‹ La nuit de mai; féerie enfantine en cinq tableauxChapitre 2 sur 19 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

La Marraine. — La Grand'Mère La Marraine. — Bhl là!... grand'mère !... (plus haul Grrand'mère ! pause Bile ne dort pourtanl pas?... Gtrand'mère ! (pause,

haussant les .'paulcs,. Elle esl autant dire retombée en enfancel... Ma foi, tant pis. Je voulais lui donner son lait, elle n'aura rien

soir... les vieilles gens ne doivent pas trop manger, cela ne leur vaut rien. (Elle ricane. S'approchant du po61e) : El mon 60uper, à moi, est-il bientôt cuit ? ique une

fourchette dans les pommes de t»Tre et renifle. ) Voici des pommes de terre au lard qui ont une bonne odeur (elle verse le fricot dans un.' assiette ; au moment de vider entièrrsiueii la casserole, elle hésite). Il n'y en a pas beaucoup V (pause) Tant pis!... La petite mangera du pain... (Haut) du bon pain est excellent le pain pour les

enfants. (Elle s'attable et mange avec aviditl Puis elle sort une tasse de l'armoire, prend la cafetier.- sur le poêle et se verse du café. Bile prend de même sucre et lait. Elle achève de boire, quand on frappe à la porte. Elle s'arméfiante, la tasse en suspens. Avec mauvaise humeur.) Qui est là ? (Elle ouvre. Paraît le mendiant).

Le Mendiant. — La charité, s'il vous plait, nia bonne demoiselle.

La Marraine {rudement). — Il n'y a pas de demoiselle ici. Passez votre chemin. Vous feriez mieux de chercher du travail.

Le Mendiant. — Eh! Bon Dieu! peut-on dller ;i mon âge et quand on n'y voit menl plus goutte.

La Marraine. — me regarde pas.

vi.us au bureau de bienfaisance.

Nous devriez savoir qu'on ne donne rien loi.

Le Mendiant. — Hier, pourtant, quelqu'un donné quelque ehoi

La Marraine. — Quelqu'un?... Qui .

Le Mendiant. — Une petite demoiselle qui parlai! d'un.' voii

La Marraine. — l'effr \u mendiant Bile vous a donné

Le Mendiant. — Une bonne tartine... et une tasse de café.

La Marraine. — Une tartine!... Vous dites une tartine!... Du pain avec du beuire ?

Le Mendiant. — Du beurre, non, du saindoux..., mais c'était tout de mémo une tartine.

La Marraine. — Et du café... avec du lait?

Le Mendiant. — Pour cela non. Mais c'était du café bien chaud. Est-ce qu'elle n'est pas ici ?

La Marraine. — Qui cela ?

Le Mendiant. — La petite demoiselle!

La Marraine (en colère). — .Non, elle n'y esl pas. Kl je vous défends de revenir. Vou3 entendes?... (Tesl à moi que vous aurez affaire si vous vous avisez de frapper encore à la porte... Allez, filez, plus vite que cela !

Le Mendiant. — Bon, Madame, ne vous fâchez pas. Je n'aurais jamais cru que la mère d'une si bonne petite demoiselle...

La Marraine. — Sa mère! Sa mère!... Je ne suis pas sa mère. D'ailleurs, cela ne vous regarde pas... Eh! bien, allez-vous démarrer ?

Le Mendiant. — On s'en va, on s'en va... (Il s'éloigne).

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