SALLE DES COURS DE PHYSIOLOGIE
du concours, la spectroscopie et l'oplithalmologie sont installés aux 2" et o" étages de l'escalier situé à l'extrémité de la galerie Restant.
Spectroscopie et Ophtalmologie.
Le service de la spectroscopie, occupe provisoirement par le service de M. Chatin, avait été conçu pour M. Salet, il comprenait une petite salle de conférences avec laboratoire de préparation, un cabinet de professeur, et au-dessus une salle vitrée pour les expériences de spectroscopie avec atelier et chambre noire.
Le service de l'ophtlialmologie, dirigé par M. le D"" Javal, comprend une petite salle de conférence, un laboratoire d'expériences, un cabinet et un laboratoire pour le professeur, une chambre noire et un atelier.
Cette seconde partie de la Sorbonne a été inaugurée le 12 janvier dernier par M. Leygues, ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, qui, s'intéressant particulièrement au haut enseignement, a bien voulu visiter les différents laboratoires et assister aux belles expériences faites par MM. Lippmann et Troost dans les amphithéâtres de Physique et de Chimie.
La troisième partie de la nouvelle Sorbonne sera exécutée elle-même en deux parties, les vieux bâtiments occupés actuellement par la bibliothèque de l'Université et l'École des hautes études ne pouvant être démolis qu'une fois ces services installés dans les nouveaux bâtiments en construction.
La partie qu'on a pu démolir en premier fut la grande aile située à l'est de la cour d'honneur et la partie de l'aile ouest sur la rue de la Sorbonne touchant à l'église.
Elles comprenaient : la première, les bureaux de l'Académie, l'amphithéâtre des lettres, celui de physique et de chimie, le grand amphithéâtre de la Sorbonne, puis la bibliothèque Yictor- Cousin et la salle provisoire du doctorat ; la seconde : les salles de l'École des hautes études et une partie des magasins de la biblio-thèque de l'Université.
Les bâtiments de la première partie terminés, on avait pu y installer définitivement les secrétariats des lettres et des sciences,
les bureaux de l'Académie de Paris, l'appartement du recteur et celui du secrétaire, la salle du Conseil académique et les salles de commissions, et transporter provisoirement la salle du doctorat et l'amphithéâtre des lettres dans les amphithéâtres de l'enseignement libre.
Dans l'ancien appartement du recteur, on installa la bibliothèque Yictor-Cousin; dans les locaux, les secrétariats, l'École des hautes études, et les services de la bibliothèque de l'Université dans la salle du Conseil académique et les salles de commission.
Le nouveau grand amphithéâtre ne pouvant, à cause de ses dimensions, être d'un usage aussi constant que le vieil amphithéâtre, on construisit dans la cour d'honneur un grand baraquement de 15 mètres sur 20 mètres, pouvant servir d'amphithéâtre pour 600 personnes.
Restait l'amphithéâtre de physique. A la rentrée de novembre 1893 on l'installait définitivement dans la nouvelle Faculté des sciences ; mais dès le commencement des vacances, les démolisseurs s'étaient mis à l'œuvre. C'était dans ces vieux bâtiments que M. Gréard avait annoncé dans son livre, d'après ses recherches et l'étude qu'il avait faite des anciens plans, qu'on devait retrouver la première pierre de la reconstruction de la Sorbonne par Richelieu ; les démolitions étaient près d'être terminées, un seul morceau prés de l'aile nord restait encore debout, quand, le 30 septembre 1893, un ouvrier trouvant de la résistance sous sa pioche, déblaya plus doucement, et M. Gréard, prévenu, put, ses prévisions étant réalisées, assister à la découverte de la belle plaque commémorative relatant la pose de la première pierre en 1628.
On avait eu soin de mettre en dehors de la démolition toutes les parties de pierres, marbre ou bois portant une sculpture quelconque, l'architecte ayant l'intention de replacer dans la nouvelle cour d'honneur tous les motifs qui ornaient l'ancienne.
