RÉSIDU FIXE POUR 10U0 C. C
URÉE
ce.
gr.
Conq. . ., 34 ans.
Etat normal.
(salle Bouvier).
Tbur.., 48 ans.
Etatnormal-
(salle Bouvier).
Blanch. ... 29 ans.
Etat normal.
(salle Duchenne).
Attaque
Acide phosphor,
OBSERVATIONS
loo|
Epilepsie partielle vraie symptoinatique.
Epilepsie partielle, hystérique.
C'est dans ces conditions que, parmi plusieurs malades, nous en avons surtout observé deux qui, à plusieurs reprises, nous ont offert le tableau de l'èpilepsie partielle La plus caractéristique. Chez le premier, l'accès commençait par le bras droit, gagnait la face, puis la jambe droite, avec morsure de la langue, perte de connaissance et convulsions généralisées. Chez le second,
en particulier, la présence du phosphore incomplètement oxydé clans l'urine des hystériques, et dans d'autres états f"?veuf; (Voy. Titre* et travaux de R. Lèpine, Lyon, Stprck, 1887, p. Il et suiv.)
l'accès débutait par la jambe gauche, le bras, la face, morsure de la langue et convulsions généralisées. Tous les deux paraissaient indemnes de syphilis.
Or, si Ton veut bien considérer le tableau XXIV, on verra que, chez tous les deux, l'accès d'épilepsie partielle élevait singulièrement le taux de tous les éléments constitutifs, au point, chez le premier, de tripler le poids de l'urée dans les 24 heures. Dans les deux cas, l'acide phosphorique total était augmenté, comme tous les autres éléments, sans inversion de la formule des acides terreux et alcalins.
L'accès cVépilepsie parh'e^e symptomatique , comme l'accès d'épilepsie ordinaire , augmente donc le taux des éléments constitutifs de l'urine des 24 heures (1).
A côté de ces deux cas, nous avons placé un exemple d'épilepsie partielle hystérique dont nous avons déjà parlé en traitant ce sujet. La malade présentait au complet les stigmates caractéristiques de la névrose ; elle avait, de plus, dos accès convulsifs aux quatre périodes, ce qui ne l'empêcha pas un jour de présenter une série d'accès d'épilepsie partielle débutant par le bras droit, et que d'iniquement il était absolument impossible de différencier de l'épilepsie partielle symptomatique. L'examen de l'urine nous permit de faire cette différenciation. En effet, alors que l'état normal donnait 1 ,080 centim. cub. d'urine, 45 gr. 20 de résidu fixe,
(1) Nous avons nu récemment l'occasion d'observer un 3e cas qui nous a donné des résultais absolument concordants avec les précédents. Homme de 35 ans, poids 71 kilos, syphilis ; epilepsie partielle débutant par le bras droit, gagnant la face, perte de connaissance Etat normal (moy. de 4 analyses) ; urines, vol. 1200 c. c; résidu fixe pour 1000c. c, 47 gr. ; urée, 20 gr. 50 ; acide phosphorique total, 2 gr. 70, se décomposant en : alcalin, 1 gr. 95 et terreux 0 gr. 75, donnant le rapport normal de 40 à 100 ; le 8 décembre, accès de moyenne intensilé : urines, vol., 1300 c. c, résidu fixe p. 10U0 c. c, 53 gr. ; urée, 31 gr. ; acide phosphorique total, 4 gr. 05, se composant en : alcalin, 2 gr. 80 et terreux 1 gr. 25, donnant le rapport normal de 43 à 100.
19 gr. 50 d'urée, 2 gr. 17 d'acide phosphorique total, on trouvait, pour la période d'accès des 24 heures, 910 centim. cub. d'urine, 30 gr. 80 de résidu fixe, 8 gr. 55 d'urée, 1 gr. 70 d'acide phosphorique total. A cette époque, nous ne connaissions pas encore l'inversion de la formule des acides phosphoriques ; la différenciation n'en fut donc pas faite, c'est un point qu'il ne faudrait pas négliger dans les analyses ultérieures.
En résumé, l'attaque d'épîlepsie partielle hystérique se juge par V abaissement du taux de tous les éléments constitutifs de Vurine des 24 heures.
Chimiquement, il est donc aussi facile de différencier l'accès d'épilepsie partielle symptomatique d'avec l'attaque d'épilepsie partielle hystérique que de différencier l'accès d'épilepsie ordinaire d'avec l'attaque d'hystérie convulsive aux 4 périodes.
