécution, tous les services sans exception ont une superficie supérieure. En effet, sur les indications de M. Louis Liard, l'éminent directeur actuel de l'enseignement supérieur, qui s'est particulièrement occupé de l'installation générale de la Faculté des sciences, certains services, comme celui de la botanique et des boursiers, furent doublés. En outre, on créa des services supplémentaires pour MM. Pellat, Joly, Salet, Chatin, Wesque et Javal.
La nouvelle Faculté des sciences a sa principale entrée place de ia Sorbonne, à droite de l'église.
Les façades s'étendent sur les rues Victor-Cousin, Cujas et Saint-Jacques. Partant de l'église, après le motif de la porte d'entrée au-dessus de laquelle on a profilé la vieille corniche de
l'église pour y mieux rattacher les nouveaux bâtiments, s'élève sur deux étages un large pavillon à trois grandes travées, dans le soubassement duquel est logé le concierge de la Faculté; vient ensuite une aile plus basse dont le rez-de-chaussée est entièrement occupé parle grand laboratoire d'enseignement de chimie. Le pavillon d'angle, composé d'un rez-de-chaussée et de deux
étages, s'éclaire sur la rue Victor-Cousin et sur la rue Cujas, par une large baie à trois travées.
Ce pavillon se répète à l'angle de la rue Cujas et de la rue Saint-Jacques ; seulement, à cause de l'angle aigu, on a créé un pan coupé sur lequel un grand cartouche accompagné de figures, i-eprésentant les Sciences et les Lettres, porte l'écusson de Sorbonne.
Les bâtiments sur la rue Cujas, entre ces pavillons, sont divisés en trois parties; celle du centre, plus basse, n'a qu'unrez-de-chaussée et un étage droit, un S*" étage à lucarnes de pierre et,, au-dessus, une grande partie vitrée pourlaspectroscopie. Les deux autres parties sont composées d'un rez-de-chaussée, de deux étages droits et d'un étage à lucarnes en pierre.
Celle près de la rue Saint-Jacques est occupée au l'^^'' et au 2*^ étage par l'amphithéâtre de physiologie. Les quatre hautes fenêtres qui éclairent cet amphithéâtre sont arrêtées comme appuis à des hauteurs différentes, suivant la pente des gradins, ce qui est rationnel et donne du pittoresque à cette partie de la façade.
Descendant la rue Saint-Jacques on trouve, après le pavillon
Entr('e de la Faculté des sciences et Église de la Sorbonne.