Déjà la nouvelle porte de la Faculté des sciences est faite avec l'ancienne porte des bâtiments démolis sur laruede la Sorbonne; les boiseries sculptées avaient été recouvertes de tant de couches de peinture successives qu'on n'en distinguait plus les finesses; regrattée, remise en état, cette porte semble neuve aujourd'hui ; c'est cependant bien celle du temps de Richelieu.
Au mois de novembre, on commençait les fouilles, et à la fin de la campagne de 189i, les nouveaux bâtiments étaient montés, attendant leur couverture qui fut retardée parla rigueur de l'hiver.
Sur la rue Saint-Jacques, dans ces vieilles maisons aux cours
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humides et aux escaliers branlants, avaient été installés par des prodiges d'habileté les services de physique, géologie, minéralogie, anatomie comparée, zoologie et botanique; nos professeurs n'aimaient pas à les montrer aux étrangers : il n'en est pas moins sorti de ces misérables abris des découvertes remarquables.
Tous ces services purent être déménagés et installés dans la nouvelle Faculté des sciences, dès le commencement des vacances de 189i; et aussitôt après toutes ces vieilles bâtisses étaient livrées aux démolisseurs; furent seulement tenus en dehors de la démolition un escalier en bois sculpté du xvi" siècle, qui fut envoyé au musée Carnavalet, et une cave du xu^ siècle, très bien construite et très bien conservée. Cette cave étant sous la rue Saint-Jacques, 'en dehors du nouvel alignement de la Sor-. bonne, sera respectée par les fouilles qu'on fait en ce moment, et on pourra y accéder par les caves nouvelles.
C'est dans ces vieilles maisons, au nMSi de la rue Saint- Jacques, que depuis 1883 était installée l'agence des travaux de la reconstruction de la Sorbonne; à droite, dans le fond de la deuxième cour, qui, par les soins des garçons de bureau, était devenue un jardinet, se trouvait l'entrée de l'agence; dans cette bicoque tous les professeurs voulurent bien venir discuter avec l'architecte le détail des installations de leur service. Beaucoup lisaient facilement les plans, mais certains les comprenaient moins bien, ce qui rendait la tâche plus ardue; elle fut toutefois, vers la fin, singulièrement facilitée par la haute compétence et le goût éclairé de M. le doyen Darboux,
C'est dans cette agence que les dévoués collaborateurs de l'architecte, MM. Eyerre, Saint-Ange, Flachéron, Demierre, Oudiné, Lacombe, Dezermeaux, Le Grand, Aubert, Le Roy, Cabanié, Guillemonat, Arnaud, Saglio, Asseline,Harant et Aclément vinrent successivement étudier les nombreux plans et façades des différentes parties de l'édifice.
Des situations acceptées à Paris et en province, la mort malheureusement pour deux d'entre eux, avaient renouvelé le personnel de l'agence, qui dut elle-même être démolie et transportée au miHeu de la grande cour de la Sorbonne, devant le péristyle de l'église, dans un baraquement ayant fait partie de ceux qui, dans la cour du Carrousel, servirent à la conversion de la rente.
Cette troisième partie de la reconstruction de la Sorbonne aura sa façade principale sur la rue de la Sorbonne ; un grand pavillon formant about de l'aile qui partant de la rue Saint-Jacques,
passe derrrière le grand amphithéâtre de hi Sorbonne, devient le petit côté nord de la cour d'honneur et aboutit, rue de la Sorbonne, à l'extrémité des bâtiments de la première partie.
Ce pavillon répétera le pavillon déjà construit à l'angle de la rue de la Sorbonne et de la rue des Écoles. Dans l'espace compris entre ce nouveau pavillon et l'église, s'élèveront les bâtiments de la Faculté des lettres, le pavillon milieu oii se trouvera l'entrée principale de la cour d'honneur et de la Faculté des lettres, enfin les bâtiments de l'École des chartes déjà en cours d'exécution, qui viennent aboutir à l'église, et dont la porte circulaire
Ornemeutalioa des tVoutons des lucarnes do la cour d'honneur.
répète l'entrée principale de la Faculté des sciences, encadrant ainsi la façade de la chapelle entre deux motifs symétriques.
