ALBUMINE HOMOLOGUE
rôle imporlaiit dans la production des anticorps. Plus l’animal qui sert à l’immunisation s’écarte de celui qui fournit les principes immunogènes, plus la chance d’obtenir ces anticorps augmente. Il semble que, dans chaque espèce animale, la constitution moléculaire des albumines ou de leurs dérivés immédiats, présente un caractère de spécificité des plus marqués; il paraît également qu’une certaine dissemblance dans la constitution des molécules en jeu, celles de l’organisme que l’on immunise et celles des principes immunogènes, soit indispensable à la jiroduction de ces anticorps.
Cherchons quelle peut être la raison de cette loi générale. Pourquoi Valbumine homologue, c’est-à-dire l’albumine qui provient de l’anim.al même qui sert à l’immunisation, ne peut-elle provoquer la genèse des anticorps? PourEhrlich et Morgenroth, l’organisme, en vertu d’une sorte de horror autotoxicus, évite de fabriquer des principes qui pourraient agir sur ses propres cellules et lui être, par conséquent, nuisibles. Par contre, suivant Besredka ('), chaque animal en résorbant ses propres cellules (-), donne efïecti-
C) Besiiedka,. — Les ayiti-hémolysines naturelles. Ann. Inst. Pasteur, 1901, p. 780.
(2) On sait, en effet, que, normalement, il s’opère dans la l’ate et la moelle osseuse, une forte destruction inlra-phagocytaire des éléments cellulaires, hématies et leucocytes.
ANTIAL'TOLYSINES
vemont naissance à des autolysines, mais ces aulolysines sont à tout moment neutralisées par les anti-autolysines qui circulent abondamment dans le plasma de cet animal (*). 11 nous semble pourtant f|ue ce n’est pas là la vraie solution de la question, et que l’on pourrait poser autrement le problème; tiotis pensons, en effet, que c’est du côté du tube digestif qu'il faut chercher l explication de la loi que nous avons énoncée.
11 est de notoriété générale que la muqueuse du tube digestif et les ferments qui sont déversés à sa surface, impriment des modifications profondes aux divers principes toxiques d’origine microbienne et à ceux des poisons végétaux qui sont capables de produire des anticorps. On sait, par exemple, que les toxines diphtérique et tétanique qui, Injectées sous la peau, provoquent la mort à des doses pour ainsi dire infinitésimales, sont inoffensives quand on a soin de les administrer par la voie digestive. Divers auteurs ont recbercbé quel est l’obstacle qui s’oppose à l’absorption de ces poisons par le canal alimentaire. On a bientôt reconnu qu’il fallait clans l’ensemble de ce processus de défense intestinale, attribuer leur part respective aux microbes, aux ferments digestifs et à la muqueuse elle-même.
(') Voir les objections faites au travail de Besredka par Mougenroth et Mausual. — Ueber Anticomplein, U. Antiambocept. normaler Se7'a u. palh, Exsxulate. Zft fiir kl. Med., vol. 4;, f. 3 et 4.