‹ La nuit d'avant, vaudeville en deux actesChapitre 13 sur 26 · AUGUSTINE, FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

AUGUSTINE, FRÉDÉRIC

FKÉDÉnic , en dehors, frappant à la porte du cabinet. Augustine !

AUGV'STiNE, s'éveillant et se frottant les yeux. !>le voilà, maman, me voilà, [regardant autour d'elle.) Oh! mon Dieu! où suis-je donc?

fbédéric , toujours en dehors.

Augustine! ouvrez-moi.

AUGUSTINE

Cette voix! .. je me rappelle maintenant. (Elle court à la porte et tire le verrou; Frédéric entre.) Ah! pardon.

FBÉDÉRIC.

C'est à moi de m'excuser. On n'entre pas ordinairement si matin chez les dames. Avez-vous bien dormi ?

ArCUSTIKE.

Parfaitement. Et vous, monsieur?

Oh! j'aurais voulu que mon sommeil se prolongeât.

Air : Lance en arr^t , casque baissé.

Pendant la nuit, autour de moi , Volligeail votre douce image ; II me seuiLlait que de ma foi Vous aviez accueilli l'hommage.

Près de vous un charme inconnu Enivrait mon ame ravie; Je vous avais donné ma vie. ..

Pourquoi le jour est-il venu.'

AUGUSTIRE.

Ah ! monsieur, que dites-vous?

FRÉDÉRIC

Hélas! TOUS avez raison, il fout chasser de si douces pensées. Yous êtes restée ici, je crois ?

AUGUSTINE

Oui, sur cette bergère.

FBÉDÉRIG.

Ah! pourquoi donc? quand vous auriez été si bien... là. (// désigne la chambre à coucher.) Depuis hier soir vous me semble/, encore embellie. Ah ! cela doit être, le grand jour est votre plus belle parure.

APCrSTINE

Ne parlez pas ainsi : quelque chose qui me touche bien plus que des complimens, c'est l'hospitojité que vous m';ivcz donnée avec une bonté, une délicatesse que je n'oublierai jamai:?. fkÉdÉric, tristement.

Et vous allez en épouser un autre ?

AtGBSTlNE.

Il le faut bien. Mais vous-même, n'allcz-vous pas...

fréréric.

Ah ! c'est juste; prés de vous, je ne me souviens plus de rien.

AUGCSTINE.

Ramenez-moi près de ma mère.

FRÉDÉRIC

Oui, vous avez raison. Il faut que j'achève mon ouvrage, que je vous rende à vos parens; mais d'abord il faut les trouver. Je n'ai pas beaucoup de temps ^our cela : il est prés de huit heures, et mon mariage est pour une heure; n'importe, je ne perds pas courage, je cours aux messageries; là, peut-être, je saurai où sont descendus les voyageurs arrivés hier.

AlIGUSTINE.

Je vais vous accompagner.

FRÉDÉRIC

Oh! non; il est inutile de recommencer ce matin notre promenade d'hier au soir. En plein jour, dans la position oii nous sommes tous deux, elle pourrait avoir encore plus d'inconvéniens. Restez ; et pour que vous ne soyez ni surprise, ni vue par personne pendant mon absence, entrez ici ; c'est un sanctuaire qu'on respectera. . quand on le trouvera fermé : précaution que vous allez prendre. (// ta conduit vers la chambre nuptiale, et en ouvre la pointe.) N'ouvrez surtout et ne répondez que lorsque vous reconnaîtrez ma voix.

AUGDSTINE.

Oh! ne soyez pas long-temps.

FRÉDÉRIC

Le moins que je pourrai.

AVGV311HE.

Ma malheureuse mère! comme elle doit souffrir! Je vous en conjure, monsieur, ne négligez rien.

FRÉDÉRIC

Fiez-vous à mon zèle et prenez patience : vous trouverez là quelques livres. . ^nii* oi; >

AUGCSTINE.

Songez que je vais être bien triste, bien inquiète pendant votre absence.

FRÉDÉRIC

Et moi, je suis bien à plaindre, puisqu'il faut vous quitter.

ACGVSTINE.

A revoir.

FRÉDÉRIC

A bientôt. ( Aagustine entre dam la chambre et en ferme la porte d clef en dedans.) Maintenant délivrons Aimée. {Ilvatirer le verrou de la chambre d' Aimée. ) Je sens qu'il y a du mérite ù être vertueux.

Air : Je sais attacher des rubans.

Elle tremblait auprès de mol :

Hélas ! à mes sermens fidèle , Pour calmer son pudique effroi, '■ Il a fallu m'éloigner d'elle.

Je pense, avec quelque fierté.

Que ma vertu protégea sa faiblesse; Mais, quand je songe à sa beauté, Je ne comprends plus ma sagesse.

Eh bien ! si on surprenait ici cette jeune fille, que ne penseraiton pas? J'aurais beau protester de mon innocence et de la sietme, qui me croirait ?... Pas de réflexions, et achevons ma tâche.

{Ilsort.)

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