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NUIT A U JARDIN

Connais-tu la douceur des beaux jardins nocturnes Où, sous les baisers blancs de la lune, les fleurs Voluptueusement froides et taciturnes Versent leurs parfums lourds dans la lumière en pleurs ? Connais-tu la douceur des beaux jardins nocturnes?

Comme une fleur qui chante, en la vasque d'eau vive

Sur sa tige s*élance et tinte le jet d*eau,

Et, lys surnaturel, sa corolle plaintive

Monte en désirs mourants vers Tastre jeune et beau.

Comme une fleur qui chante en la vasque d*eau vive.

Viens I La brise épuisée a des saveurs étranges. Viens ! Je sais le secret d'un amour singulier Dont le charme interdit étonnerait les anges ; C'est un fruit oublié sur l'antique espalier. Viens ! la brise épuisée a des saveurs étranges

Une virginité douloureuse et divine S'évapore dans Tair comme un encens très doux. O bonheurs incréés qu'un cœur souffrant devine ! Voici, voici qu'expire éperdument en nous Une virginité douloureuse et divine.

— Aux paradis gelés, où la neige et le givre Se pâment sur les flancs exsangues des glaciers, La volupté du froid et du silence enivre Conune un léthé cruel les cœurs émaciés Aux paradis gelés de la neige et du givre.

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