SCENE II
Lo Prince. — C'est toi Girofla.
Girofla, (s'élançant vers lui). — Ah! Prince, enfin! Je vous cherchais partout.
Le Prince. -- Tu as cpuelque chose à me dire?
Girofla. — La princesse Giroflée...
Le Prince. — Parle vite !
Girofla. — La princesse est dans un état lamentable. Elit1 a tant pleuré que ses jolis yeux ont perdu leur éclat, et elle semble bien décidée à se laisser mourir de faim.
Le Prince (accablé). — Ah! Girofla! Quelle terrible aventure !
Girofla. — Elle m'a dit: Girofla va trouver le Prince. Raconte-lui quelle est ma douleur. Et peut-être aura-t-ii pitié de ma détresse.
Le Prince. — Si j'ai pitié! Mais comment faire?
Girofla. — J'ai vol'' aussitôt à votre appartement, .l'ai parcouru tout le palais. Et quand ,i<i suis revenu lui dire que je ne vous trouvais nulle pari, elle s'est évanouie dans
bras.
. Le Prince. — Tu ne l'as pas laissée dans cet étal !
Girofla. — Elle est revenue à elle, mais pour gémir el sangloter. Elle répétai! sans : <»ù peut-il être, mon Dieu! Pourvu qu'il n'ait pas fait quelque folie I C'est alors que j'ai eu l'idée de vous chercher dans le parc.
Le Prince tatlon). — Oui, com-
menl n'ai-Je pas rail une folle, je me le demande!... Heureusemenl 11 a trop tard pour agir.
Qirofia. Ciel, Prince, qu'entendez-vous
par là ! s., voua arrivai! quelque mal la iTinc.'ssr Giropi ■ 'i .11 NiiT.iii •• ■ l'oubliez
Le Prince, Bubitem«;n1 résolu). — Ecoute, Girofla, tu vas lu] porter un m
Girofla. - Une lotlr*»K
Le Prince. — Non, Répète-lui simplement ceci: Que le Prince luj promet de oc pas lui être infidèle.
Girofla. — Mais, Prince, vous ne pourrez pas garder votre parole. Il faut bien obtilr :iu Roi!
Le Prince très crâne . — E1 si je refuse d'obéir?
Girofla. — Vous serez enfermé, maltraité, les soldats voua prendront. Et l'on vous conduira de force devant L'autel.
Lo Prince. — Quand les soldats viendront pour me chercher, je ne serai plus là, Girofla.
Girofla. — Songeriez-vous a. quitter le palais?
Le Prince. — Que puis-je faire d'autre?
Girofla. — Mais la Princesse?
Le Prince. — La Princesse aimerait mieux me perdre tout-à-fait que de me voir l'époux d'Angèle.
Girofla. — Mais votre fiancée?
Le Prince 'faisant un grand geste). — Je l'abandonne.
Girofla. — Voilà un grand affront! Et pourtant. Prince, que von; a lait cette pauvre demoiselle?
Le Prince. — Rien du tout. Je la trouve charmante. Mais, que veux-tu! J'en aime une mtre.
Girofla (joignant les mains). — Et le banquet commandé pour demain!... 25 cuisiniers ont été convoqués et plus de mille eonvivesl
Le Prince. — Tant pis!
Girofla. — Des princes H des princesses... lues, des généraux...
Le Prince (sarc astique). — De9 marquis, qui encore? Allons?
Girofla. — Prince, les fées se vengeront.
Le Prince croisant les bras). — Ah! ça, Girofla, que veux dire ceci?... Est-ce toi qui me trahir ta sœur?
Girofla [avec ardeur . — Dieu m'en pré- ' Rien sa pauvre petite
suis • w- vous supplier lui faire
peine.
Le Prince. — J'ai donc raisen, et lu as tort de vouloir m'cffrayer.
Girofla. — J'en conviens... mais comment s'empêcher de trembler pour vous?... Une si grande désobéissance 1 Savez-vous au moins commenl faire pour gagner votre vie?
Le Prince (frisant sa moustache). — Je compte m'engager comme soldat dans un royaume voisin. Je me ferai tuer à la guerre. Et le Roi Dagobert sera bien fâché de sa dureté.
Gircfla. ■ — Pauvre Roi qui ne sait mênw pas quels sont vos sentiments!
Le Prince. — Si, Girofla, il sait tout, soisen bien certaine. Mais il a peur de la colère des fées.
Girofla. — Je comprends cela !
Le Prince. — Alors voilà, je pars... Que Pierrot épouse son Angèle.
Girofla. — Mais s'il l'épousait, le Royaume serait pour lui !
Le Prince grand geste). — Le Royaume sérail pour lui ! (Il sort).
Girofla. — Courons prévenir la princesse.
(Elle sorti.