‹ La nuit de mai; féerie enfantine en cinq tableauxChapitre 7 sur 19 · Demoiselle. — On n'est jamais tranquille nulle part · texte numérisé non relu

Demoiselle. — On n'est jamais tranquille nulle part

Saint-Eloi. — Taisez-vous! Tenez-vous

donc bien

par ici.

1ri' Demoiselle. — Quels «ml ces in\ qui arrivent de si bonne lu

Saint-Eloi. - Il al Malbrouck,

qui, dans trois jou - va-t-en guerre. 11

y a les princi - fflée et Girofla...

3e Demoiselle. — ■ I jumelles du

Saint-Eloi. — Elles-mêmôS: Puis il y s Monsieur 12"

république.

4P Demoiselle. Gel Lurluberlu!

Saint-Eloi. — C'est un grand personnage, si un tout petit esprit. >yez don.;

que ce son! des Invités de qualité, et qu'il faudra bien l< oir!

2' Demoiselle. - / rien! Nous

- es comme des im i

Saint-Eloi. — J'y compte :

u son).

1"' Demoiselle. — - Oui'! le voilà parti tout

ême ! si nous continuions à dans 2" Demoiselle. -- Il sera bien temps de nous tenir tranmailies quand îagcs ar-

riveront !

3" Demoiselle. — Oui! Continuons! Sainfc-

in vieux - écoutons pas.

4" Demoiselle. — Quelle ronde chantons-

mous?

1"' Demoiselle. — Chantons «J'ai du dans mon jardis la plus jolie.

2' Demoiselle. . toi,

tu qous donneras le ton.

3" Demoiselle. — Mettez-vous là. Je comment

J'ai descendu dans tfion jardin (b Pour y cueillir le romarin!

util coqu'lieot, Mesdam I coqu'lieot nouveau, etc.

i moment où là ronde est complète, éntrenl gaint-Elo invités).

Saint-Eloi (furieuxj. — Voulez-vous bien! ius bien!

Ji

' pu- Uer inqualifiable!

Général Malbrouck. — I

ont l'au- Giroflée. - i' bien raison de

Saint-Eloi. — Non, ivanl

* plino.

Général Malbrouck. — Vous avez raison, Saprebleu! La discipline, il n'y a que ça! Mais une fois n'est pas coutume.

Saint-Eloi. — Allez plus loin, Mesdemoiselles nous reparlerons de ceci. Excusez-moi manque de tenue ! Je les avais pourtant bien sermonnées. Mais elles ne respectent même pas mes cheveux blancs! (Sortent las demoiselles).

Cadet-Rousse!, — Tout cela s est fait bien vite, M le Chambellan. Lorsque je vous ai vu voici un mois, à. la Cour du Roi Dagobert, il n'était pas question des fiançailles de son fils.

Saint-Eioi. — Sans doute. Mais vous savez ce oui est arrivé. Lorsqu'il hérita, voici six semaines de ce royaume, le roi Dagobert, trop oecupé par le sien, décida de le donner à fils, le prince Charmant, que l'on couronne dans deux jours...

Cadet Rousse!. — Mais cela ne nous explique pas le mariage précipité du prince!

Saint-Eloi. — Imagine-t-on un roi sans reine? Cela ne s'est jamais vu! On respecte bien plus un roi marié qu'un roi célibataire!

Général Malbrouck. — Mais, jarnicoton! Qui .lune le prince Charmant épouse-t-il?

Saint-Eloi. — Ah! Voilà!

Girofla. — Nul n'a pu — ou voulu nous le dire.

Giroflée (soupirant). — Et je sais, pourtant, qu'il aimait quelqu'un...

Girofla. — N'est-ce point la princesse Reliante?

Giroflée. — Ou cette vilaine et paresseuse princesse au pois?

Saint-Eloi. — Je n'en sais rien!

Cadet-Roussel. — Vous n'en savez rien? st incroyable! Ne vous l'a-t-on pas dit? Et môme, n'y a-t-il plus de trous aux

.serrures

Saint-Eloi. — Non! Je n'en sais rien! Et, ce

qui est plus fort, c'est que le prince Char-

tnanl n'en sait rien lui-même, pas plus que

• Dagobert, et qu'aucun d'entre nous!

Général Malbrouck. — Parbleu, Sapre-

nieoion! Chambellan, vous fieheriez-

illS?

Saint-Eloi. — Oh! Général! Y pensez-vous! Général Malbrouck. — Mordiable, expliquezvous - ver !

Saint-Eloi. — Voici ce qui s'est passé : V'ou [U< le prince Charmant a pour

Dagobert eut fils, il la vit soudain un char de feu, traî-

Général Malbrouck. : — Oui. Pour ce qui

Mimosa :t toujours été excentrique.