Ce fait est, croyons-nous, de la plus haute importance en clinique, aujourd'hui que la trépanation occupe une place prépondérante dans le traitement curatif de l'épilepsie partielle symptomatique. Connaissant les résultats que nous venons d'exposer, sachant la difficulté qu'il y a de différencier de visu l'accès d'épilepsie partielle symptomatique de l'attaque d'épilepsie partielle hystérique, on ne pouvait s'entourer de trop de précautions et, avant d'entreprendre une grave opération, il serait indispensable de faire l'analyse de la période d'accès des 24 heures, comparativement avec la période correspondante d'état normal. On évitera peut-être, de cette façon, bien des surprises désagréables.
III. — Les précédentes considérations s'appliquent également à la différenciation des états de mal hystérique et épileptique. En ce qui regarde ce dernier, M. Mairet s'exprime ainsi (p. 209)/ « Sous l'influence de l'état de mal épileptique, l'azote rendu par 24 heures •est augmenté et l'acide phosphorique total est aug-
menté. » Cela, comme nous l'avons démontré, est juste le contraire de ce qui s'observe dans l'état de mal hystérique à forme épileptoïde qu'il est si facile de confondre avec l'état de mal épileptique vrai. Ces différences rassortiront mieux de la comparaison de deux cas rapportés dans le tableau suivant (Tab. XXV).
Tableau XXV.
Comparaison entre l'état de mal épileptique et l'état de mat hystérique à forme épileptoïde.
NOMS
R . . . , 50 ans.
Habil. . ., 35 ans.
(salle Duehenne, de Boulogne).
Acide phosphor.
VOLUME
Èj u tao
TERREUX 1
Et. ordinaire
ce >
gr.
gr- 15.33
gr- 0.4-2
gr 0.90
gr.
Etat de mal.
Et. ordinaire
Etat de mal.
OBSERVATIONS
Etat de mal épileptique (Mairet, tab. LXX1X
1001 Etat de mal hystérique 92 [ à forme épileptoïde.
lUÛ
On voit combien ces notions peuvent être capitales au point de vue du pronostic à porter chez un individu en état de mal dont on ignore totalement les antécédents. Si l'état de mal revêtait la forme d'épilepsie partielle, on pourrait être malheureusement conduit à intervenir rapidement d'une façon chirurgicale.
Nous rappellerons que ce qui existe pour l'état de mal hystérique à forme épileptoïde ou à forme d'épilepsie partielle se rencontre également dans les autres états de mal léthargique, délirant, etc. Au point de vue du diagnostic différentiel avec certains délires en particulier, on trouvera encore dans nos recherches des éléments de différenciation. Nous insistons de plus sur ce fait que, désormais, onpeutprévoir la durée des états de
mal hystérique et prédire le réveil en se basant sur les caractères biologiques que nous avons attribués à ces manifestations; c'est un point que nous avons fait ressortir à diverses reprises et sur lequel nous ne saurions trop appeler l'attention.
IV. — On se rappelle que nous avons démontré que certaines manifestations hystériques : chorée rhythmée, bâillements, toux, survenant sous forme d'attaques, donnaient chimiquement les mêmes résultats que l'attaque convulsive elle-même.
Au point de vue du diagnostic différentiel, ce sont là des caractères importants.
En ce qui regarde la chorée, d'après des recherches que nous avons faites et que l'on trouvera consignées dans la thèse de notre ami le Dr Huet (1), il est résulté de l'analyse de 5 cas de chorée chronique que la nutrition n'était pas modifiée dans la maladie de Huntington, ce qui, antérieurement à nous, avait été démontré par Huber ( 2) chez un do ses malades. Dans un cas de chorée d : Sydenham sans fièvre, que nous avons observé, les échanges nutritifs restaient également normaux.
Pour ce qui est des bâillements, M. Ch. Féré (3) a décrit, chez un épileptiquc, des bâillements qui ne sauraient, en tant qu'expression symptomatique, être différenciés des accès de bâillements hystériques. Dans le cas de M. Féré, l'analyse des urines ne fut pas faite. Nous le signalons seulement pour dire qu'en pareille occurrence on trouverait dans les urines, connaissant ce que donnent les attaques de bâillements hystériques, un précieux élément de diagnostic différentiel.
Il en est de môme, pour certaines quintes ou attaques de toux, quelquefois fort difficiles à classer lorsqu'il
(!) De la chorée chronhiue. Th. Paris, 1888-1889.
