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a permis d'éviter une erreur. En effet, chez les trois malades qui fout l'objet du tableau IV, on note , de prime abord, que le résidu fixe pris en bloc est supérieur à la moyenne normale. ( ;es trois cas semblaienl donc faire exception à la règle qui se montrait constante dans 10 autres. Or, l'analyse qualitative nous a montré que les phosphates et Purée étaient encore diminués dans les proportions constatées chez nos dix premiers malades pendant la période d'attaque. L'augmentation du résidu fixe portait uniquement sur les chlorures qui étaient niontésàl6gr.(n° 1 1 19 gr. (n° 2) et!4gr.
( n° 3) alors que la
moyenne normale aurait du être de S à 12 gr. La quantité des sulfates n'avait pas varié.
Gomment interpréter cette augmentation des chlorures qui semble véritablement anormale dans la circonstance? Neubauer et Vogel (1) disent « avoir souvent observé que l'excrétion du chlore était momentanément beaucoup augmentée par un accroissement de l'activité du corps et de l'esprit. » « D'après Rollo et Cruikshanks, dit Briquet (p. 485), les urines des hystériques contiendraient plus de chlorhydrate d'ammoniaque et de chlorure de sodium que l'urine normale, et l'urée, ainsi que les matières organiques y manqueraient. » Mais l'état normal et l'état pathologique de l'hystérie ne sont pas différenciés.
On pourrait peut-être songer à incriminer l'alimentation, étant donné surtout que, chez les hystériques, le goût esl souvent perverti et qu'ils font ordinairement un usage abusif des condiments. Mais il faut bien savoir qu'à ce point de vue l'absorption exagérée de chlorure de sodium ne se traduit nullement par une élimination physiologique comparative des chlorures (Neubauer et Vogel). Chez nos malades, la question était du reste facile à résoudre: il suffisait de rechercher (ruelle était la quantité de chlorure de sodium qu'elles éliminaient à l'état normal. Cette quantité était de 11 gr., 12 gr. 08 et 11 gr. 03, égale comme on le voit à la moyenne normale. La différence entre la quantité des chlorures éliminés à l'état normal et pendant la période d'attaque, nous montre donc(tabl. IV) que c'est uniquement à celle exagération de l'excrétion chlorurée qu'il fallait attribuer l'éléva-
\\) De t'urine et des sédiments urinai res, 2<* édition française 1877. p. 400.
tion du résidu fixe pendant l'attaque, l'urée et les phosphates restant comme d'ordinaire, pendant cette période, au-dessous de la normale.
Aussi, nous semble-t-il nécessaire de conseiller aux auteurs qui voudraient contrôler ces recherches, ou en faire dans un bul pratique — en vue duquel, d'ailleurs, les nôtres ont été instituées — au cas où ils observeraient L'abaissement de l'urée et des phosphates, joint aux altérations particulières dans les rapports de ces derniers entre eux, coïncidant avec une augmentation du résidu lixe, de doser les chlorures afin de ne pas s'en laisser imposer par une fausse apparence.
Exûste-t-il dans les urines de la période d'attaque hystérique des éléments anormaux? « Gibb, Goolden, nous apprend Briquet (p. 486), disent avoir trouvé du sucre dans les urines de plusieurs malades atteints H9 affections nerveuses, et M. Reynoso avance qu'il en a aussi trouvé chez les hystériques. M. Michéaet M. Kletginski ont observé le cont raire. »
MM. Léco relié et Talamon (1) semblent plus affirmatifs: « L'hystérie donne-t-elle lieu à l'albuminurie au moment des crises? Il n'y a rien de certain à cet égard. D'après Martin Solon, Peschier aurait constaté la présence de l'albumine à la fin desaccès hystériques, Maclagan signale Le même fait. Fiori a noté souvent aussi une albuminurie légère chez les hystériques après les convulsions. Mais les auteurs sont, en général, muets sur ce point. Il est permis, cependant, de penser que l'albuminurie transitoire ne doit pas être rare dans l'hystérie. Le rein n'échappe pas aux trouhles vaso-moteurs variés
il) Traité de l'albuminurie et du mal de BriyhL Paris, L888, page 285.
