Demoiselle. — On n'est jamais tranquille nulle part
Saint-Eloi. — Taisez-vous! Tenez-vous
donc bien
par ici.
1ri' Demoiselle. — Quels «ml ces in\ qui arrivent de si bonne lu
Saint-Eloi. - Il al Malbrouck,
qui, dans trois jou - va-t-en guerre. 11
y a les princi - fflée et Girofla...
3e Demoiselle. — ■ I jumelles du
Saint-Eloi. — Elles-mêmôS: Puis il y s Monsieur 12"
république.
4P Demoiselle. Gel Lurluberlu!
Saint-Eloi. — C'est un grand personnage, si un tout petit esprit. >yez don.;
que ce son! des Invités de qualité, et qu'il faudra bien l< oir!
2' Demoiselle. - / rien! Nous
- es comme des im i
Saint-Eloi. — J'y compte :
u son).
1"' Demoiselle. — - Oui'! le voilà parti tout
ême ! si nous continuions à dans 2" Demoiselle. -- Il sera bien temps de nous tenir tranmailies quand îagcs ar-
riveront !
3" Demoiselle. — Oui! Continuons! Sainfc-
in vieux - écoutons pas.
4" Demoiselle. — Quelle ronde chantons-
mous?
1"' Demoiselle. — Chantons «J'ai du dans mon jardis la plus jolie.
2' Demoiselle. . toi,
tu qous donneras le ton.
3" Demoiselle. — Mettez-vous là. Je comment
J'ai descendu dans tfion jardin (b Pour y cueillir le romarin!
util coqu'lieot, Mesdam I coqu'lieot nouveau, etc.
i moment où là ronde est complète, éntrenl gaint-Elo invités).
Saint-Eloi (furieuxj. — Voulez-vous bien! ius bien!
Ji
' pu- Uer inqualifiable!
Général Malbrouck. — I
ont l'au- Giroflée. - i' bien raison de
Saint-Eloi. — Non, ivanl
* plino.
Général Malbrouck. — Vous avez raison, Saprebleu! La discipline, il n'y a que ça! Mais une fois n'est pas coutume.
Saint-Eloi. — Allez plus loin, Mesdemoiselles nous reparlerons de ceci. Excusez-moi manque de tenue ! Je les avais pourtant bien sermonnées. Mais elles ne respectent même pas mes cheveux blancs! (Sortent las demoiselles).
Cadet-Rousse!, — Tout cela s est fait bien vite, M le Chambellan. Lorsque je vous ai vu voici un mois, à. la Cour du Roi Dagobert, il n'était pas question des fiançailles de son fils.
Saint-Eioi. — Sans doute. Mais vous savez ce oui est arrivé. Lorsqu'il hérita, voici six semaines de ce royaume, le roi Dagobert, trop oecupé par le sien, décida de le donner à fils, le prince Charmant, que l'on couronne dans deux jours...
Cadet Rousse!. — Mais cela ne nous explique pas le mariage précipité du prince!
Saint-Eloi. — Imagine-t-on un roi sans reine? Cela ne s'est jamais vu! On respecte bien plus un roi marié qu'un roi célibataire!
Général Malbrouck. — Mais, jarnicoton! Qui .lune le prince Charmant épouse-t-il?
Saint-Eloi. — Ah! Voilà!
Girofla. — Nul n'a pu — ou voulu nous le dire.
Giroflée (soupirant). — Et je sais, pourtant, qu'il aimait quelqu'un...
Girofla. — N'est-ce point la princesse Reliante?
Giroflée. — Ou cette vilaine et paresseuse princesse au pois?
Saint-Eloi. — Je n'en sais rien!
Cadet-Roussel. — Vous n'en savez rien? st incroyable! Ne vous l'a-t-on pas dit? Et môme, n'y a-t-il plus de trous aux
.serrures
Saint-Eloi. — Non! Je n'en sais rien! Et, ce
qui est plus fort, c'est que le prince Char-
tnanl n'en sait rien lui-même, pas plus que
• Dagobert, et qu'aucun d'entre nous!
Général Malbrouck. — Parbleu, Sapre-
nieoion! Chambellan, vous fieheriez-
illS?
Saint-Eloi. — Oh! Général! Y pensez-vous! Général Malbrouck. — Mordiable, expliquezvous - ver !
Saint-Eloi. — Voici ce qui s'est passé : V'ou [U< le prince Charmant a pour
Dagobert eut fils, il la vit soudain un char de feu, traî-
Général Malbrouck. : — Oui. Pour ce qui
Mimosa :t toujours été excentrique.
