‹ La nuit de mai; féerie enfantine en cinq tableauxChapitre 16 sur 19 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Lo Prince. — C'est toi Girofla.

Girofla, (s'élançant vers lui). — Ah! Prince, enfin! Je vous cherchais partout.

Le Prince. -- Tu as cpuelque chose à me dire?

Girofla. — La princesse Giroflée...

Le Prince. — Parle vite !

Girofla. — La princesse est dans un état lamentable. Elit1 a tant pleuré que ses jolis yeux ont perdu leur éclat, et elle semble bien décidée à se laisser mourir de faim.

Le Prince (accablé). — Ah! Girofla! Quelle terrible aventure !

Girofla. — Elle m'a dit: Girofla va trouver le Prince. Raconte-lui quelle est ma douleur. Et peut-être aura-t-ii pitié de ma détresse.

Le Prince. — Si j'ai pitié! Mais comment faire?

Girofla. — J'ai vol'' aussitôt à votre appartement, .l'ai parcouru tout le palais. Et quand ,i<i suis revenu lui dire que je ne vous trouvais nulle pari, elle s'est évanouie dans

bras.

. Le Prince. — Tu ne l'as pas laissée dans cet étal !

Girofla. — Elle est revenue à elle, mais pour gémir el sangloter. Elle répétai! sans : <»ù peut-il être, mon Dieu! Pourvu qu'il n'ait pas fait quelque folie I C'est alors que j'ai eu l'idée de vous chercher dans le parc.

Le Prince tatlon). — Oui, com-

menl n'ai-Je pas rail une folle, je me le demande!... Heureusemenl 11 a trop tard pour agir.

Qirofia. Ciel, Prince, qu'entendez-vous

par là ! s., voua arrivai! quelque mal la iTinc.'ssr Giropi ■ 'i .11 NiiT.iii •• ■ l'oubliez

Le Prince, Bubitem«;n1 résolu). — Ecoute, Girofla, tu vas lu] porter un m

Girofla. - Une lotlr*»K

Le Prince. — Non, Répète-lui simplement ceci: Que le Prince luj promet de oc pas lui être infidèle.

Girofla. — Mais, Prince, vous ne pourrez pas garder votre parole. Il faut bien obtilr :iu Roi!

Le Prince très crâne . — E1 si je refuse d'obéir?

Girofla. — Vous serez enfermé, maltraité, les soldats voua prendront. Et l'on vous conduira de force devant L'autel.

Lo Prince. — Quand les soldats viendront pour me chercher, je ne serai plus là, Girofla.

Girofla. — Songeriez-vous a. quitter le palais?

Le Prince. — Que puis-je faire d'autre?

Girofla. — Mais la Princesse?

Le Prince. — La Princesse aimerait mieux me perdre tout-à-fait que de me voir l'époux d'Angèle.

Girofla. — Mais votre fiancée?

Le Prince 'faisant un grand geste). — Je l'abandonne.

Girofla. — Voilà un grand affront! Et pourtant. Prince, que von; a lait cette pauvre demoiselle?

Le Prince. — Rien du tout. Je la trouve charmante. Mais, que veux-tu! J'en aime une mtre.

Girofla (joignant les mains). — Et le banquet commandé pour demain!... 25 cuisiniers ont été convoqués et plus de mille eonvivesl

Le Prince. — Tant pis!

Girofla. — Des princes H des princesses... lues, des généraux...

Le Prince (sarc astique). — De9 marquis, qui encore? Allons?

Girofla. — Prince, les fées se vengeront.

Le Prince croisant les bras). — Ah! ça, Girofla, que veux dire ceci?... Est-ce toi qui me trahir ta sœur?

Girofla [avec ardeur . — Dieu m'en pré- ' Rien sa pauvre petite

suis • w- vous supplier lui faire

peine.

Le Prince. — J'ai donc raisen, et lu as tort de vouloir m'cffrayer.

Girofla. — J'en conviens... mais comment s'empêcher de trembler pour vous?... Une si grande désobéissance 1 Savez-vous au moins commenl faire pour gagner votre vie?

Le Prince (frisant sa moustache). — Je compte m'engager comme soldat dans un royaume voisin. Je me ferai tuer à la guerre. Et le Roi Dagobert sera bien fâché de sa dureté.

Gircfla. ■ — Pauvre Roi qui ne sait mênw pas quels sont vos sentiments!

Le Prince. — Si, Girofla, il sait tout, soisen bien certaine. Mais il a peur de la colère des fées.

Girofla. — Je comprends cela !

Le Prince. — Alors voilà, je pars... Que Pierrot épouse son Angèle.

Girofla. — Mais s'il l'épousait, le Royaume serait pour lui !

Le Prince grand geste). — Le Royaume sérail pour lui ! (Il sort).

Girofla. — Courons prévenir la princesse.

(Elle sorti.

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