ACTE III
1"* tableau.
Dans le Parc. .
\ . md'Mère,
□ noir, b - lentello.)
La Grand'Mère. — Ainsi, fils du meunier .' Angèle 'distraite toilette), — Oui,
I n La Grand'Mère. — Le pel
farine ?
Angèle. — El quand mai était pas
là. nous nous amusions joliment à eau tous les deux !
La Grand'Mère. — Il t'aimait bien I Angèle subitement sérieuse). — Je l'ai-
La Grand'IWère. — Le jour où il a quitté le village, tu pleurais !
Angèle. — Il pleurait aussi. Je m'en soubien, La Grand'Mère. — S' m père étant mort, fj
habiter chez un oncle, bien loin...
Angèle vivement). — Et puis on nous a
I l'il était mort aussi. Mais ce n'était
lit sa marraine, la fée Mirabelle
qui l'avait enlevé pour lui faire épouser une
La Grand'Mère. — La princesse Giroflée... i fait enlever mon Anpou;- qu'elle épouse un prince...
Angèle. — Oui, Grand'Mère. (Pause). Un petil meunier épouser une princesse, c'est Irand'mère ?
La Grand'IWère. — Et une petite paysanne qui épouse un prince... C'est bien drôle aussi, is, rua m !..
Angèle . — Oui, Grand'Mère.
La Grand'Mère. — Espérons qu'ils seront heureux tous neuuler et )a
Angèle. — heu-
piand on vit
- irde sa robe
omment trouves-tu le
Li Grand'Mère. — : il Mon-
Angèle est plus
i un
La Grand'Mère. — Quand Pierrot deviendra l'époux de Giroflée, il aura, lui aussi, un bel uniforme tout doré...
Angèle (riant). — Je ne vois pas Pierrot dans un habit doré \
La Grand'Mère. — Mon Angèle porte bien de la soie brillante...
Angèle vivement). — Tu trouves ma robe Q'est-ce pas, Grand'mère?
La Grand'Mère. — Très jolie, ma mignonne.
Angèle. — Et ce bracelet, ces boutons, ce ndlier... C'est un peu lourd, toul cola, mais on s'y fait...
La Grand'Mère. — Prends garde ! Tu marches dans la traîne 1
Angèle. — J'ai failli tomber ! Ah ! j'aurai de la peine à courir ! (Soupirant.) Allons! Il faut souffrir pour être belle. (Pause). Grand'mère. pourquoi n'as-tu pas mis la belle chaîne d'or que l'on t'a apportée avec la nouvelle robe?
La Grand'Mère. — Que ferais-je d'une chaîne d'or? .1" n'en ai pas besoin, ma fUle.
Angèle. — Et les bagues? Et" le diadème de brillants ?
La Grand'PJIère (.riant). — Un diadème?
Des bagues ? A une vieille paysanne ! Je n'ai pas envie de faire rire de moi !
Angèle. — Mais on n'aurait pas ri ! On n'aurait pas osé !
La Grand'Mère. — Crains-tu donc, mon Angèle, qui' je ne te fasse pas honneur... avec ma robe toute simple et mon bonnet ?
Angèle (la regarde, puis S3 jette dans ses bras). — Non, Grand'Mère! Tu es aussi belle qu'une princesse! .(Elle l'embrasse et trébuche). Décidément, cette traîne est agaçante, il faudra que je la fasse couper ! (Elle s'évente.) Dieu! que j'ai chaud! (Elle ote son col- - bracelets*) Ah! Cela fait du bien, je suis plus à mon
La Grand'Mère (qui regarde vers le fond). ■ — Tiens! Voilà Pierrot qui sort du palais !
Angèle (battant des mains). — Il vient ici!?
La Grand'Mère. — Non... Il entre dans l'orangerie. Pauvre Pierrot! Il a l'air bien mélancolique !
Angèle (confidentielle). — Je crois que ce mariage ne lui fait pas plaisir.
La Grand'Mère. — Pourtant, il habitera demain dans un palais, et la princesse Giroflée esi M .le...
Angèle (avec une moue). — Oui... je ne «lis pas... Pourtant... (pause.) Où est le pale Pierrot, dis. grand'mère ? Te l'a-t-d montré ?
La Grand'Mère. - - Oh! Il ft'aurail pas pu
'l'mit ad il
Angèle
D€ m\i\ La Grand'Mère. lit .'
Angèle. — l m'i-
EHe se détourne, fêtai de cueillir une fleur
La Grand'Mère. — Ehl On dirai!
que tu pleures
Angèle. — Je me suis piquée à une épine. Pause. Grandlmère... si j'avais envi< jouer clans >ië-tu
qu'on me
La Grand'Mère. — I •-'-■.
que tu t'ennuies?
Angèle. — Je ne m'ennuie pas... Mais je np. Pourquoi Piern vient-il pas plus Bouvent pi us .'
La Grand'Wère. qu'il tient compa-
Angèle. — Le Prince pourrait bien, lui aussi, me tenir oompagnie. Mais on ne le voit [ue jamais. On dirait que je lui fais peu"! La Grand'Mère. — Ce serait plutôt toi qui aurais peur de lui. Dès qu'il approche, tu fuis! Angèle. — C'est que... je ne sais pas comment lui parler! Quand il me parle, je ne com- Mors, quand nous serons masant.
La Grand'Mère. — Tu apprendras le langa-
Angèle inquiet-',. — Tu crois '.'...
La Grand'Mère. — Mais oui, mais oui. On te donn lire.
Angèle encore plus Inquiète), — Et fauipprendre euse-
menl comme la pr du luth ! E
La Grand'Mère. — N aent.
fngèie tristement). — Ah! (p • une
soudain \ iv icité : Grand .
La Grand'Mère. — Quel cime,
rit !
Angèle. — Ou CUellU .Ou
ruisseau, comlit amusant!
La Grand'Mère. — : plus quel
Angèle. — E
La Grand'Mère. — Ce ne sont pas là des besognes de princesse !
Angèle (effrayée). — Mais alors, que valsje faire du matin au soir?
La Grand'Mère. — Quant à cela, sois tranquille ! N'as-tu pas cent choses à apprendre. Et puis tu n'auras pas à t'amuser toi-même. Les demoiselles d'honneur sont là pour te distraire. Mais voici la princesse Giroflée 1