Saint-Eloi. — Je n'osais le dire. Elle descendit donc, et lui dit:
• D mon ami, il faut que tu ne
la fiancée de ton fils. Je la
n mon cœur el mon choix lui
Madame la fée, répondit Dagobert, vous
toujours été si bonne pour le prince
charmant que je .-''rais le dernier des sauvages
m je vous - cela. »
•s il mit à sa disposition toute une com-
Chevaliers de la Marjolaine ; elle
prit avec elle l'ami Pierrot — le fianc.6 de
moiselle (il salue Giroflée) — et ils
sonl partis nous ne savons où, pour ramener
ici la future princesi
Voilà tout ce que je puis vous dire. Ce que [ue tout ce monde-là doil revenir aujourd'hui même, qu'on les attend d'un moment à l'autre, et que le prince Charmant est. anxieux de connaître l'épouse qu'on lui destine !
Cadet-Roussel. — Bravo ! Voilà une ma-
meer qui me plait, et j'approuve
fort le bon roi Dagobert pour sa décision!
Girofla. — Oh! Monsieur! Et si le prince
Charmant allait ne pas aimer celle que choi-
i fée ?
Giroflée (soupirant toujours). — S'il en
aimait une autre?
Cadet-Roussel. — Au fait, c'est vrai. Tout
- bien dangereux.
Général Malbrouck. — Je n'aime, morbleu, soup les façons de toutes ces fées.
s vivenl toujours dans les nuages, et leurs Inventions .vent bien saugrenues!
Saint-Eloi. — C'est aussi mon avis. Mais
que voulez-vous! I. - fé s sont les fées! Et
depuis l'aventure arrivée à la Belle au bois
dormant, il n'y .. plus un père qui ose leur
ster '. D'ailleurs, Princesse Giroflée, votre
un-, la fée Libellule, ne vous a-t-elle
'açon votre fiancé,
Général Malbrouck. — Enfin, qui vivra I ! En il' ne ?
cadet-Roussel. — G'esl cela. Allons-y.
Saint-Eloi. — ^: vous voulez me suivre ? Giroflée. — Allez-y s:ms moi, je vous prie, vous attendrai ici.
Girofla. - de toi. sœu-
Giroflec. —
Giroflée seuil ' Est-ce possible, mon
Dieu! Le prince Charmant qui prétendait m'aimer ! qui m'avait toujours promis de me choisir pour reine ! Me délaisser ainsi. En épouser une autre ! Ah ! J'ai le cœur bien gros. (Elle pleure).
Le Prince Charmant (entrant). — Ils vont arriver bientôt. Je devrais me réjouir — et me voici plus triste qu'un jour sans soleil !
Ah! Giroflée !
Giroflée. — Prince !...
Le Prince. — Vous pleurez Giroflée? Ah! mon amie ! C'est pour moi que vous répandez c- s larmes !
Giroflée. — Ah! Prince! Je croyais tant à votre parole et je vous aimais de si bon cœur !
Le Prince. — Ne vous a-t-on pas dit que ma marraine, la fée Mimosa, avait tout décidé, tout voulu !
Giroflée. — Pourquoi ne pas lui avoir dit que vous m'aviez promis d'être votre princesse ?
Le Prince. — Tout s'est, fait sans qu'on m'en parie. Ma marraine est bonne, mais si vive ! Cette idée de vouloir mon bonheur, de choisir pour moi, l'a comme aveuglée ; elle a voulu mon bien si vite et si fort qu'elle n'a même pas songé à me consulter!
Giroflée. — Et vous accepterez ainsi de me laisser toute seule ? De me laisser devenir la femme de ce paysan de Pierrot que je déteste ? Ah! prince! vous ne m'aimez plus !
Le Prince. — Si, Giroflée. Ne pleurez plus. Il ne faut jamais désespérer, même quand tout paraît s'unir contre nous. Conservons notre tendresse et notre espoir, Giroflée. Peutêtre les fées et le destin finiront-ils par arranger nos affaires. Ils en ont arrangé bien d'autres !
Giroflée. — Mais les chevaliers vont revenir avec votre fiancée ! On les attend d'un moment à l'autre, et vous parlez encore ainsi!
Le Prince. — Depuis que je suis au monde, on m';! appris qu'il fallait toujours bien faire et avoir confiance, .le ne croirais plus à rien, si ce que vous craignez s'accomplissait !
Giroflée. — Que n'ai-je votre calme !
Le Prince. — Allons, venez! J'entends les demoiselles d'honneur qui arrivent. Entrez dans le palais. Allez vous reposer dans votre chambre. Moi. je vais me préparer à recevoir bien dignement les voyageurs. Cils sortent). (Entrent, demoiselles
d'honneui
1re demoiselle. — Les voici ! Ils arrivent.
2e demoiselle. — on entend déjà les chevaliers chanter le long de La roui
5' et 4° demoiselles. — Rangeons-nous I Ms bien ! Jeanne, refais mon nœud !
- boucles! D