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LE PHOQUE

Symbole de ma destinée, Un phoque au regard singulier Ainsi qu'un démon familier Habite ma maison damnée.

Dans Tappartement angoisseux, Parmi les meubles, les tentures, Les bibelots et les gravures, Son corps ovoïde et poisseux

Se tord en sursauts de reptile Et pour ce monstrueux ébat Contre le flanc flasque qui bat.

Colle la nageoire inutile.

Mes yeux, que fige la terreur, Au fond de ses prunelles glauques Voient les jeux fous des vagues rauques.

Les squales ivres de fureur.

Les croûtes plates des limules.

De baveux bivalves ouverts Et sous de trattreux fucus verts De longs lacis de tentacules.

Monstre, ainsi nagent dans mes yeux Des reflets d'effroyables joies Et la sombre image des proies Qu'engloutit mon cœur vicieux.

Évadé d'un enfer iminonde, Je garde irréparablement L'amour affreux et le tourment De ce sinistre et hideux monde.

Mais au vierge, au sévère azur, Reniant la fange subie.

Ne puis-je en mon âme amphibie Offrir un culte neuf et pur ?

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