Cette façade sur la rue de la Sorbonne se reproduira, dans ses lignes principales, sur la grande cour d'honneur dont elle forme le côté ouest, le pavillon du milieu, oii se trouve l'entrée, ayant sur la cour trois grandes arcades ouvertes encadrées par des colonnes doriques surmontées de statues représentant les grands professeurs et docteurs de Sorbonne. Les colonnes seront la reproduction des anciennes colonnes qui, dans les vieux bâtiments, encadraient les deux portes cochères.
En face, de l'autre côté de la cour, un pavillon à peu près semblable avec arcades, colonnes et statues; de chaque côté des pavillons, deux grandes ailes dans lesquelles, au rez-de-chaussée, seront replacés fidèlement les portes, motifs de couronnement et écussons qui décoraient l'ancienne cour; dans les étages, des fenêtres hautes et droites sans aucune décoration; au dernier
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étage, des lucarnes de pierre avec frontons ornés d'écussons de modèles différents, comme l'indique le dessin ci-joint scindé eu deux parties, alternant avec desœils-de-bœuf également en pierre.
Le petit côté nord aura tout son rez-de-chaussée formant une galerie à arcades ouvertes et, à sa partie supérieure, au centre, sera rétabli le grand cadran solaire actuel.
Le tout devant s'inspirer le plus possible du sentiment de sévérité et de grandeur de l'ancienne cour, les nouveaux bâtiments sont établis, à quelques centimètres près, sur les alignements des anciens bâtiments; la superficie de la cour restera donc sensiblement la même.
A cause de la pente do la rue de la Sorbonne et de l'ouverture de deux portes cochères à deux plans différents, le sol de cette grande cour était à deux niveaux reliés entre eux par sept marches qui régnaient sur toute la largeur de la cour; il se pourrait même que, dans l'ancienne Sorbonne, avant Richelieu, la partie inférieure ait été tout à fait séparée de l'autre.
Dans les plans du concours, l'accès de la cour se faisait non plus par deux entrées latérales mais bien par une seule entrée centrale, les deux niveaux devant être raccordés par un seul et même niveau moyen, donné par la pente de la rue de la Sorbonne à la hauteur de la nouvelle porte cochère; c'était logique; mais était-ce bien artistique?
Pendant dix ans, l'architecte, passant par cette cour pour se rendre à son agence, était frappé par ce caractère de haute simplicité si difficile à réaliser dans des bâtiments modernes, qui ont à répondre à tant de besoins diflérents et à tant d'exigences inconnues jadis.
Les deux niveaux différent s donnaient surtout à la cour une réelle originalité; mais, comment les conserver avec une entrée unique?
Ce grand péristyle de la chapelle qui, surmonté du dùme Louis XIII aux fines silhouettes, forme un si beau fond â cette cour, ne mérite-t-il pas d'être précédé d'une espèce de parvis sacré, et n'est-ce pas la raison cachée du bon etfet architectural de ce second niveau? Il sera donc aujourd'hui fidèlement conservé, tout en maintenant l'entrée unique à gauche de laquelle s'étendra une vaste superficie formant la plus grande partie de la cour d'honneur, tandis qu'à droite s'élèvera le parvis, séparé de la surface inférieure par un grand emmarchement encadré de deux grandes statues assises, qui coupera la cour dans toute sa largeur. Les voitures du cortège ministériel entrant par la rue de la Sorbonne avec leur escorte, lors des grandes cérémonies universitaires,
il^ssca
COUR D U 0 N N E U a DE LA NOUVELLE S 0 a B 0 N N E
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tourneront à gauche pour aller se ranger devant la galerie centrale que devront traverser les autorités pour se rendre dans le grand amphithéâtre ; elles auront pour évoluer toute cette grande partie inférieure.
La partie basse aura pour la cavalerie un beau pavé à grands dessins sans trottoir, comme dans la vieille cour.
Le parvis supérieur, où n'accéderont plus les voitures, sera dallé; au centre s'élèvera, sur un haut piédestal, la statue en bronze de la divinité adorée en ces lieux, grande figure debout devant symboliser ce qu'il y a de plus élevé dans notre monde moderne : les Sciences, les Lettres et les Arts, en un mot la Minerve athénienne ayant déposé son casque, sa lance, son égide et son bouclier, comme accessoires devenus inutiles, mais restant toujours pour l'élite de l'humanité la belle vierge sacrée des temps antiques, au culte de laquelle reste lldélement attachée l'Université de France.
