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Il est inutile, croyons-nous, de nous livrer à une longue interprétation des résultats consignés dans notre tableau. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : ce sont des arguments d'une force brutale qui ne laisse place à d'autre qu'à elle-même. On ne peul qu'en tirer des conclusions, mais avant de donner celles-ci qui seront, du reste, des plus brèves, il nous reste à parler, en dernier lieu, des résultats obtenus par M. Empereur lui-même dans son étude si écourtée sur la « Nutrition normale dans Vhystérie ». Sur ce terrain, M. Empereur semble moins affirmatif que précédemment.
« Nous avons annoncé, dit-il, que certains hystériques conservaient l'intégrité de leurs fonctions nutritives etnous n'avons point encore cité d'exemples pour établir cette nouvelle catégorie. Nous allons donc rapporter brièvement deux observations que nous avons prises à l'hôpital Suint-Antoine et qui servi-
chez l'homme sain, l'aliéné, Vépileptique et l'hystérique. [n-8<> de 220 i». Paris, 1884). Nous ne tiendrons compte que des résultats obtenus chez l'homme sain, M. Mairet ayant lui-même pris soin de caractériser ainsi qu'il suit ses recherches chez les hystériques (p. 213) : « L'histoire qu'exerce i'hystérie sur l'élimination de L'acide phosphorique esl toute à faire: nous ne connaissons aucun travail ayant trait à cette question. Après nos recherches même, celle-ci ne sera que posée, tics recherches, en effet, ne purlent que sur deux hystériques, chiffre évidemment trop failde pour nous permettre de tirer des conclusions : de plus elles sont, sous certains rapports,' sujettes à discussion. Nous n'avons pas pu exercer, chez nos hystériques, une surveillance suffisamment attentive, semblable," par ^exemple, à celle que nous avons exercée sur les
aliénés et les épileptiqueS qui font le sujet des expériences relatées
proédemment, de sorte que nous ne sommes pas certain que l'urine de* vingt-quatre} heures ait toujours été recueillie d'une manière absolument régulière ».
ront au moins à indiquer le fait si elles ne l'établissent pas. »
La première observation a trait à une jeune femme de 18 ans et comporte seulement trois analyses, lesquelles, du reste, sont tellement rapprochées d'accès convulsifs qu'elles prêteraient facilement le flanc à la critique.
« Le 23 mai, joui' de la dernière attaque, la malade urine 1000 c. c. et rend 15 gr. d'urée par jour; le 24, elle urine 1500 e. c. et rend 16 gr. 7 d'urine et 2 gr. 7 d'acide phosphorique ; le 25, elle urine 1300 c. c. et donne 15 gr. d'urée par jour. Elle expire 5 litres d'air par minute ou 7200 par jour qui est un chiffre tout prés du chiffre normal ; elle donne pour 100, en volume d'air expiré, 3 c. c. d'acide carbonique. »
La seconde observation est meilleure en tant que se rapportant véritablement à la nutrition normale dans l'hystérie. Nous la résumons ainsi qu'il suit :
Femme.de 20 ans, malade depuis 18 mois : attaques convulsives, puis attaques de sommeilqui durent plusieur» jours. Pendant une année, hémiplégie droite et vomissements incoercibles pendant trois; hématémèses. Actuellement les attaques ont disparu; il reste une céphalalgie intense avec clou hystérique; lecôtédroil est anesthôsique; le gauche, au contraire, souffre d'une hyperesthésie très douloureuse.
« Elle ressent aussi des douleurs nu niveau des ovaires et au niveau de l'estomac: on ne peut passer la main, même très légèrement, sur ces régions, sans
déterminer une sensation très pénible. Cependant, la malade a maintenant un excellent appétit, elle digère à merveille ; elle urine abondamment ; toutefois, elle ne va à la selle que tous les quatre ou cinq jours. La quantité de ses urinés pendant onze jours a varié entre 1000 C. c. et 1200 C. c. : son urée entre 18 et 25 gr. par jour; elle a rendu jusqu'à 21 gr. de chlorures el jusqu'à '3 gr. 50 d'acide phosphorique par jour. C'est elle qui a. une tï,is. 3. 491 ,552 globules rouges et une autre fois. 2.888.777. Elle expire quatre litres el demi par minute, ou 0,480 par jour; - ce, 5 et 3 c. c. d'acide carbonique en volume d'air. »
Et M. Empereur ajoute en terminant: « Ces deux faits semblent assez bien prouver que certaines hystériques ne présentent pas de troubles uutritifs. Nous ne pousserons pas plus loin la question qui, du reste. ;i besoin de nouvelles preuves pour être confirmée ». Ces nouvelles preuves, réclamées par M. Empereur, nous les apportons aujourd'hui et nous les croyons de nature à satisfaire les plus difficiles. Elles nous amènenl aux conclusions suivantes :
( liiez l'hystérique, en dehors des manifestations pathologiques de la névrose autres que 1rs stigmates permanents, la nutrition s'effectue normalement. Nous faisons de plus, toutes nos réserves en ce qui regarde la nutrition dansla pathologie de l'hystérie. Toutefois, nous basant sur les' résultats présents et surun grand nombred'antres expériences qui seront rapportées ultérieurement, nous pouvons déjà dire, qu'à L'étal pathologique comme à l'état normal, les hystériques ne constituent pas, ainsi qu'on semble l'admettre, des êtres à part. Lorsque, chez
eux, l'assimilation ou la désassimilation ne se font pas, leur organisme en supporte parfaitement les conséquences en ce qui regarde l'ensemble des phénomènes biologiques.