Saint-Eloi. — Je n'osais le dire. Elle descendit donc, et lui dit:

• D mon ami, il faut que tu ne

la fiancée de ton fils. Je la

n mon cœur el mon choix lui

Madame la fée, répondit Dagobert, vous

toujours été si bonne pour le prince

charmant que je .-''rais le dernier des sauvages

m je vous - cela. »

•s il mit à sa disposition toute une com-

Chevaliers de la Marjolaine ; elle

prit avec elle l'ami Pierrot — le fianc.6 de

moiselle (il salue Giroflée) — et ils

sonl partis nous ne savons où, pour ramener

ici la future princesi

Voilà tout ce que je puis vous dire. Ce que [ue tout ce monde-là doil revenir aujourd'hui même, qu'on les attend d'un moment à l'autre, et que le prince Charmant est. anxieux de connaître l'épouse qu'on lui destine !

Cadet-Roussel. — Bravo ! Voilà une ma-

meer qui me plait, et j'approuve

fort le bon roi Dagobert pour sa décision!

Girofla. — Oh! Monsieur! Et si le prince

Charmant allait ne pas aimer celle que choi-

i fée ?

Giroflée (soupirant toujours). — S'il en

aimait une autre?

Cadet-Roussel. — Au fait, c'est vrai. Tout

- bien dangereux.

Général Malbrouck. — Je n'aime, morbleu, soup les façons de toutes ces fées.

s vivenl toujours dans les nuages, et leurs Inventions .vent bien saugrenues!

Saint-Eloi. — C'est aussi mon avis. Mais

que voulez-vous! I. - fé s sont les fées! Et

depuis l'aventure arrivée à la Belle au bois

dormant, il n'y .. plus un père qui ose leur

ster '. D'ailleurs, Princesse Giroflée, votre

un-, la fée Libellule, ne vous a-t-elle

'açon votre fiancé,

Général Malbrouck. — Enfin, qui vivra I ! En il' ne ?

cadet-Roussel. — G'esl cela. Allons-y.

Saint-Eloi. — ^: vous voulez me suivre ? Giroflée. — Allez-y s:ms moi, je vous prie, vous attendrai ici.

Girofla. - de toi. sœu-

Giroflec. —

Giroflée seuil ' Est-ce possible, mon

Dieu! Le prince Charmant qui prétendait m'aimer ! qui m'avait toujours promis de me choisir pour reine ! Me délaisser ainsi. En épouser une autre ! Ah ! J'ai le cœur bien gros. (Elle pleure).

Le Prince Charmant (entrant). — Ils vont arriver bientôt. Je devrais me réjouir — et me voici plus triste qu'un jour sans soleil !

Ah! Giroflée !

Giroflée. — Prince !...

Le Prince. — Vous pleurez Giroflée? Ah! mon amie ! C'est pour moi que vous répandez c- s larmes !

Giroflée. — Ah! Prince! Je croyais tant à votre parole et je vous aimais de si bon cœur !

Le Prince. — Ne vous a-t-on pas dit que ma marraine, la fée Mimosa, avait tout décidé, tout voulu !

Giroflée. — Pourquoi ne pas lui avoir dit que vous m'aviez promis d'être votre princesse ?

Le Prince. — Tout s'est, fait sans qu'on m'en parie. Ma marraine est bonne, mais si vive ! Cette idée de vouloir mon bonheur, de choisir pour moi, l'a comme aveuglée ; elle a voulu mon bien si vite et si fort qu'elle n'a même pas songé à me consulter!

Giroflée. — Et vous accepterez ainsi de me laisser toute seule ? De me laisser devenir la femme de ce paysan de Pierrot que je déteste ? Ah! prince! vous ne m'aimez plus !

Le Prince. — Si, Giroflée. Ne pleurez plus. Il ne faut jamais désespérer, même quand tout paraît s'unir contre nous. Conservons notre tendresse et notre espoir, Giroflée. Peutêtre les fées et le destin finiront-ils par arranger nos affaires. Ils en ont arrangé bien d'autres !

Giroflée. — Mais les chevaliers vont revenir avec votre fiancée ! On les attend d'un moment à l'autre, et vous parlez encore ainsi!

Le Prince. — Depuis que je suis au monde, on m';! appris qu'il fallait toujours bien faire et avoir confiance, .le ne croirais plus à rien, si ce que vous craignez s'accomplissait !

Giroflée. — Que n'ai-je votre calme !

Le Prince. — Allons, venez! J'entends les demoiselles d'honneur qui arrivent. Entrez dans le palais. Allez vous reposer dans votre chambre. Moi. je vais me préparer à recevoir bien dignement les voyageurs. Cils sortent). (Entrent, demoiselles

d'honneui

1re demoiselle. — Les voici ! Ils arrivent.

2e demoiselle. — on entend déjà les chevaliers chanter le long de La roui

5' et 4° demoiselles. — Rangeons-nous I Ms bien ! Jeanne, refais mon nœud !

- boucles! D

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