qui caractérisent cette névrose: Migurie, l'anime etla polyurie hystériques suffisent pour en témoigner ; l'albuminurie, due aux mêmes modifications vasculaires, ne saurait paraître un phénomène extraordinaire. Lépine dit même avoir observé chez une hystérique, en dehors de toute attaque et de toute oligurie, une albuminurie qu'il attribue directement à l'influence nerveuse. L'interprétation peul sembler discutable, la malade ayant eu «ni même temps un peu d'anasarque; niais l'œdème et l'albuminurie furent transitoires, et Lépine n'hésite pas à affirmer l'origine hystérique de cette albuminurie, qu'il compare à l'albuminurie passagère des jeunes gens, »
Pour notre part, et nous en tenant exclusivement aux attaques convulsives, sur un total de 36 attaques comprenant 92 analyses des 2k heures, nous n'ayons jamais noté dans l'urine la présence d'éléments anormaux, sucre, albumine par exemple. On admettra bien que, parla persistance même de nos recherches, qui, comme on le verra, ont encore porté sur nombre d'autres phénomènes convulsifs cle l'hystérie, en dehors de l'attaque proprement dile. noire opinion soit d'un certain poids dans l'espèce.
si, maintenant, nous cherchons à résumer l'ensemble des résultats que nous avons obtenus, nous dirons: L'attaque d'hystérie convulsive, comprenant une période R analyse des urines de 2k heures dater de son début, se caractérise par un ralentissement général delà nutrition qui est nettement sous sa dépendance. Le résidn fixe, l'urée, les phosphates son! diminués dans la proportion d'un tiers environ par rapport à l'état normal. Le rapport del'acide phosphorique terreux à l'acide phosphorique alcalin des deux formant l'acide phosphorique
total) qui, à l'état normal, est en chiffres ronds comme 1 est à 3, terni à devenir comme 2 est à 3, sinon plus. Lorsque le résidu fixe est égal, sinon supérieur à la moyenne normale, cette proportion tient à l'augmentation des chlorures que nous avons notée dans :J> cas, la proportion des antres éléments constituants restant (railleurs telle ({ne nous l'avons établie.
Ces rapports généraux sont contenus dans le tableau V qui renferme les moyennes comparatives des dix cas analysés dans le tableau n" II.
• Pour ce qui est de la polyurie signalée par la plupart des ailleurs, les moyennes montrent que, sons ce rapport, le volume de L'urine des 24 heures de la période d'attaque est à peu près égal an volume de L'urine de la même période d'état normal. 11 faul tenir compte toutefois de ce fait, que l'urine ('mise aussitôt après l'attaque (urine primaire) comprend souvent les 2 3 de l'urine des 24 heures. A ne considérer que celle première miction, il y a donc polyurie relative. L'urine primaire présente, dans sa constitution, les mômes caractères généraux que
l'urine secondaire, avec cette différence que la proportion des matériaux solides y est encore comparativement beaucoup plus faible.
Il résulte de nos recherches que la longueur et Y intensité de Y attaque influent sur les modifications nutritives que nous avons exposées, mais seulement en les accentuant davantage, toujours dans Je sens que nous avons indiqué. Toutefois, une simple attaque d'un quarl d'heure de durée amène des modifications nutritives parfaitement perceptibles parTanalyse chimique. Ces modifications nutritives débutent avec l'attaque. Chimiquement, rien ne peut faire prévoir l'attaque avant qu'elle ait éclaté. Par cont iv, ces modifications se font encore sentir pendant une période qui ne nous a jamais paru dépasser 24 heures, à dater du début de l'attaque. L'analyse doit donc porter sur les urines d'une période de 24 heures, à dater du début de L'attaque. Par ce fait même que les excréta et, partant, les déperditions sont très peu accentués, puisqu'ils sont diminués par rapport à l'état normal, on comprend combien doit être de peu d'importance le trouble que l'attaque, une fois terminée, apporte aux fonctions générales de l'économie. C'est là un fait qui, depuis longtemps, avait été constaté en clinique.
