‹ La nutrition dans ses rapports avec l'immunitéChapitre 4 sur 106 · INSTABILITÉ DE LA MATIERE VIVANTE · texte numérisé non relu

INSTABILITÉ DE LA MATIERE VIVANTE

matière vivante et la matière inanimée. Tous les caractères de dissemblance que l’on a puisés dans le domaine de la forme, de la croissance, du mouvement, de la reproduction môme, peuvent être discutés ; les œuvres d’Herbert Spenzer, la Phi/fiiologie générale de Verworn, montrent suftisamment le côlé faible de ces caractères. Par contre, la notion de V équilibre instable persistant est un critérium de valeur pour la spécification de la substance organisée.

Cette substance semble vouloir maintenir indéfiniment cetle fragilité de l’équilibre moléculaire et elle y réussit, grâce à l architecture pai ticuUère des molécules qui la constituent. En effet, tout porte à croire que, lors de la genèse des premiers êtres organises, certaines conditions de milieu se trouvaient réunies : c était précisément celles qui permettaient la synthèse aux dépens de la matière morte, de nouveaux corps destinés à conserver intact ce caractère d instabilité. La première molécule de protoplasma fut dès lors créée. Cette molécule perpétua la vie jusqu’à nos jours, en conservant a travers les âges celte composition particulière d où dépendent sa destruction et sa régénérescence continuelle. L’instabilité durable, témoin d une constitution chimique spéciale, nous apparaît ainsi comme étant le signe distinctif le plus frappant de la molécule protoplasmique.

Le terme de « molécule protoplasmique »

MOLÉCULE DK MATIERE ORfiANISEE

demande à (Mre expliqu»'; ; rintérc^'t qui s’y rattache nous autorise à insister plus longuement sur ce sujet. Avant la théorie cellulaire de l’organisation, les biologistes plaçaient les manifeslalions vitales, soit dans l’individu considéré dans son ensemble, soit dans ses divers organes; tel fut le cas de Ilenle, avec sa théorie de Virritahi- Lorsque la notion de tissu fut introduite en biologie par Hichat, on localisa l’énergie vitale dans ce qui est commun aux organes, c’est-àdire les tissus. Mais bientôt après, la théorie cellulaire fit de la cellule le dernier élément matériel de la vie. Cette cellule accapara d’un trait tout ce qui, dans l’organisme, nous apparaît comme énergie potentielle ou actuelle, et fut considérée comme la vraie unité agissante, le véritable « atome organisé ». Néanmoins on s’est vite aperçu que cette conception était loin de satisfaire l’esprit. 11 a suffi d’envisager la cellule, d’une part, au point de vue de sa structure et de sa morj)hologie, d’autre part, au point de vue de son activité, pour s’apercevoir qu’elle est loin de réaliser un tout homogène et que, par conséquent, elle ne saurait être acceptée comme la dernière limite de la substance organisée.

Le microscope nous révèle dans l’élément cellulaire le noyau et le protoplasma, deux corps essentiellement ditîérents non seulement en ce qui concerne leur architecture, mais aussi à l’égard de leur constitution chimique et de leurs

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