‹ La Pacification de La Cote d'Ivoire 1908-1915; méthodes et résultatsChapitre 28 sur 33 · vi.2o · texte numérisé non relu

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On s'en explique parfaitement la raison.

Les populations de la région militaire de l'ouest et du Dida ne nous connaissaient guère ; elles s'opposaient, souvent pour la première fois, à notre occupation. Leur résistance s'expliquait par l'ignorance où elles étaient encore, parfois, de nos intentions véritables et aussi des bienfaits que notre venue leur apporterait.

Il en était tout autrement des groupements rebelles des cercles des Lagunes, du N'Zi-Comoé et du Baoulé. Ils connaissaient nos intentions, avaient pu apprécier en partie les bienfaits incontestables de notre occupation, nous avaient déjà opposé antérieurement de la résistance, avaient fait leur soumission, mais n'avaient pas tenu leurs engagements. Ils ne pouvaient donc arguer de leur ignorance et ne méritaient aucune pitié. De plus c'étaient de leurs richesses accumulées qu'ils tiraient leur insolence ; en les en privant, on les ramenait à une attitude plus modeste et on les .incitait au travail qui, seul, moralise et éduque les races dont l'évolution est à peine commencée.

$ 4: — Destruction des campements et regroupement en villages.

A. Regroupement en villages. — L'indigène delà forêt aime, en général, à vivre dans des campements, en pleine brousse, loin des centres et des routes. Il peut y laisser s'épanouir ses instincts naturels, son penchant invétéré pour la paresse, son goût pour la chasse. Il s'y croit à l'abri de nos atteintes.

Individualiste et indépendant, il supporte malaisément toute autorité. Le Chef de village n'est pas souvent écouté ; qu'une de ses observations déplaise, et voici des départs : les frondeurs vont s'installer plus loin et construisent un campement nouveau.

L'Administration d'un pays est impossible dans ces conditions. On ferme la main sans rien saisir.

Aussi, parmi les conditions de soumission, ai-je fait figurer la destruction des campements et le regroupement des indigènes en villages. C'est ainsi que les Akoués, dispersés en 247 campements, sont aujourd'hui groupés en 17 beaux villa-

246 MÉTIIODKS II M'»VE.\S

. - facilement accessibles : que les Ngbans n'ont pins que m \ iliages situés près de la route d'étapes, au lieu de #12 campements en forêt. Les villages reconstruits sont salubres parce que placés loin des dépressions, etagréables à voir, tant leur cases, d'un type uniforme, celui en usage dans chaque région, sont bien alignées. Mais le regroupement fait, il faut, pendant des années encore, rechercher et détruire les campements qui se construisent à nouveau, pour des causes diverses : disputa avec le Chef, désaccord dans le village ou tout simple nient persistance des instincts ataviques d'indépendance.

Bien entendu, <>n distingue entre les campements définitifs et les abris provisoires que l'éloignenient des champs, résultant delà rotation des cultures, rend indispensables.

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