SCENE XII
AUGUSTINE, seule.
Allons, je commence à croire que c'est un bien honnête jeune homme. Quel bonheur de l'avoir rencontré ! ma bonne mère, comme elle doit se tourmenter! Oh! demain en la revoyant comme je lui conterai avec plaisir. .. Quelle retenue ! quelle noblesse dans les sentimens! Il veut que je dispose de cette chambre ; certainement je n'y entrerai pas ; non, non, je passerai la nuit ici sur cette bergère. Oh ! je suis bien sûre que je peux dormir tranquille. Ce serait mal à moi d'éprouver la • moindre crainte, de concevoir de la défiance. [Tout en parlant elle pousse te verrou , place la bergère contre la porte de la pièce ou est entré Frédéric, et s'assied.) Un si bon jeune homme! [Elle commence à s'endormir.) Comme il est aimable!... Ah ! si celui qu'on me destine pouvait lui ressembler!
FAÉDÉRic , datis la coulisse.
Air de Caleb.
Toi qui , dans cet asile.
Cherchais un défenseur, Tu le vois, je m'e.\ile :
Ne tremble plus, ma sœur.
De te rendre à ta famille L'honneur m'impose la loi ; Mais avant que le jour l)fi]le Et te sépare de moi , Dors sans crainte, jeune lille ; Un frère veille sur toi.
{Elle s'endort ; Coqueval^ le bougeoir à la main, entr'ouvre doucement la porte du petit escalier ; Aimée passe sa tête par le carreau, et fait descendre la clef au bout d'un ruban; ils se font des signes et chantent.)
AIMÉE et COQDEVAL.
Vraiment, c'est à merveille!
La voilà qui sommeille; Mais près d'ici je veille, Et nous verrons domain S'il conclut son hymen.
A demain!
[La toile tombe.)
FIN DU PRKIVUEa ACTE.