C. Levaditi — I.a Nutrition et riminunité
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cessas vilaux se résument dans la destruction et la réj)aration incessante de ces biogènes... L’assimilation est l’ensemble des cbangemenls chimiques (|ui conduisent à la construction de biogènes, cependant que la désassimilation rej)résente toutes les modifications qui s’interposent entre la destruction de ces biogènes, et la formation des produits excrémentitiels ».
Depuis les travaux de Pllüger, l’étude du mécanisme chimique de la vie basée sur le principe de la molécule protoplasmique a fait des progrès sensibles. Ces progrès ont été accomplis par les savants qui ont précisé la nature des oxydations intracellulaires et j)ar les expérimentateurs qui se sont occupés de X immunité. Les recherches concernant cette immunité ont, en effet, fourni des données dont l’importance^ dans cet ordre d’idées, est capitale.
Les hypothèses c[ue nous avons envisagées au cours de ce chapitre ont admis l’instabilité de la molécule de matière vivante et les changements qui s’opèrent dans cette molécule, pendant qu’elle se détruit et met en liberté de l’énergie. Néanmoins, elles laissent dans l’ombre deux notions fondamentales, à défaut desquelles nulle conception tant soit peu précise de la vie n’est possible. Ces notions sont, en premier lieu, la réparation de In matière organisée, en second lieu, la spécificité rigoureuse qui marque La plupart des numifestatiotis
ilVPOTHÊSE d’eHKLICH
ce/hilaires. En effet, ces hypothèses ne nous expli(juent pas pourquoi la molécule d’ulhuinine vivante choisit parmi les principes assimilables qui sont à sa disposition, [)récisément ceux qui peuvent servir à sa reconstitution. D’autre part, elles tiennent fort peu compte de ce caractère de spécilicilé que l’on rencontre si fréquemment, soit dans les processus nutritifs, soit lorsqu’il s’agit de l’activité physiologique de telle ou telle cellule. Or, comme nous le verrons plus loin, nul domaine de la biologie n’est aussi riche en matériaux permettant de préciser la nature intime de ce caractère de spécificité, que l’immunité. Il était donc indiqué d’utiliser ces matériaux pour élargir les théories dont nous avons parlé, et les modifier de telle sorte qu’elles puissent servir à expliquer la régénération de la molécule de matière organisée et l’activité spécifique de cette molécule. Nous possédons, à 1 heure qu’il est, une conception qui répond suffisamment à ces desiderata : c’est Vhypothèse des chaînes latérales ou desrécepleurs d’Ehrlich.
On trouve l’origine de celte hypothèse dans un travail d’Ehrlich concernant l’étude des processus d’oxydation intracellulaires (‘). Ce savant accepte la conception de la molécule de matière organisée émise par Ptlüger, et admet que la diversité surprenante de l’activité cellulaire,
n) Einu.icii. — T)as Sauèmto/f-liedüï'fni'ss des Ov(janismus. Eine farbanalylische ÜLudie. Berlin, i8t>5.
hYi’OThése d’euhlich
trouve son explication dans 1’ « architecture interne particulière » des molécules qui entrent dans la constitution de cette matière. Il est établi que les j)ropriétés caractéristiques des divers composés de la chimie organique sont, en grande partie, attribuables à la présence de certains groupements atomiques bien définis. On sait, par exemple, que les qualités colorantes du benzène-azo-phénol sont dues au groupe azoïque (chromophore) et à l’auxochrome OU. On a établi également (Liebermann) que la Huorescence deranthracèneestliéeaux deux derniers atomes de carbone qui unissent les restes benzéniqucs (Ehrllch). De plus, Iloppe-Seyler (^) constate, à propos des propriétés chromatiques de la chlorojihylle, que « l’absorption de la lumière ne dépend pas de la molécule tout entière, mais des atomes, ou des groupements atomiques renfermés dans cette molécule ». Personne n’ignore d’ailleurs que, souvent, quand on substitue un radical quelconque dans une chaîne latérale appartenant à un composé cyclique, on modiüe sensiblement les qualités inhérentes à d’autres groupes atomiques du même composé. On sait également ({ue l’ensemble des caractères chimiques d’un corps donné, peut dépendre de la position stéréoïsomérique occupée par ces chaînes latérales dans ses molécules constitutives.
(•) Cité d’après Ehrlich.