(2) Virchow's Archiv., 1887.
(3) Nouvelle Iconographie de la Salpêlrière. (. I, n°4, p. 163,
n'existe pas de stigmates permanents ou d'autres phénomènes inhérents à la névrose, ce qui est souvent la règle, comme la démontré M. Charcot pour ces manifestations mono-symptomatiques de l'hystérie : toux, bâillements, hoquets, etc. (1). L'analyse des urines permettra de dire, au moins, si la quinte ou mieux l'attaque de toux est ou n'est pas hystérique.
V. — Les cas que nous venons d'envisager sont pour ainsi dire des cas simples, il s'en présente assez fréquemment en clinique de plus compliqués. Pour prendre un exemple : un malade vient consulter : subitement, pendant la nuit, il a perdu connaissance, s'est mordu la langue, s'est débattu, a uriné sous lui, ne s'est souvenu de rien à son réveil. On porte, et avec raison, le diagnostic d'épilepsie. A quelque temps de là, l'attaque survient en plein jour, elle a été précédée d'une sensation d'étouffement; après des convulsions toniques se sont montrés, l'arc de cercle, des attitudes passionnelles ; la perte de connaissancea été incomplète : le diagnostic d'hystérie s'impose. Le premier diagnostic était-il donc faux ? Pas du tout, il y avait coïncidence chez le même sujet del'épilepsie et de l'hystérie. Cette différenciation chez le même individu de deux états qui, objectivement, ont tant de points de contact est certainement une des plus belles découvertes dont M. Charcot ait enrichi la science.
Aujourd'hui, il nous est possible, chimiquement, de démontrer, d'une façon irréfragable, que l'hystérie et lepilepsie peuvent exister chez le même sujet et évoluer chacune pour son propre compte.
Le tableau XXVI renferme les analyses différentielles de deux malades du service de la Clinique, qui étaient à la fois hystériques et épileptiques.
On nous permettra d'y insister quelque peu, car nous n'avons pas besoin de dire que c'est là une des questions les plus importantes en clinique nerveuse.
(1] Leçons du mardi, 1888-1880, p. 6.
Tableau XXVI.
Coexistence et différenciation chez le même sujet de l'attaque d'hystérie et de l'accès d'êpilepsie.
Acide phosphor.
OU
NOMS
3Î os
u •w es
TERREUX
ALCALIN
cS
osî
OBSERVATIONS
Glésie. . ., 21 ans
Etat normal.
gr.
gr.
gr.
gr
Etat normal.
Attaque . . .
Hystérie.
(salle Duchenne).
Accès
Epilepsie.
Etat normal.
Etat normal
Mathil.... B. .,
28 ans, 61 k.
Attr.que ....
Hystérie.
(salle Cruveilhierï,
Epilepsie.
rr 23.
A l'état normal, Cles., âgée de 21 ans, pesant 72 kilos excrète 1,150 c. c. d'urine renfermant 44 gr. 40 de résidu fixe, 22 gr. d'urée, 2 gr. 42 d'acide phosphorique total, se décomposant en terreux, 0.70 et alcalins 1 gr. 72, donnant le rapport normal de 40 à 100.
Quelques jours plus tard, elle présente une manifestation convulsive cliniquement hystérique. Aussi excrètet-elle dans la période de 24 heures, 1,350 c. c. d'urine, 33 gr. de résidu fixe, 14 gr. d'urée, 1 gr. 48 d'acide phosphorique total, se décomposant en terreux 0.56 et alcalins 0 gr. 92, donnant le rapport de 63 à 100 constitutif de l'inversion caractéristique de la formule des phosphates.
La clinique et l'analyse chimique sont d'accord ; c'est donc d'une attaque d'hystérie dont il s'agit.
Survient une autre manifestation convulsive cliniquement épileptique. L'analysede lapériodede 24heures
— no —
donne 1,320 c. c. d'urine, 48 gr. de résidu fixe, 27 gr. 30 d'urée, 2 gr. 92 d'acide phosphorique total, se décomposant en terreux 0.87 et alcalins 2 gr. 05 donnant le rapport normal de 42 à 100.
Dans la première attaque, il y avait diminution de tous les éléments solides de l'urine, dans la seconde, il y a augmentation par rapport à l'état normal ; c'est bien d'un accès épileptique dont il s'agit.
Le deuxième cas (Math. 13..., 28 ans, 61 kilos), prête à des considérations absolument analogues.