Du grand vestibule do la rue des Écoles, la galerie des Lettres, longeant le grand amphithéâtre de la Sorbonne, débouchera sur la cour d'honneur, dans l'axe du péristyle et du parvis, droit devant la figure de bronze qui symbolisera la Sorbonne même.
Les bâtiments de celte troisième partie comprendront : — 1° les amphithéâtres de la Facultés des lettres; — 2° la bibliothèque de l'Université et la bibliothèque Victor-Cousin ; — 3° l'École des chartes; — i° la partie complémentaire de la Faculté des sciences; — 5" l'École des hautes études; — 6° la salle des Autorités; — 7° les salles d'examens, d'études et de conférences de la Faculté des lettres.
1" Les amphithéâtres de la Faculté des lettres, qui forment la partie publique de cette Faculté, sont au rez-de-chaussée; ils se dégagent tous sur un vestibule central.
Ce vestibule, dont le grand côté s'ouvre sur la cour d'honneur par trois arcades et deux portes latérales faisant face au pavillon d'entrée, aura une grande voûte en berceau avec pénétrations. Du coté opposé, trois arcades s'ouvrent sur le grand escalier de la bibliothèque; à chaque extrémité, deux grands culs-de-four dégagent les amphithéâtres du fond: sur les deux petits côtés du vestibule, les grandes portes à colonnes donnent accès aux deux amphithéâtres latéraux.
Les amphithéâtres, au nombre de cinq, se divisent comme il suit : le grand amphitéâtre des lettres, pour 750 personnes, un
amphithéâtre plus spécialement attribué aux thèses du doctorat, un amphithéâtre de 400 et deux de 200 auditeurs.
Le grand amphitéâtre, ayant un couloir demi circulaire en dessous des gradins, et qui se dégage devant parles deux entrées des culs-de-four du vestibule, se dégage également derrière par deux grandes portes sur la galerie Saint-Jacques.
Des galeries entouraient au rez-de-chaussée, dans les plans primitifs, la cour d'honneur sur trois côtés; ces galeries rétrécissaient beaucoup la cour, et longeant les amphithéâtres, les empêchaient de s'éclairer des deux côtés ; elles servaient seulement à passer à couvert delà porte cochère au vestibule des amphithéâtres et delà bibliothèque, en faisant le grand tour par la galerie nord— détour long et inutile puisqu'on peut arriver directement à ce vestibule en venant de la rue de la Sorbonne, et y arrivera couvert par la galerie Saint-Jacques en venant de toutes les autres parties de l'édifice.
Le grand amphithéâtre est de forme elliptique. Au centre un parterre incliné, avec banquettes munies de tablettes pour écrire, parallèlement à la tribune du professeur; autour de ce parterre, suivant la forme extérieure elliptique, des gradins élevés en amphithéâtre, coupés de façon à ce que les trois derniers rangs forment une tribune un peu plus élevée; celte tribune contournant l'amphithéâtre, sauf du côté du professeur, se continue en hauteur dans quatre niches elliptiques se dégageant chacune d'une façon indépendante; ce qui permet, si on le désire, de fractionner le public en parties distinctes. Les niches sont couronnées par des culs-de-four faisant pénétration dans la coupole, ajourée en son milieu par un grand plafond lumineux. Au-dessus de la tribune du professeur sera placé un panneau devant recevoir une grande fresque, dont la commande a été faite à Dagnan-Bouveret. Cet artiste a choisi comme programme « Apollon et les Muses », trouvant avec raison qu'on peut faire une composition moderne, môme avec un très vieux sujet. Les trois autres panneaux entre les tribunes ehiptiques seront décorés par des niches plates, dans lesquelles seront placées trois statues représentant la Littérature, l'Histoire et la Philosophie. L'ensemble de la décoration de cet amphithéâtre sera très clair, les menuiseries de la tribune du professeur et des gradins des auditeurs se détachant seules en chêne teinté sur ce fond de pierre blanche.
