URINE SECONDAIRE
Volume. . . . 810 c. c
Résidu fixe. M gr.
Urée 12.93 »
Àc. phosph . 1 .48 »
Volume.. . . I .280 ce
Résidu fixe. 37.10 gr.
Urée 14.08 »
Ac. phosph . 1 .65 »
Volume. . . . 300 ce
Résidu fixe. 19.14 gr.
Urée 7.90 »
Ac. phosph. 0.89 »
rites de l'urine primaire qui, d'ailleurs, eu ce qui regarde les matériaux solides, n'est que la copie très diminuée de l'urine secondaire. Gela se comprend, du reste, car les modifications nutritives que l'attaque entraîne avec elle vont en se dégradant peu à peu à partir de l'attaque, dans une période que les analyses nous ont montré ne pas dépasser 24 heures.
L'étude des phosphates est peut-être encore pins instructive que celle de l'urée; en tous cas. elle offre un grand attrait par sa nouveauté même. En la faisant, nous croyons avoir trouvé dans les urines de la période d'attaque des caractères tout à fait spéciaux que personne n'avait signalés avant nous, pas plus, du reste, que les précédents, et qui nous paraissent avoir, tant pour le clinicien que pour le physiologiste, une importance de premier ordre.
Chez l'individu sain comme chez l'hystérique, à l'état normal, l'acide phosphorique total varie dans les 24 heu-
ros entre 2 gr. et 2 gr. 57. Or, dans nos dix cas et pointa période de 24 heures comprenanl L'attaque, la quantité totale de cet acide a oscillé entre un maximum de 1 gr. 71 (ii° 1) et un minimum de (» gr. 7!) (n° 3) avec une moyenne de 1 gr. 24, la moyenne normale pour nos 10 malades étant 2gr. t'-». Mais l'étudede L'acide phosphorique, considéré uniquemenl dans sa totalité, serait tout à l'ait insuffisante dans la circonstance. On pouvait s'en contenter autrefois, mais cela n'est pins permis aujourd'hui après les recherches de M. Mairet. Rappelons, avant d'aller plus loin, que cet acide phosphorique, éliminé normalement par Jes urines, se décompose en acide phosphorique terreux — chaux et magnésie, — et en acide phosphorique alcalin — soude et potasse. M. Mairet étudiant, comme nous l'avons dit, l'élimination de cet acide dans divers étals nerveux, écrit (op. cil. p. 29.) :
« Il est absolument indispensable au point de vue b io logiq u e d'étudier c o m par a ti v e m en t V é 1 i m i n at i o n de l'acide phosphorique uni aux terres et do l'acide phosphorique uni aux alcalis, et nous verrons que cette étude nous permettra de distinguer ce qui revient dans un cas donné au travail musculaire, de ce qui revient au travail intellectuel dans l'élimination des phosphates. Ces doux travaux agissent, en effet, d'une manière toute différente sur les phosphates solubles et les phosphates insolubles. »
Négligeant pour le moment la seconde partie interprétative de la proposition de M. Mairet, nous dirons que les auteurs et celui-ci (p. 33) avec eux, s'accordent à admettre que le chiffre des phosphates alcalins, soude et
potasse, étanl représenté par 100, quantité constante, celui des phosDhates terreux, chaux el magnésie, variera entre 25 ei 44. Exemple : étanl donné une moyenne de 2 gp&i 50 pour L'acide phosphorique total des 24 heures, Les phosphates alcalins pèseronl 1 gr. 90 et les phosphates terreux 0 gr. 60, c'est-à-dire que rions aurons 'tt parties de phosphates terreux pour 100 parties de phosphates alcalins (25 à 40 pour 100 des phosphates éliminés, d'après Francesco Roncati, Harley, Rabuteau, Teissier, etc. ; Mairet, p. 33).
Ces prémisses posées, rions pouvons aborder l'étude plus complète de l'élimination des phosphates dans L'attaque d'hystérie. Chez nos <li\ malades, nous avons dit que la quantité d'acide phosphorique total était constamment abaissée en moyenne à I gr. 24, leur moyenne normale étant de 2 gv. 19. Or, si chez eux on étudie comparativement L'élimination des acides terreux el alcalins, ou noie 1res nettement qu'au lien de la proportion normale de 25-44 d'acides terreux pour 100, quantité constante d'acides alcalins, ou trouve <S(), ce qui porte la proportion au double de la proportion normale, en ne tenant compte que du maximum 44.
En résumé, à L'état normal, les acides terreux étant aux acides alcalins comme J esl à :5, dans la période d'attaque, la proportion tendra à devenir presque comme 1 est à 1, c'est-à-dire que les quantités respectives des deux acides tendront à s'égaliser, toutes réserves faites bien entendu en ce qui regarde la quantité totale qui, comme nous l'avons dit. est très diminuée pendant l'attaque, comparativement à l'étal normal, cette diminution portant d'ailleurs, mais inégalement, sur les deux acides. Exemple : chez le n" à l'état mu-mal . nous avons pour les 24 heures : 2 grammes d'acide phospho-
rique total se décomposai! I en alcalins: J gr. iO, el terreux : 0 gr. 60. Pendant la période d'attaque des %k heures, nous avons : acide phosphorique total, 0 gr. 95, se décomposant en alcalins, 0 gr, 42 el terreux, Ogr. 43.
Os remarques, qui portent sur lurine totale, sont applicables aux urines primaire el secondaire considérées séparément, avec celte particularité, qu'à l'instar de L'urée, l'urine primaire est 1res pauvre en acide phosphorique, comparativement à l'urine secondaire. Les résultats que nous venons d'énoncer en ce qui concerne l'acide pliosphorique sont constants, indéniables el nous pouvons ajouter : ils nous semblent, dans l'étal actuel de la science, pathognomoniques de l'attaque d'hystérie, ce que nous aurons soin de faire ressortir en traitant du diagnostic chimique différentiel de cette attaque avec les autres attaques qui La pourraient simuler.
Nous avons également dos»' tes chlorures dans L'urine de nos dix malades. Sans insister davantage, nous pouvons dire que, pendant la période d'attaque, ils suivent la marche décroissante du résidu fixe el que, comme l'urée et les phosphates, ils sont constamment diminués (1).
( îette étude des chlorures a été fructueuse, car elle nous
(1) On sait que M. le professeur Lépine, de Lyon, a le premier, en L879, constaté l'élévation du Unix des acides phosphoriques, terreux et alcalins dans l'attaque et les vertiges épileptiques (Lépineel Jacquin: Sur l'excrétion de l'acide phosphorique par l'urine dans ses rapports avec celle de l'azote. Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, 1879) . Nous aurons l'occasion, au chapitre du diagnostic différentiel, de revenir sur ces recherches ei sur celles postérieures de M. Mairet. M. Lépine, a de plus, étudié Je phosphore incomplètement oxydé dont les variations (par rapport à l'azote) se rencontreraient, «dans certains états nerveux, notamment après une attaque d'apoplexie, d'épilepsiè, voir même d'hyst-! rie et (chez le chien) après l'intoxication par la morphine, le bromure de potassium, etc. »
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