NOTICES TECHNIQUES
Pierres employées. — Les pierres employées pour les façades, sont, en partant du sol, le Ghâteau-Landon jusqu'à hauteur des fenêtres du soubassement, l'Euville jusqu'au rez-de-chaussée, et toute la partie supérieure en banc-franc dur de Villers-Adam, sauf les meneaux des grandes fenêtres du motif central de la façade, qui sont en roche de Pargny. Dans le grand vestibule, les voûtes sont également en Villers-Adam, le soubassement et les piliers sont
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en Tercé. Les grands escaliers d'honneur ont les limons, les marches, et les dessous des volées en pierre d'Echaillon appareillés sans l'aide d'aucun fer. Les murs, les colonnes et corniches sont en Tercé, les fûts des colonnes étant d'un seul morceau. Dans le grand amphithéâtre, la pierre employée est aussi le Tercé. Le sol du vestibule et des galeries est en pierre de Corgoloin.
Acoustique et lumin-e dans les amphithéâtres. — L'acoustique du grand amphithéâtre de la Sorbonne a donné à l'épreuve les résultats les plus satisfaisants. On sait que le son fait 340" à la seconde, et l'expérience a établi que deu.K sons espacés de moins d'un dixième de seconde n'en font qu'un pour l'oreille la plus exercée, le second donnant seulement de l'amplitude au premier. Il faut donc, pour éviter l'écho (appelant A la bouche de l'orateur, B l'oreille du spectateur, C un point résonnant de la salle), qu'on ait toujours AC + CB — AB < 35'". C'est pourquoi le plafond vitré, surface résonnante par excellence, a été placé à 17™ au-dessus du sol de l'hémicycle.
La critique des grandes salles éclairées seulement par le haut, comme dans le présent cas, a été souvent faite, à propos surtout des inconvénients que la neige, l'eau et le soleil peuvent faire subir à ce genre d'éclairage. Cette critique paraît erronée, car il semble difficile d'éviter l'écho dans toute grande salle éclairée par des verrières latérales, surfaces résonnantes, placées à de trop grandes distances de l'orateur, ainsi que le démontrent quelques exemples probants; et, quant aux inconvénients résultant de l'effet de la neige, de l'eau et du soleil, on a pu y obvier au moyen des dispositions suivantes :
Le grand comble vitré situé très au-dessus du plafond lumineux du grand amphithéâtre est sur plan carré ; il a été créé suivant un système à pentes inégales, analogue à celui dont se servent les ingénieurs pour les combles des ateliers et usines. L'une des deux pentes, celle regardant lenord,estfortement inclinée, de façon que la neige ne s'y puisse maintenir; l'autre, de beaucoup plus douce, sera en effet couverte par la neige ; mais la lumière entrant toujours par la surface très en pente, et par les deux côtés verticaux, qui, latéralement, forment pignons vitrés, rendra ce reilet clair sur la partie inférieure de la surface couverte de neige, de manière à produire toujours, ainsi que la preuve en a été faite, un éclairage plus que suffisant dans l'amphithéâtre.
Pour éviter les infiltrations de l'eau, la pente douce qui est la plus longue, a été faite à ressauts, en se :;ervant toujours de dalles
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de verre d'un seul morceau, les joints horizontaux pouvant laisser passer l'eau. Quant à la condensation, de petites rigoles ont été ménagées pour en recevoir les gouttes et éviter qu'elles ne puissent retomber sur le plafond lumineux.
Un store eût été difficile à manœuvrer sur une surface aussi grande et, en raison du va-et-vient des nuages, la salle eût pu être ou trop ou pas assez éclairée. Il a été disposé de grandes bandes verticales de toile blanche qui, vu la hauteur existant audessus du plafond lumineux et l'inclinaison des rayons solaires au zénith lors du solstice d'été, sont assez espacées les unes des autres pour faire obstacle à l'action directe dos rayons, sans empêcher la lumière, qu'elles reflètent par leur Ijlancheur.
Gf'adins. — Le profil des gradins et tribunes du grand amphithéâtre, ainsi que celui do tous les autres amphithéâtres delà Sorbonne, est une courbe, comme l'indique l'épure (1), permettant à chaque rang d'auditeurs, vu de l'hémicycle, de dépasser le ranginférieur d'une hauteur toujours égale. Ce système, très connu maintenant en Allemagne, aurait, paraît-il, été appliqué pour la première fois chez nous au Collège de France.
Chauffarie et ventilation. — Le chauffage et la ventilation de la nouvelle Sorbonne sont très différents suivant les besoins des divers locaux.
Le chauffage à air chaud n'est employé que pour le grand vestibule, les galeries, les grands escaliers et le grand amphithéâtre.
Le chauffage à vapeur est installé pour tous les autres services, si ce n'est dans quelques locaux de la Faculté des sciences, où l'on s'est servi du système à circulation d'eau chaude.
L'air chaud n'a, en effet aucun inconvénient pour des salles ou galeries où l'on reste relativement peu de temps, surtout si une bonne ventilation est installée dans ces salles.