L'amphithéâtre devant servir de salle de doctorat se trouve à droite dans le vestibule ; c'est une salle longue rectangulaire.
s'éclairant sur ses deux grands côtés. Dans le fond, s'élève l'estrade du jury formant un fer à cheval avec des banquettes latérales pour les auditeurs privilégiés; au centre du fer à cheval, la chaise et le pupitre du candidat qui continuera à tourner le dos au public, suivant la tradition, et conformément au caractère de l'examen qui comporte une discussion avec chacun des membres du jury. Le public sera assis sur de larges bancs munis de dossiers disposés en amphithéâtre et se trouvant, dans la partie haute, de plainpied avec le vestibule sur lequel ils se dégagent. Au-dessus de l'estrade du jury, une peinture commandée à Schommer, qui décorera également au plafond un panneau elliptique, entouré de grands caissons. L'ensemble de la décoration, quoique sévère, devra être riche et foncé, un peu dans le genre de certaines salles de justice, afin, que les professeurs venant en robes constituer le jury qui doit recevoir les docteurs en Sorbonne, se trouvent dans un milieu en harmonie avec leurs costumes historiques. Derrière, et en communication directe avec l'estrade, une petite salle pour le jury, se dégageant indépendamment sur la cour d'honneur.
L'amphithéâtre de 400 personnes se trouve à gauche dans le vestibule ; comme éclairage, gradins, dégagement et formes générales, il est identique à celui du doctorat. Une simple chaire pour le professeur, au lieu de l'estrade en fer à cheval ; des tablettes devant les bancs pour que les auditeurs puissent écrire commodément. Un panneau de peinture commandé à Gabriel Ferrier seraplacé au-dessus de la chaire du professeur ; mais le plafond sera à simples caissons, l'ensemble de la décoration devant être beaucoup plus sobre que celui de la salle de doctorat. Derrière, un cabinet pour le professeur.
Les deux amphithéâtres de deux cents auditeurs sont situés à droite et à gauche du grand amphithéâtre ; ils se dégagent sur le vestibule par des portes d'angle situées dans les culs-de-four des extrémités, près des entrées du grand amphithéâtre. Ils s'éclairent latéralement sur les cours voisines, du côté opposé au grand amphithéâtre; ils sont en plus petits exactement semblables comme ameublement et décoration à l'amphithéâtre de 400 personnes. Derrière chacun d'eux, un grand cabinet de professeur; et à l'entresol, une salle de collections.
Ces deux amphithéâtres sont, sur le programme, attribués à la géographie et à l'archéologie. Une grande galerie vitrée située un peu en contre-bas accompagne chacun [d'eux ;^celle de l'archéo-
logie ayant un vaste hall, où seront exposés les plâtres des statues et bas-reliefs des dilTérentes époques de la sculpture.
'2" La bibliothèque de l'Université est située au premier étage ; son accès principal aura lieu par le grand escalier situé dans le fond du vestibule des amphithéâtres de la Faculté des lettres. Cet escalier à la française, de près de deux mètres d'emmarchement, sera en pierre, avec rampe en fer forgé et cuivre ; une grande fresque, commandée à Rochegrosse, décorera les murs au premier étage.
Les services de la bibliothèque de TUniversité comprennent une grande salle de lecture pour 300 lecteurs, des magasins de dépôt de livres pouvant contenir environ 300 000 volumes, une salle des prêts, un cabinet pour l'administrateur conservateur, uu cabinet pour les bibliothécaires, une salle pour les manipulations, une salle pour le catalogue, des salles pour les périodiques, et, près de ces dernières, une grande galerie de lecture pour les professeurs.
