‹ La nuit de mai; féerie enfantine en cinq tableauxChapitre 10 sur 19 · SCENE II Les mêmes, Giroflée et Girofla · texte numérisé non relu

SCENE II Les mêmes, Giroflée et Girofla

Giroflée (.-ans voir Angèle et la Grand'- Mère). — Non, Girofla 1 Tout ce que tu me diras est inutile. Ce Pierrot est un rustre.

Girofla. — Vous parlez ainsi parce qu'il n'est pas encore venu vous saluer aujourd'hui. Mais vous le recevez si mal!

Giroflée. — Faudrait-il pas que je fasse l'empressée avec ce petit paysan!

Girofla. — Moi, je le trouve bien doux et bien gentil. Ef il a d'aussi bonnes façon qu'un seigneur.

Giroflée. — Je ne dis pas. Mais il me déplaît.

Girofla. — Avouez plutôt qu'un autre vou9 plaît mieux!

Giroflée. — Tais-toi, Girofla. Tu dis des sottises! (pause) Tous les hommes sont des fourbes. Et le mieux qu'on puisse faire, c'est de rester fille !

Girofla. — Voilà de belles dispositions pour entrer en ménage!

Giroflée. — Ne me rappelle pas mon malheur!

Girofla. — Au contraire, il faut y penser. Car enfin, la noce est pour demain!

Giroflée (soupirant). — La noce, oui...

les deux noces (pause). Girofla, est-il vrai que le Prince Charmant a envoyé hier à cette Angèle un collier de perles admirables?

Girofla. — Il paraît.

Giroflée (riant). — Un collier de perles! A cette petite souillon! Elle sera bien belle, ma foi, ansi parée !

Girofla. — Vous êtes méchante, princesse!

Giroflée. — Non, mais c'est trop absurde à la fin (avec extase). Le Prince Charmant 1 Le fils du Roi! Le plus beau seigneur de la Cour!

Girofla. — Et qui sera roi lui-môme, dans quelques heures!

Giroflée. — Voyons, Girofla, trouves-tu js mariage raisonnable?

Girofla. — Ma foi...

Giroflée. ■ — N'était-il pas plus naturel de lui donner pour épouse une princesse?

Girofla. — A vrai dire.

Giroflée. — Ne QOUS a-1 ligué

qu'il faut des époux assort

Girofia. — nnpter que oe pauvre

prince n'a môme i insulté !

Giroflée. — El qu'il ne semble pas b!#n satisfait !

Girofia. Quanl à cela, il ne fait que pleuper du matin

Giroflée. — Non, Girofia, tu exagèi

Girofia. — Mais, pr aussi bien que moi! II .1 trempé trois mouchoirs, oe matin: on peul les voir sécher fenêtre !

Giroflée (soupiranl . — ■ I seul

à pleurer, Girofia!

Girofia. — Vraiment, princesse! El qui donc pleure encore?

Giroflée. — Ce n'est toujours pas moi!

Girofia. — Voyez comme on peut se tromper! A voir ces yeux rougis, j'aurais cru...

Giroflée. — Moi, pleurer pour un inconstant, pour un nomme qui se Laisse mener par le bout du nez!

Girofia. — Ah ! Quand c'est une fée qui vous mène par le bout du nez]

Giroflée. — Pour un faible! Pour un capricieux!

Girofia. — Capricieux, non, il no Test pas!

Giroflée. — Rien que d'y penser, mon sang

bout dans mes veines ! Et plutôt que de pleu-

lë éclate en sanglots et tombe dans

le Girofia). Ah! Girofia! Je suis bien

malheureuse !

Girofia (apercevanl Angèle et Grand'Mère). Faites attention, princesse; voici du monde! retirent en na\te au moment où St- Elol apparaît.)

Saint-Eloi très — Où sont-.-

Où sont-elles! Ali! les voici! Mesdames, le prince approche. Permettez, Mademois que je rattache votre collier il lui remet son collier. Angèle rem 5t-Eloi va

rdèr dans la coulisse, revient, et, faisant un profond salut:)

le Prince Charmanl !

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