‹ La nuitChapitre 40 sur 119 · LA MADONE · texte numérisé non relu

LA MADONE

Au pré fleuri de scabieuses

Et de roses violacées

Mes tristes mains, mes mains blessées

Joignent leurs pâles chairs pieuses.

Mes sombres lèvres sérieuses Chantent mes obscures pensées Au ciel de flammes trépassées Où passent des ailes soyeuses.

Je suis la Madone au cœur noir.

Mes ténébreuses meurtrissures Filtrent le sang épais des mûres.

Et je traîne en l'effroi du soir, •

Parmi les amers végétaux,

Les deuils verts de mes longs manteaux

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