Chimiquement, connaissant l'état normal d'un sujet, on peut donc dire s'il est atteint d'hystérie, d'épilepsie, ou à la fois des deux affections (1).
VI. — Chez les deux malades dont nous venons de parler, le ^diagnostic clinique n'était pas douteux; nos recherches n'ont fait que le corroborer. Mais on conçoit qu'il puisse ne pas toujours en être ainsi. A ce propos, il nous serait bien facile de multiplier les espèces. Nous en envisagerons seulement quelques-unes que nous avons eu l'occasion d'observer.
Il est des accès d'épilepsie avec aura abdominale, simulant l'aura hystérique , sur lesquels insiste M. Charcot, et pour qui l'analyse des urines ne saurait être une quantité négligeable.
Chez certains épileptiques il survient, après l'accès, un rétrécissement concentrique du champ visuel, rappelant à s'y méprendre le rétrécissement si fréquemment observé chez les hystériques (2), phénomène dont l'observation pourrait singulièrement faire hésiter, en présence surtout de quelques anomalies dans l'accès.
La malade Dav., 16 ans, dont nous avons donné l'observation dans le tableau XXIII, était justement
(1) V. à ce sujet l'exposé des résultats que nous avons obtenus et qu'a bien voulu faire M. le professeur Charcot dans ses Leçons du Mardi, 10 mars 1889 (18e Leçon».
(2) Leçons du mardi, 1888-18S9, p. 117.
<lans ce cas. L'analyse eut démontré, s'il en eût été besoin, qu'elle était épileptique et non hystérique.
Enfin, il est des cas beaucoup plus complexes encore que nous avons observés et pour lesquels l'analyse des urines a été d'un singulier secours. Nous en rapportons ■deux.
L'histoire du premier, Guir., 24 ans, 58 kilos, lequel a fait l'objet d'une leçon clinique do M. Charcotqui, dans la circonstance, a bien voulu, encore une fois, parler de nos recherches avec la plus grande bienveillance (l), peut se résumer en ces termes : Hérédité nerveuse très chargée; à 7 ans, accès nocturnes pendant lesquels il se mordait la langue ; devenu morphinomane à 18 ans ; à 22 ans, fièvre typhoïde, à la suite de laquelle surviennent des attaques très espacées cliniquement hystériques.
Il entre à la Salpêtrière où, en dehors des phénomènes d'une morphmomanie invétérée, on constate chez lui une anesthésie tégumentaire totale, sauf au niveau d'une zone sous-ombilicale hyperesthésiée ; un rétrécissement concentrique à 30° du champ visuel avec dyschromatopsie, etc., en un mot, les stigmates les plus caractéristiques do l'hystérie. Il n'est donc pas douteux qu'il s'agisse d'un hystérique morphinomane. Tenu en observation pendant 3 mois, il a 3 ou 4 fois par semaine des accidents convulsifs nocturnes ou matinaux, pendant lesquels la perte de connaissance est subite, la langue mordue, l'émission d'urine involontaire, le souvenir totalement aboli au réveil. Pas de phénomènes convulsifs d'autre nature.
( les accès appartiennent-ils à l'hystérie, dont les stigmates observés rendent la présence actuelle indubitable, ou à Pépilepsie qui, à n'en pas douter, a affligé le malade depuis l'âge de 7 ans. Seraient-ce là des attaques d'hystérie à forme ép'ileptoïde ? Le traitement
lïtSemaim médicale, épilepsie, hystérie, morphinmnanic, leçon <lc M. Charcot, 3 juillet 1889, p. 221 cl \&* Leçon du mardi, 1880-
dépend du diagnostic : faut-il donner le bromure, si efficace dans l'épilepsie, si inefficace clans l'hystérie?
L'analyse des urines va trancher la question. A l'état normal, Guir..., qui est polyurique à un certain degré, excrète 2,650 c. c. d'urine, 22 gr. de résidu fixe pour 1,000 c. c, (notation constamment employée, comme nous l'avons dit, dans nos analyses), 21 gr. 73 d'urée, 2 gr. 03 d'acide phosphorique total, se décomposant en terreux 0 gr. 55 et alcalins 1 gr. 48 donnant le rapport normal de 36 à 100 (Tabl. XXVII).
Tableau XXVII.
Accès d'èpilepsie chez deux hystériques à stigmates et sans
attaques hystériques.
Acide phosphor.
NOMS
VOLUM