C. Levaditi — La Nutrition et l'rinmunitd
ISOLYSINES
seules les cellules et les albumines appartenant à un organisme à'cspèce élrangere, jouissent de la propriété d’engendrer des anticorps. Mais on s’est vite aperçu, grâce aux constatations d’Ebrlicli et Morgenrolh (*), que, même lorsqu’on se sert de matières protéiques prélevées sur des animaux de même espèce, on réussit, dans une certaine mesure, à provoquer la genèse de ces anticorps. Si l’on injecte sous la peau d’une chèvre A, par exemple, du sang laqué provenant de la chèvre B, on constate qu’après un certain tem])s, le sérum de la chèvre A qui, avant l’expérience, était dépourvu de toute action nocive à l’égard des hématies de l’animal lî, dissout plus ou moins intégralement ces hématies. Ehrlich et Morgenrotli ont dénommé ces liémolysines obtenues avec du sang de la même espèce : isolysmes, par opposition aux hétérolysmes de Belfanti et de lîordet, préparées au moyen de globules rouges d’espèce étrangère.
Dans la grande majorité des cas, on est resté impuissant à préparer des autolysines, c’est-àdire des principes hémolysants capables d’agir sur les hématies fournies par l’animal même qui sert à l’immunisation. Néanmoins Ascoli (^),en se
(1) Ehrlich et Moroenroth. — JJeber Hæmolysine, 3mo mémoire. Berl. kl. Wocli., 1900, n® 21.
(2) Ascoli. — Isoag gluiinine u. Isolysine menschlicher Blutsera, Münch. med. Woch., p. 1239, juillet 1901.
AUTOLYSINES
sers'ant de sang laqué do lapin, llulot et Ramond C)»en injectant à des lapins leurs propres globules rouges, ont obtenu des iso- et des aulohjsines. D’autre part, Ascoli (^), grâce à une méthode un peu spéciale, a pu mettre en évidence « dans une série de sérums normaux provenant de l’homme et de divers animaux, des auloprécipitines ».De son côté, Metalnikofî (^) a décelé dans le sérum des cobayes auxquels on injectait leur propre sperme, des aiitospermoioxines. Mais ce ne sont là que des faits isolés dont l’importance au point de vue de la loi générale que nous avons énoncée, est de second ordre. En effet, il ressort d’un travail de Landsteiner et lialban (*), que les résultats d’Ascoli sont inconstants et, d’autre part, presque tous les expérimentateurs qui ont tenté depuis la préparation de ces auto-anticorps, n’ont obtenu quedes faits négatifs.
Les chercheurs sont d’accord à l’heure actuelle pour reconnaître que l’espèce animale joue un
(') Hulot et Ramond. — Anémie ‘post-hèmorra~ gique. C. R., de la Soc. de Biolog., 1901, p. 8i3.
{-) Ascoli. — Neue Thatsachen und neue Ansblicke in der Lehre der Erndhrung. Müncli. med. Woch., n° 5, igo3.
(3) Metalnikoff. — Etudes sur la spermotoæine. Ann. Inst. Pasteur, 1900, n° 9, p. .577.
(D Landsteinkr. — Ueber A g glutination s crscheinungen normalen menschl. Blutes. Wien. kl. Woch.,
1901, p. IIJ2.