‹ La nutrition dans l'hysterieChapitre 24 sur 24 · RÉSIDU F POUR · texte numérisé non relu

RÉSIDU F POUR

TERREUX

ALCALIN

TOTAL

Guir. . . , 24 ans.

Et. ordinaire

ce 2Ô50

gr.

gr

gr.

(salle Bouvier^.

Accès ... .

Lapersoii...,-iGans.

Et. ordinaire

(salle Bouvier).

OBSERVATIONS

Hyslérie avec stigmates sans attaques.

Monhinomanie.

Accès d'épileps:e.

Hystérieavec stigmatessans attaques.

Accès d'èpilepsie de courte durée.

Dans la période de 24 heures comprenant un accident convulsif, il excrète 1,925 c. c. d'urine, 41 gr. de résidu fixe, 36 gr. 57 d'urée, 2 gr. 65 d'acide phosphorique total, se décomposant en terreux Ogr. 85 et alcalins 1 gr. 80, dont le rapport normal de 40 à 100 exclut l'idée de l'inversion de la formule ordinaire observée dans l'hystérie.

Il y a donc augmentation très considérable de tous les éléments solides de l'urine. Comme dans l'hystérie on observe absolument le contraire, c'est évidemment

d'épilepsie dont il s'agit dans la circonstance. Le malade peut donc être étiqueté : morphinomane ; hystérique à stigmates sans attaques (actuelles) ; épileptique avec accès.

Le deuxième cas est aussi intéressant que le premier auquel, du reste, il ressemble singulièrement. Homme de 46 ans, 62 kilos, entré pour des accidents convulsifs survenant dans la nuit et aussi dans la journée : perte subite de connaissance, chute brusque, écume aux lèvres, secousses dans les quatre membres, hébétude consécutive au réveil. La langue n'est pas mordue, il n'urine pas involontairement. L'accès est de courte durée. Antérieurement à son entrée à l'hôpital, il a eu des attaques dont la description, toute différente delà précédente, ressortit nettement à l'hystérie.

On note une hémianesthésie droite sensitivo-sensorielle, amaurose complète à droite sans lésion du fond de l'œil, rétrécissement concenlrique du champ visuel à 10° à gauche avec micromégalopsie. Ces stigmates, joints à son état mental, à des rêves particuliers, indiquent nettement que le sujet est hystérique.

Les accidents convulsifs qui, cliniquement, sont épileptiques, ne seraient-ils donc que des attaques d'hystérie à forme épileptoïde ? L'analyse de l'urine des 24 heures, comprenant ces accès, va nous instruire à ce sujet.

A l'état normal, Lapers... excrète 1,250 c. c. d'urine 4,4 gr. 15 de résidu fixe, 24 gr. 75 d'urée, 2 gr. 34 d'acide phosphorique total , se décomposant en terreux 0 gr. 71 et alcalins 1 gr. 63 donnant le rapport normal de 43 à 100.

Dans la période d'accès des 24 heures il excrète ,310 c. c. d'urine, 52 gr. 30 de résidu fixe, 26 gr. 30 d uree, 2 gr. 75 d'acide phosphorique total, se décomposant en terreux 0 gr. 90, alcalins 1 gr. 85 donnant le rapport normal, sans inversion de formule, de 48 a 1(10.

Tous les éléments solides de l'urine sont augmentés;

ce n'est donc pas d'une attaque d'hystérie dont il s'agit, mais bien d'un accès d'épilepsie. On peut commencer le traitement par le bromure de potassium.

Nous l'avons dit, on peut observer encore bien d'autres cas où le diagnostic différentiel entre l'hystérie et l'épilepsie se trouve hérissé de difficultés presque insurmontables : nous pensons avoir assez insisté pour que, désormais, on puisse presque toujours arriver à trancher la question par la simple analyse des urines des 24 heures. C'est la conclusion générale qui se dégage des recherches que nous venons d'exposer et que la bienveillance et les conseils si éclairés de notre éminent maître, M. le professeur Gharcot, nous ont seuls permis de mener à bonne fin.