Pour le grand amphithéâtre, la ventilation et le chauffage sont assurés par trois propulseursde 2 mètres de diamètre, mis en mouvement par un moteur à gaz. L'air est pris dans une cour latérale, et poussé parles propulseurs dans une grande gaine générale, qui se subdivise en deux canalisations distinctes, l'une passant par les chambres de chauffe des calorifères, l'autre conservant l'air frais, et, au moyen de vannes de réglage, on peut faire arriver dans la grande chambre de mélange située sous l'amphi-
(1^ P. 217 de la livraison du 15 mars 1893.
théâtre depuis l'air surchauffé jusqu'à l'air absolument frais, de telle façon qu'on puisse régler à volonté la température de l'air qu'on envoie dans la salle. Cet air est introduit par les dessous de toutes les banquettes munies de plaques de tôle perforées. Le sol des gradins, qui semble plein, est en réalité un gril, de telle façon que, dans la salle de mélange, on voit clair à lire son journal. La surface totale d'émission d'air neuf est de 138 mètres superficiels. L'air poussé par le propulseur est animé d'une vitesse tellement minime qu'on ne voit pas remuer la ilamme d'une bougie placée près d'une plaque ajourée. Cet air montant doucement dans la salle, par couches successives, est évacué par de grandes bandes avec ornements à jour placées autour du plafond vitré et au sommet des niches. La surface totale des circulations est de 62 mètres.
La capacité cubique de la salle est de 12 500 mètres et la ventilation horaire étant de 02 000 mètres cubes environ, on voit que le cube total d'air est renouvelé environ cinq fois par heure.
Pour éviter les courants descendants produits par l'air, qui, se refroidissant sur les surfaces murales ou vitrées, retomberait en douche froide sur la tête des spectateurs, on a ménagé audessus du lambris, à la partie où commence le mur, une longue bande horizontale en t(jle ajourée, par laquelle de nombreux conduits envoient de l'air chaud le long des murailles.
De plus, avant l'arrivée des spectateurs, on envoie dans la salle de l'air surchauffé, de façon à imprégner de chaleur toutes ses parois et à former dans les zones supérieures un matelas d'air chaud. Un peu avant l'ouverture des séances, on renverse les vannes de réglage et on envoie dans la salle de l'air à 16° maximum ; et, à cet effet, la chambre de mélange ayant été portée à une haute température, il faut y faire arriver de l'air presque frais. Par ce moyen les spectateurs sont bien chauffés, ils respirent un air pur, et, s'ils mettent la main sur les surfaces d'émission d'air chaud, ils ont plutôt une impression de fraîcheur.
L'ensemble de l'installation pour le chauffage et la ventilation exige sous le grand amphithéâtre une profondeur de 12 mètres.
L'été, la ventilation se fait par les mêmes moyens; et, pour rafraîchir l'air, on l'oblige, poussé par le propulseur, à passer dans de grandes cours construites en briques poreuses où l'on entretient par des vaporisateurs une constante humidité.
A la distribution des prix du concours général, qui a lieu au commencement d'août et fait toujours salle comble, on peut constater le bon effet de la ventilation par l'immobilité des éven-
tails, que toutes les dames ouvrent, mais ne remuent guère.
Si, après avoir respiré l'air du dehors, on rentre dans la salle, cinq minutes seulement après la séance, on y respire un air tellement peu vicié qu'on ne se douterait guère que trois mille personnes y ont séjourné pendant plus de trois heures.
Dans les bureaux de l'Académie de Paris et des secrétariats des Facultés des lettres et des sciences, les employés restant de longues heures penchés sur leurs pupitres, on a installé un chauffage encore plus perfectionné : l'air, toujours poussé par un propulseur et divisé comme précédemment en deux canalisations distinctes, vient se chauffer en partie, non plus dans les grandes chambres de chaulTe des calorifères, mais dans les petites chambres en briques placées en sous-sol directement sous chacune des salles dans lesquelles sont installées des batteries de vapeur à ailettes; au-dessus et encore en sous-sol se trouvent de petites chambres de mélange où arrive l'air frais. Chacune des bouches de chaleur situées dans les pièces ayant en dessous sa chambre de chauffe et sa chambre de mélange est munie d'une vis de rappel qui, faisant jouer les vannes automatiques d'arrivée d'air chaud ou d'arrivée d'air froid, permet de régler à volonté le chauffage, sans ralentir ou accélérer la venlilation, puisque, si l'on veut diminuer la chaleur, chaque quantité d'air chaud est remplacée par une quantité égale d'air frais mue à la même vitesse par le même propulseur et, une fois vicié, s'échappant par les mêmes ouvertures.
La ventilation se fait également l'été par les mêmes moyens en se servant de vaporisateurs pour rafraîchir l'air comme pour le grand amphithéâtre.