La grande salle de lecture s'étend sur toute la longueur de l'aile est de la cour d'honneur, au-dessus du vestibule et des deux amphithéâtres (62 mètres environ) ; sa largeur est de 10 mètres. On a, parle milieu de la salle :en face, le bureau des surveillants : à droite et à gauche, de grandes labiés placées dans le sens de la longueur, pouvant recevoir les lecteurs sur les deux grands côtés. Autour de la salle, sur une hauteur de 2™, 20 seulement, des casiers pour les livres les plus usuels. Dans l'embrasure des fenêtres, qui éclairent la salle des deux côtés, des pupitres pour lire debout. Le plafond de cette longue salle est composé de deux nefs avec, au centre, une coupole un peu plus élevée, reposant sur des doubleaux. Les peintures de cette salle ne sont pas encore commandées. L'ensemble de la décoration sera sobre et clair, avec boiseries dans la partie basse ; le tout donnant en petit l'idée des grandes salles de certains couvents. — Du côté opposé à la grande cour, une grande galerie vitrée accompagne la salle de lecture dans toute sa longueur, de façon à permettre la circulation du service sans troubler les lecteurs.
Les magasins de livres, auxquels on accède de deux côtés en traversant la petite galerie vitrée, se trouvent placés de chaque côté du grand amphithéâtre des Lettres, et reliés dans le fond par une galerie occupant au premier étage le centre de la galerie Saint-Jacques. Ces magasins sont établis sur cinq étages, chaque
étage n'aj^ant que 2™, 20 de hauteur, de façon à pouvoir atteindre le dernier rayon facilement sans marchepied d'aucune sorte. Chaque étage, ayant 19'",20 de longueur sur 8^,80 de largeur, se compose de deux travées de 1"\60 de largeur, éclairées aux deux extrémités et traversées par un couloir central, chaque travée étant garnie des deux côtés, sur toute la surface , de casiers de livres . Les planchers séparant les étages sont pleins, pour que la chaleur ne s'accumule pas dans les étages supérieurs et que la poussière n'incommode pas les étages inférieurs. Tous ces étages sont reliés entre eux par un escalier, un monte-charge et de petits téléphones . Le sol est recouvert de linoléum sur ciment, afin d'éviter la sonorité et les joints du parquet.
A l'extrémité nord de la petite galerie vitrée, se trouve, à gauche, la salle des prêts et, au bout, la salle des manipulations, sur laquelle donne le catalogue dont les innombrables fiches occupent horizontalement une très grande superficie; puis le cabinet de l'administrateur conservateur et celui des bibliothécaires, avec une petite pièce attenante pour les manuscrits ],'et incunables. Toute cette partie du service est dégagée par un escalier et un monte-charge spécial.
La galerie de lecture des professeurs, qui donne également dans la salle des manipulations, s'étend sur toute la longueur de la galerie nord de la cour d'honneur, soit 26 mètres environ. Sa largeur est de 4", 20. Sept grandes fenêtres donnent sur la cour, en face du péristyle et du dôme ; devant chaque fenêtre une table pour les lectures, de larges fauteuils, des casiers spéciaux; de belles boiseries et un plafond à caissons donneront à cette salle le confort et la décoration en harmonie avec sa destination; deux portes communiquent de la galerie de lecture des professeurs aux salles de revues et périodiques.
Toute cette aile nord de la cour d'honneur ne pourra être construite qu'ultérieurement.
Au deuxième étage, au-dessus de la grande salle de lecture, se trouvera, du côté nord, l'appartement de l'administrateur conservateur ; du côté sud, prés de l'église, les salles de la bibliothèque Victor-Cousin desservies par un escalier spécial.
3" L'École des chartes occupe tout le bâtiment actuellement en construction sur la rue de la Sorbonne, entre l'église et les vieux bâtiments. Au rez-de-chaussée, \es cabinets du directeur et du secrétaire, et une petite pièce pour les archives. Au premier
étage, une salle de cours pour 30 élèves, et une autre plus grande pour 40. les auditeurs devant être placés le long de larges tables pour pouvoir, tout en écoutant le professeur, suivre la leçon sur de grands albums contenant les chartes, gravures, etc. Au-dessus, la bibliothèque comprenant une salle de lecture et des dépôts pour les collections de dessins et de photographies.
i° La partie complémentaire delà Faculté des sciences occupe les bâtiments en bordure rue Saint-Jacques, où se font les fouilles actuellement; elle comprendra, au rez-de-chaussée les salles pour les examens oraux du baccalauréat s'ouvrant sur la galerie Saint- Jacques. Ces salles seront séparées par des cloisons mobiles, de façon ù pouvoir être réunies, et à former en cas de besoin de grandes salles pour les compositions écrites.