En terminant, et pour faciliter le contrôle de nos re cherches, nous allons résumer la technique que nous avons constamment suivie dans nos analyses.

Toutes les analyses, sans aucune exception, ont porté sur l'urine des 24 heures recueillie, le plus souvent possible, à l'aide de la sonde.

A. — Le volume de l'urine était rigoureusement déterminé à l'aide d'éprouvettes suffisamment étroites pour ne laisser place qu'à une erreur maxima de 5 centimètres cubes.

B. — Pour obtenir le poids du résidu fixe, nous nous sommes servis du procédé indiqué par Yvon (1), qui consiste à prendre 10 ce. d'urine, au moyen d'une pipette très exactement graduée. Les 10 ce. étaient évaporés à l'étuve dans une capsule rigoureusement tarée et le résidu pesé après refroidissement.

C. — Les dosages d'urée ont été faits à l'aide de l'appareil d'Yvon, au moyen de l'hypobromite de soude

(!) Manuel clinique de l'Analyse des urines, 3e édit., p. 25.

— Lia -

et sur la cuve à mercure. Ce procédé donne des résultats plus exacts que ceux des uréomètres à eau ; la solubilité des gaz dans une masse d'eau d'un volume variable et relativement considérable pouvant amener des erreurs notables.

D. — Pour le dosage de l'urée dans les vomissements, nous avons eu recours au mode opératoire décrit par M. Bouchard, dans la thèse de Juventin (1 87 4).

E. — Pour toutes nos analyses, et afin d'éviter les erreurs dues aux variations de température et de pression, nous avons procédé à un dosage comparatif fait sur une solution d'urée titrée qui donnait chaque fois le volume d'azote dégagé par 1 centigramme d'urée.

Dans les cas particuliers où nous avons voulu connaître la quantité totale d'azote que renfermaient les urines, nous nous sommes servis de la méthode de Will et Varrentrapp,qui consisteessentiellement, comme on le sait, dans la décomposition des matières azotées par la chaux iodée et dans la condensation de l'ammoniaque qui en provient, par l'acide sulfurique titré.

F. — Les phosphates ont été dosés au moyen de liqueurs titrées, suivant le procédé indiqué par M. Joulie : On prend 50 ce. d'urine, additionnés de 5 ce. d'une solution renfermant 100 gr. d'acétate de soude et 50 gr. d'acide acétique cristallisé par litre; ces 50 ce portés à l'ébullition dans une capsule de porcelaine sont traités par une solution d'azotate d'urane titrée qu'on ajoute goutte à goutte, jusqu'à ce qu'une goutte d'urine donne, avec une solution de ferro-cyanure de potassium, une coloration rouge dont la nuance est celle qui a servi à fixer le titre de la solution d'urane.

Pour séparer les phosphates alcalins des phosphates terreux, on verse dans l'urine assez d'ammoniaque pour la neutraliser ; les phosphates de chaux et de magnésie (phosphates terreux) sont précipités. Au bout de 24

ni; —

heures on recuit sur un filtre le mélange de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco -magnésien ; on le lave avec de l'ammoniaque étendu de 2 fois son volume d'eau distillée.

Le précipité retenu sur le filtre est dissous par l'acide acétique. On ajoute de l'acétate de soude et on dose l'acide phosphorique de cette solution avec la liqueur titrée d'azotate d'urane.

G. — Le dosage des chlorures a été fait au moyen de la méthode volumétrique de Mohr par l'azotate d'argent, en ayant soin de suivre la modification suivante : On verse la solution de nitrate d'argent dans 10 ce. d'urine acidulés franchement par l'acide azotique, neutralisés par du carbonate de calcium et colorés avec le chromate neutre de potasse. Par ce mode opératoire, les dosages volumétriques des chlorures sont aussi exacts que ceux qui sont faits par les méthodes les plus rigoureuses (1).

(1) Encyclopédie chimique (Chimie physiologique 5e édil., 1888, page 58. — Garnier et Schlagdenhauffen).

FAflïE. — iMP V. GOI-PT ET JOURDAN.RUE DEr.EK.VES 71.

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