Les salles d'étude et de conférences, situées aux premier et deuxième étage au-dessus des secrétariats, sont chauffées par le même système; seulement le jeu des vannes de chaque chambre de mélange se fait dans la cave même, par les soins du chauffeur, et non pas dans les pièces, à la volonté des occupants, comme pour les bureaux.
Le chauffage de la Faculté des sciences devait être d'abord un chauffage général à vapeur ; mais les professeurs, toujours désireux d'assurerl'autonomie de leur service, ont objecté qu'avec un chauffage général on ne chaufferait ni les dimanches, ni les jours de fêtes, ni pendant les vacances, et qu'il arrive souvent qu'une expérience devant être continuée, il faut chauffer sans aucune discontinuité le dimanche, pendant les vacances et même les nuits.
Ces raisons l'ont emporté; chaque service a été muni de son chauffage à vapeur à basse pression indépendant avec ses chau-
dières en sous-sol, et dans toutes les pièces, des batteries de chauffe à ailettes ont été placées autant que possible sous les feniHres, pour combattre le refroidissement des parties vitrées et munies de petites ouvertures à glissière pour l'arrivée de l'air.
On peut à volonté arrêter le chauffage de telle ou telle partie du service, de façon à ne pas perdre de chaleur si cette partie est inoccupée.
La construction de la Faculté des sciences était presque achevée lorsqu'on demanda la création de nouveaux petits services non prévus aux plans, comme ceux de MM. Pellat, Chatin, Joly; on dut alors, pour ces services, installer de petits systèmes de circulation d'eau chaude, la petite chaudière étant dans les locaux mômes, ce qui oblige à monter le coke dans les étages : disposition bien désagréable et nuisible à la propreté des galeries, escaliers et dégagements, et qui d'ailleurs sera modifié prochainement.
Les locaux de la troisième partie seront chauffés au moyen (l'un chauffage général à vapeur, tous les générateurs étant réunis dans une grande pièce en sous-sol largement éclairée, donnant sur la cour Saint-Jacques, oii le charbon arrive depuis la rue sur des wagonnets passant sur une plate-forme à bascule et venant jeter le charbon, par de grands regards, directement dans les soutes placées au même niveau et contiguës à la grande salle des machines.
Dans la salle de lecture de la bibliothèque de l'Université, des tubes avec circulation d'eau chaude seront disposées sous les pieds des lecteurs ; même installation pour la salle de lecture des professeurs.
Un concours a été ouvert pour le chauffage et la ventilation de la nouvelle Sorbonne. Une commission composée de MM. Trélat, Serves et de l'architecte du monument a examiné longuement les différents projets qui lui étaient soumis; un rapport très détaillé a été rédigé par son président, M. Trélat. Le projet de MM. Genest et Herscher a été classé premier, et, le conseil municipal nyant ratifié cette décision, l'exécution leur fut confiée.
Les installations pour le chauffage et la ventilation auront coûté, pour
La première partie !2!t7,000 fr.
La deuxième partie 350,000 »
La troisième partie 370,000 »
Soit au total . . . 1,017,000 fr.
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L'architecte du monument ne saurait terminer cet exposé sans rendre un hommage mérité aux auxiliaires de tout ordre dont le dévouement et le sens artistique lui ont été d'un si puissant concours.
Les œuvres et les noms des peintres et sculpteurs ont été donnés dans la description de la nouvelle Sorbonne; les autres collaborateurs ont été, pour
La Peinture décorative : MM. Galland, Laraeire. Guifard, Cavaillé-CoU, Moreati-Xéret, Hista, Guillaumerout, Auburtin. Ces- Ijron, Le doux.
Sculpture décorative: MM. Legrain. Thiélxiut, Martin, Cadoux, Osbach, Fïala.
Maçonnerie : Riffaud, Vabre, Lagarde.
Ser?'ure7ne : Duclos et G'', Hachette fils et Driout, Moisant, Laurent et Savey.
Charpente : Poirier, Collet.
Couverture. Plomberie : Jacquemin et Mathis, Sausot, Beau- Bertrand Taillet.
Paratonnen'es : Jarriaut, Société de l'électricité.
menuiserie : Société parisienne, Lecœur.
Parquetarje : Gourguechon, Société coopérative.
Miroiterie, vitrerie : Reygeal, Association le Travail.
Quincaillerie : Moisant, Barbot Thomas.
Fumisterie : Chassagne, Forest et Guigardet.
Marbrerie : Dupont, Dupont.
Peinture : Tanneur, Courbrouze.
Pavage : Société des asphaltes, Paveurs de Paris.
Rampes et balcons : Moreavi frères, Barbot, Thomas.
Mosaïque : Guilbert Martin.
Dorure : Tardif.
Escaliers : Collet, Roussel.
Monte-charge : Dufresne et .Jacquemet.
Telle se présente aujourd'hui et sera, dans un avenir peu éloigné, achevée la reconstruction de la glorieuse maison de Robert de Sorbon et du cardinal de Richelieu.
Paris. — Typ. Chamerot et Renouard. 19, rue dos Saints-Pércs. — 32279
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