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aurait subi tardivement une dégénérescence fibro-molluscoïde.
Au total, les nævi géants du cuir chevelu apparaissent comme susceptibles d’adopter la forme de pachydermie vorticellée lorsqu'ils sont de consistance assez ferme pour ne pas s’affaisser en plis croulants d’une extrême flaccidité, mais en même temps assez souples pour se laisser modeler par leur contact réciproque et épouser la forme que leur impose le développement iné-
&al de leur surface et de leur base.
Les mêmes conditions physiques existent dans divers états inflammatoires chroniques; il est naturel que ces dernières réalisent des plicatures analogues.
Faisant état de ce rapprochement des deux ie congénitales et l’appliquant plus spécialement à la
pachydermie vorticellée de nature nævique, on saisit
mieux les points de contact de la cutis verticis gyrata avec certaines dermatolysies du cuir chevelu dont on trouve de nombreux exemples dans la littérature médicale.
On peut même admettre que des cas comme celui de Lenormant, dans lequel la calotte nævique se rabattait sur l’oreille et sur la nuque, ou celui de Giraud et Bert, de caractère familial, ébauchent des formes de transition.
PACHYDERMIE VORTICELLÉE D'ORIGINE INFLAMMATOIRE
Les bosselures sont nettes, mais habituellement moins contournées que dans la cufis.verticis gyrata nævique. L'aspect est moins cérébriforme. Les formes simplement plicaturées ou striées ne sont pas rares. Enfin, l'évolution du processus est précédée de phénomènes inflammatoires qui.se poursuivent lorsque les bourrelets sont constitués.
On trouve à l’origine de ces cas de pachydermie vorticellée des infections diverses du cuir chevlu (impétigo, anthrax, etc...) |
I. — Nous nous bornons à rappeler les observations de Von Veress et de-Vignolo-Lutati, qui concluent à un processus de péri-folliculite, aboutissant à la longue à la production d’un tissu scléreux qui se rétracte progressivement et donne naissance au plissement du euir chevelu,
IE. — Rouvière apporte une observation très intéressante, dans laquelle la pachydermie occipitale se trouve associée à une acné chéloïdienne.
TITI. — Une observation inédite de Margarot se rapporte à une ostéite suppurée de la voûte cranienne qui avait provoqué en différents points de sa surface des foyers de suppuration périostique propagés au cuir chevelu. Il en résultait un complexe d’adhérences et d'infiltration des téguments entraînant la formation de , bourrelets et réalisant l’aspect intégral d’une pachydermie voricellée.
IV. — Dans un autre cas, observé par cet auteur et que nous avons pu suivre à la Clinique de Dermatologie, l’origine des plicatures est également de nature inflammatoire, mais résulte de l’évolution inattendue d’une maladie de a
Mme L..., âgée de 77 ans, est traitée dans le Service de Hs oone depuis plusieurs années, pour une dermatite de Duhring-Brocq, dont le début remonte à 1934.
Cette affection évolue-sous la forme de pousséés de longue durée. La dernière se prolonge depuis plus d’un an.
La malade présente actuellement, sur la presque totalité du corps, une éruption polymorphe, essentiellement’ caractérisée par des placards érythémateux et par des bulles naissant soit sur ces placards, soit en peau saine. De vives douleurs l’accompagnent. Les sensations de cuisson, le prurit, sont difficilement supportées. Les diverses manœuvres destinées à provoquer l’apparition des bulles (signe de Nicolski, iodure de potassium), sont sans effet.
L'état général est excellent et l’examen somatique ne met en évidence aucune atteinte viscérale digne de retenir l’attention. Les valeurs de la pression artérielle sont : de 14 1/2-7 (Vaquez). Le taux de l’urée sanguine est de 0 gr. 45, celui du cholestérol de 2 gr. 74. Les réactions sérologiques de la syphilis sont négatives.
Un examen hématologique donne les résuiltats suivants :
Globules rouges .... 4.400.000 par mm$ Globules blancs ..... 10.000 par mm$ HOT es neutrophiles ...... 48 % — éosinophiles ...... AT 9e as basophiles ........ 1 %
Oo
Grands mononuecléaires .......... 2 1%:
Lymphocytes RER Re 38 D L'examen du liquide de bulle, prélevé par ponction, donne les pourcentages suivants :
Polynucléaires neutrophiles .... 28 %
—— éosinophiles ..... 19,5 % Grands mononucléaires ........ 6 % Lymphocyte entre 46,5 %
Sur les cuisses et le bas-ventre, quelques éléments ont paru donner lieu à des végétations. Toutefois, le cactère corné de ces superstructures, leur développement à la suite d’un crattage intense et non par simple transformation des bulles, leur aspect général de plaques verruqueuses, les font rattacher plus volontiers à un processus de lichénification géante.
À peu près en même temps, à la suite d’une poussée éruptive bulleuse particulièrement intense des lésions un peu particulières se sont développées sur le cuir chevelu. Localisées d’abord au vertex, elles se sont étendues aux régions occipitale et temporale. Des plicatures, séparées par de profonds sillons de forme curviligne, ont donné lieu à des bourrelets cérébriformes.
Cet aspect, qui est celui de la pachydermie vorticellée, est dû à des lésions inflammatoires. Aucune suppuration de l’accompagne mais la surface est rouge, douloureuse. Un processus cicatriciel et la distension des tissus remanie d'implantation des cheveux qui $ont disposés irrégulièrement, assez elairsemés sur les sur. faces en relief et très serrés au fond des sillons. Le. fond des plis est suintant et mal odorant.
La malade se plaint d’atroces démangeaisons et se gratte sans arrêt la tête.
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Il y a quelques semaines, le prurit et la cuisson se sont atténués en même temps que les plicatures tendaient à s’effacer sans cependant disparaître complètement.
L’examen histologique d’un fragment, prélevé sur
un bourrelet, montre une papillomatose intense avec prolifération des follicules pileux sans signes de malignité mais avec une importante infitration inflammatoire et présence de nombreux éosinophiles. Aucune cellule nævique n’a été trouvée (Pr. Harant). Le diagnostic de dermatite polymorphe douloureuse ne peut être discuté. La déformation du cuir chevelu, dont le type est celui d’une pachydermie vorticellée, s'explique par un complexe local, en rapport avec la maladie de Duhring-Broeq, associant une infiltration inflammatoire de tendance éléphantiasique à des lésions de jichénification géante.
Ainsi donc, des affections cutanées, aussi dissemblables qu’un nævus et qu’une inflammation chronique, sont susceptibles de réaliser au niveau du cuir chevelu des aspects morphologiques identiques lorsqu'elles remplissent certaines conditions de consistance, de malléabilité et de développement exentrique. Il n’est pas douteux que des altérations cutanées, dues à d’autres causes, ne puissent, si elles offrent les mêmes caractères de plasticité, donner lieu à des tourbillons et à des plicatures analogues.
C'est la calotte cranienne qui, par sa courbure et sa rigidité, provoque la formation des plis sur des téguments épaissis et mobiles. La pachydermie vorticellée
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n’est en fait qu’une déformation imposée par l’anatomie locale. On peut la comparer à d’autres Kléformations régionales telles que l’aspect pseudo-chéloïdien des lésions de la nuque et les épaississements cornés des kératodermies palmo-plantaires. | ;
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