Resterait à (tonner l'interprétation des faits observés. Dans l'étal actuel de nos connaissances, nous croyons que cette interprétation serait bien loin d'avoir la valeur positive des résultats obtenus qui, eux, sont indéniables. M. Maireta établi dans ses recherches que le travail intellectuel ralentissait d'une façon marquée la nutrition générale Il a montré aussi que l'acide phosphorique alcalin était un produit de l'activité musculaire, alors ({ne l'acide phosphorique terreux était un produit, de l'activité intellectuelle. L'attaque hystérique — en nous
basant sur nos analyses différentielles des deux arides phosphoriques — avec son rêve, ses altitudes passionnelles, mettrait-elle donc davantage m jeta l'activité intellectuelle que l'activité musculaire? Atout cela, il est difficile de répondre, niais les résultats que nous avons obtenus sont constants, et, quelque interprétation qu'on en donne, seuls ils importent pour le but essentiellement clinique des recherches que nous avons entreprises.
II. Les recherches précédentes qui nous ont permis d'étudier la physiologie de L'attaque hystérique, ont été basées sur l'attaque convulsive classique aux quatre périodes qui ne saurait guère prêter aux erreurs de diagnostic Mais parfois l'attaque revêt de telles allures, qu'objectivement, elle n'est pas ditférenciable d'autres formes morbides à expression convulsive.
Nous avons particulièrement en vue, en ce moment : 1° l'attaque d'hystérie bornée uniquement à la période cpileptoïcle; 2° l'attaque d'hystérie à forme iïépilepsie partielle particulièrement bien étudiée par MM. Ballet et Grespin (Archives de Neurologie, 1884).
Notre intention n'est pasd'indiquer ici, après MM. Charcot, Bourneville et Regnard, P. Richer, etc., les points spéciaux qui permettront d'établir le diagnostic en se basant sur les seules données cliniques. Nous avons seulement voulu étudier l'urologie de ces deux formes, apportant de cette façon notre contribution au diagnosticchimique différentiel dont nous ferons ressortir ultérieurement toute importance.
A. — Occupons-nous d'abord de V attaque tfhystérie à forme oVépilepsie partielle. Les faits de cet ordre sont rares à l'état de pureté; de plus, dans un sujet aussi spécial et aussi peu étudié que celui que nous nous sommes proposé, il était indispensable d'opérer sur des malades
chez lesquels le diagnostic d'hystérie s'imposait par un ensemble de stigmates caractéristiques de la névrose. Et même, en présence de ces stigmates, pourrait-il être permis dans certains cas d'hésiter, car, après les remarquables leçons de M. Gharcot sur l'association de l'hystérie avec les affections nerveuses organiques (1) il n'est pas défendu de concevoir un hystérique à stigmates présentant des accès d'épilepsie partielle s\ Diplomatique. Dans ces cas. on doit au moins supposer que la connaissance de l'urologie de l'attaque puisse être de quelque utilité.
Après une a t lente assez longue, nous avons eu la bonne fortune d'observer ces attaques à forme d'épilepsie partielle, chez une femme de 29 ans indemne de syphilis, présentant les stigmates les plus caractéristiques de l'hystérie et soumise depuis longtemps à notre observation [tour des attaques classiques d'hystérie aux quatre périodes.
Du 16 au 17 juin 1888, elle eut une série d'attaques qui se comportèrent individuellement de la façon suivante : Subitement, sans aura, la bouche est tirée à droite, la tète se tourne du même côté, puis le bras droit se raidit, le poignet se porte en supination forcée, le membre inférieur droit se raidit à son tour, puis la raideur envahit les membres gauches. Surviennent alors quelques convulsions cloniques dans les quatre membres, bientôt suivies d'une période de stertor avec écume à la bouche ; la langue n'est pas mordue, il n'y a pas évacuation involontaire d'urine. L'attaque dure ainsi 2k 3 minutes au maximum. La perle de connaissance
(1) Leçons du Mardi à ta Balpéiriêre, p. 423 cl pnxsim 1887- 1888 et 1888-1889, 8* leçon.
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