Au premier étage, les salles de collections du service de la géologie, qui viendront s'ajouter aux locaux déjà existants; ces salles s'éclairant par de larges fenêtres sur la rue Saint-Jacques seront garnies de casiers et de vitrines où seront exposés les plus beaux spécimens de la collection de géologie; les plafonds et la partie haute des murs seront décorés de panneaux et de cartouches portant les noms des géologues les plus illustres.
Au deuxième étage au-dessus des salles précédentes, également des salles de collections avec meubles et décorations analogues pour le service de l'anatomie comparée.
Au même étage, toujours dans les bâtiments Saint-Jacques et dans Taile en retour, passant derrière le grand amphithéâtre, le service de la géologie et l'amphithéâtre commun aux services d'anatomie comparée et de zoologie.
Ce service comprendra une galerie de collections et dépendances, une grande salle de manipulation pour les élèves, quatre laboratoires de recherches, un laboratoire de préparations (stations maritimes) des cabinets pour le professeur, le maître des conférences et les aides; enfin deux petits magasins.
M. Delage, professeur, chef de service, ayant vu la salle des manipulations de la botanique, a demandé une salle analogue, c'est-à-dire vitrée sur toute sa longueur (au nordj, par d'énormes glaces séparées entre elles seulement par des fers à vitrage de façon à ne créer aucun obstacle entre les microscopes et la pleine lumière.
Au-dessus sera installé le service des mathématiques composé de trois amphithéâtres, pour quarante, soixante, et cent vingt andi-
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leurs avec cabinets de professeurs et grande galerie d'instruments, en communication directe avec la tour d'astronomie s'élevant sur la rue Saint-Jacques, et au sommet de laquelle sera installé un petit équatorial avec coupole tournante avec, derrière et un peu au-dessous, sur les combles, une petite méridienne. Et dans la tour même, une haute salle pour les expériences du pendule.
L'ensemble de ce petit observatoire aura une stabilité médiocre étant directement sur la rue; mais d'avance les professeurs y souscrivent; car il ne s'agit pas de faire des observations sérieuses, mais simplement d'apprendre aux étudiants de mathématiques le maniement des appareils et instruments d'astronomie.
Les deux cours en contre-bas qui, dans cette partie, se trouvent derrière les bâtiments en bordure sur la rue Saint-Jacques, sont attribuées à l'anatomie comparée et à la zoologie; deux escaliers indépendants les mettent en relation directe avec leurs services respectifs.
5°. L'École des hautes études (section des sciences historiques et religieuses) se trouve au premier étage, sur la rue Saint-Jacques et dans l'aile en retour entre la cour Saint-Jacques et la cour de la zoologie. Les salles de l'École des hautes études se trouvent en communication directe, au même niveau que la bibliothèque de l'Université.
6" La salle, dite des autorités, se trouve derrière le grand amphithéâtre de la Sorbonne au rez-de-chaussée; c'est dans cette salle que le personnage qui préside les solennités se fait présenter les professeurs et les notabilités scientifiques ou littéraires qui doivent y assister. Cette salle sera accompagnée de deux cabinets ; elle se trouve de plain-pied avec la grande cour d'honneur dans laquelle se rangeront les voitures les jours de grandes cérémonies.
Actuellement c'est la loge du concierge, à droite dans le grand vestibule sur la rue des Écoles qui, pour la distribution des prix du concours général, remplace la salle des autorités encore inachevée; l'administration du Garde-meuble veut bien y accrocher quelques tapisseries, quelques velours aux franges dorées et c'est en cet endroit, la garde battant aux champs pour l'arrivée ministérielle, que se font les présentations.
La salle des autorités s'étend sur toute la longueur du fond de
BATIMENTS DE l.\ FACULTE UES SCIENCES. FArADE SUR LA RUE SAINT-J ACQL E ■
l'amphithéâtre (26 mètres environ) ; la largeur est de 9 mètres. Elle est composée de trois parties, les deux des extrémités étant éclairées par de grands plafonds vitrés ; celle du milieu, séparée des autres par des colonnes enCorgoloin, aura un plafond à caissons et une grande cheminée monumentale en pierre ; des boiseries en chêne teinté formeront le soubassement de cette salle, tranchant vivement les murs blanc, afin que, formant une sorte de vestibule, elle semble bien éclairée dans toutes ses parties.
A droite et à gauche de cette grande salle se trouveront deux escaliers par lesquels on pourra, des galeries des Lettres et des Sciences, accéder aux tribunes du grand amphithéâtre de la Sorbonne et dans le service des grands escaliers d'honneur.
La salle des autorités et ses dépendances font partie des services communs de l'Académie de Paris.
7°Les salles d'examens, d'études et de conférences delà Faculté des lettres seront situées, dans les bâtiments sur la rue de la Sorbonne, depuis l'École des chartes jusqu'au (et non compris), pavillon à l'angle de la rue des Écoles, en retour dans l'aile nord de la cour d'honneur; à droite de l'entrée de la Faculté des lettres, sur la rue de la Sorbonne, se trouve la loge du concierge de la Faculté; à gauche de l'entrée, au rez-de-chaussée et derrière la galerie nord de la grande cour, sont les salles pour les examens oraux du baccalauréat; chacune de ces salles peut contenir soixante à quatre-vingts personnes. Au premier et deuxième étages sont les salles d'études et de conférences dont quelques-unes sont déjà définitivement installées- dans l'aile de la première partie sur la rue de la Sorbonne.
Le programme pour l'organisation de cette partie de la Faculté des lettres avait été longuement discuté en 1883. Elle avait été conçue ainsi : division en sept instituts, littérature, philosophie, histoire, philologie, géographie, archéologie et langues vivantes. Chaque institut devait comprendre une salle d'études avec casiers de bibliothèques et tables de travail, une salle de conférences et un cabinet de professeur.
M. Albert Dumont, parlant de ces salles de conférences, disait : « Faisons un rêve, construisons les pour cent étudiants. » Moins de dix ans après on réunissait deux salles de conférences de cent étudiants, et cette nouvelle salle située au deuxième étage de l'aile Saint-Jacques (dans la première partie) devenait trop étroite. Depuis, des chaires nouvelles ont été créées elle pro-
gramme est de nouveau à l'étude. Poursuivi de concert avec l'éminent et sympathique doyen de la Faculté des lettres M. A. Himly, étroitement associé dès Torigine à toutes les péripéties de la reconstruction, et aux difficultés considérables inhérentes à l'établissement provisoire de nombreux et importants services devant fonctionner en même temps et sur le même emplacement que l'exécution des travaux en cours.
La bibliothèque Albert Dumont, instituée comme salle de travail commune, est devenue trop étroite; en outre, si on doit la déménager, il vaudrait peut être mieux l'installer dans l'aile nord au deuxième étage au-dessus du salon de lecture des professeurs et des salles de revues et des périodiques ; elle serait ainsi plus au centre des autres salles d'études, auxquelles elle doit servir de réservoir pour les livres.
D'ailleurs cette dernière partie occupant la place des vieux bâtiments encore existants ne pourra être construite qu'après la démolition de ceux-ci, c'est-à-dire vers la fin de 1897. On a donc encore tout le temps voulu pour discuter et remanier le programme; car c'est ainsi en discutant sans cesse entre professeurs et architectes, qu'on arrive à bien se comprendre mutuellement et a éviter tout fâcheux malentendu.
La Faculté des lettres à été la première installée presque convenablement. Dès 188S elle quittait les baraquements Gerson, et ce n'est qu'en 1894 que la Faculté des sciences abandonna les bicoques de la rue Saint-Jacques. Par contre cette dernière est aujourd'hui complètement installée, tandis que la Faculté des lettres aura bien ses amphithéâtres en 1897, mais elle ne sera tout à fait chez elle que lors du complet achèvement de la nouvelle Sorbonne, c'est-à-dire en 1900.